Puis-je tout faire avec mon corps ?


Ça y est, l’été est là, avec ce qu’il annonce de rencontres et d’expériences plus ou moins exotiques. A coup sûr, mes sentiments vont être plus sollicités, et mes sens souvent excités. Au final, c’est mon corps qui va être engagé, mais jusqu'où aller ? Est-ce que je peux tout faire avec mon corps et avec celui de l'autre ?



Mon corps, c'est moi

A travers notre corps, c'est notre être qui s'exprime.
Peut-être vous est-il arrivé de vous retrouver dans des situations que je vous n'aviez pas totalement anticipées, et qui vous laissent parfois un goût amer. Si mes sens un peu excités se laissent entraîner de la sorte, est-ce que je peux vraiment tout faire avec mon corps ? "Mon corps m’appartient, j’en fais ce que je veux", dit-on.

Oui, ce corps est à moi, mais il n’est pas seulement un objet qui m’appartient et dont je peux disposer comme je veux. Il est moi-même ! Sinon, comment expliquer qu’une blessure physique puisse avoir un retentissement sur ce que je suis ? Quand j'ai le bras cassé, je ne dis pas "mon bras a mal !", mais bien "J’ai mal au bras !". C’est moi qui suis atteint dans une dimension de mon corps. Si c’est vrai pour mon bras, ne l’est-ce pas plus profondément encore pour mon sexe ?

Faire l'amour, est-ce un loisir comme un autre ?

Les aventures sexuelles sont fréquentes en été, mais est-ce un loisir comme un autre ?
En effet, peut-on vraiment faire l’amour comme on ferait du ski nautique, comme un passe-temps, un loisir ? Si l’on prête attention aux témoignages sur le sujet, il semble que non. "Je ne pensais pas que cela aurait un impact aussi fort" se souvient Caroline. La réaction d’Abdel en témoigne aussi : "J’ai été déçu par la fille avec laquelle je devais me marier : elle me trompait. Pour me venger, je sors avec toutes les filles que je veux, juste comme ça".

Il semble bien qu’engager son corps, c’est s’engager soi-même. Mon corps, c’est moi-même. C’est aussi à travers lui que je rencontre l’autre. C’est avec lui que je peux me donner à l’autre. Et quand je suis blessé dans mon corps, c’est moi qui suis blessé. Je peux aussi blesser et me blesser avec mon corps. (Lire l'article sur les infections sexuellement transmissibles). Pourtant, j’ai besoin qu’on me respecte et l’autre a besoin que je le respecte.

Toutes les pratiques sexuelles sont-elles acceptables ?

Que penser alors de pratiques sexuelles comme la fellation, la sodomie, le sado-masochisme ? Il faut peut-être se demander si ces façons de faire respectent ma personne, ou celle qui est en face de moi. N’y a-t-il pas dans ces situations l’un ou l’autre des partenaires qui recherche son plaisir en se servant de l’autre comme d’un objet ? L’un n’est-il pas esclave de l’autre ?

"Si tu m’aimes, tu dois le faire, sinon, c’est que tu ne m’aimes pas, a entendu Kristel de la part de son copain". Est-ce vraiment de l’amour? Attention à ce que l’on met derrière ce mot ! L’amour vrai recherche le bonheur de l’autre. L’amour respecte l’autre dans toute sa personne, y compris dans sa liberté. (Lire notre article Savoir dire non).

Ce qui donne du plaisir rend-il forcément heureux ?

On peut aussi se poser une autre question : est-ce que ce qui me donne du plaisir sur le coup me rend forcément heureux ? Est-ce que certaines pratiques sexuelles laissent parfois une amertume dans ma mémoire ? Si c’est le cas, ce peut être un indicateur qu’elles ne vont pas me faire grandir, ni mon partenaire.

Si je vis ma sexualité sur le mode du loisir, je peux me persuader que mes actes n’ont pas de conséquence sur moi ni sur mon partenaire. Est-ce si vrai ? Si par ailleurs j’estime avoir besoin qu’on me respecte, est-ce que moi, je respecte mon corps ? Et à travers lui, est-ce que je me respecte moi-même ?

Violaine Nessi
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