Mariage pour tous : la PMA repoussée mais pas abandonnée


Le projet de loi ouvrant le mariage aux personnes homosexuelles ne leur accordera finalement pas le droit d'accéder à la "procréation médicalement assistée" (PMA). En tout cas pas tout de suite, car une autre loi est prévue là-dessus en mars 2013.




Partisans du mariage homosexuel.
Le gouvernement a-t-il battu en retraite face aux opposants au "mariage pour tous" en enlevant de son projet de loi le recours à la "procréation médicalement assistée" (PMA) ? Certains défenseurs du texte le pensent, et les élus d'Europe-Ecologie Les Verts (EELV) par exemple ont estimé qu'il s'agissait d'une reculade...

Mais en réalité, il ne s'agit que de reculer pour mieux sauter. Car le gouvernement a fait savoir qu'une deuxième loi plus large sur la famille sera votée en mars. Et cette fois-ci, elle devrait ouvrir ces méthodes aux couples formés de deux femmes, et modifier aussi tout le droit de l'adoption. L'intensité du débat sur cette question révèle bien l'un des enjeux du projet de loi autour de la question de l'enfant.

Un bouleversement de la filiation

Le texte sur le "mariage pour tous" ne se contente pas en effet de donner une "reconnaissance" légale à des couples de même sexe. Il bouleverse toutes les règles de la filiation : jusqu'à présent, le mariage était le lieu où un homme et une femme pouvaient donner la vie à leurs enfants... En cas d'infertilité, ils pouvaient adopter ou parfois se tourner vers la médecine pour recourir à une insémination artificielle ou à une fécondation in vitro.

Or des couples formés de deux personnes de même sexe étant par nature stériles, la loi prévoit donc de leur accorder le droit d'adopter un enfant ou de recourir à la procréation médicalement assistée. Dans un couple constitué de deux femmes, l'une d'elle pourrait par exemple se faire inséminer avec le sperme d'un donneur, ou donner ses ovules pour faire une fivete... L'enfant aurait alors un géniteur et deux "mères". Aurait-il le droit de connaître l'identité de son père biologique ? La loi annoncée pour mars pourrait lever le secret sur les origines. Mais est-ce bon pour un enfant d'avoir été "fabriqué" ainsi pour satisfaire le désir des deux adultes? Non, estiment nombre de psychiatres.

Les opposants au mariage homosexuel font aussi remarquer qu'il n'y a pas de "droit à l'enfant" car l'enfant n'est pas une chose que l'on se fabrique mais un être qui a lui-même des droits, notamment celui d'avoir un père et une mère. Un message que les manifestants du 13 janvier 2013 ont martelé dans les rues de Paris, et décliné dans des slogans et des banderoles souvent hauts en couleur comme le montre le diaporama.


Les slogans de la manif pour tous du 13 janvier


Pour les membres d'une association de personnes adoptées, "il faut sortir l'adoption de ce projet de loi. car il sera forcément impossible pour les enfants adoptés de s'identifier à un couple d'adultes de même sexe, même s'il y a beaucoup d'amour." Pourtant l'adoption fait bien partie du projet qui sera discuté par les députés dès la fin janvier, et la procréation médicalement assistée suivra en mars.

Faut-il parler de ça au collège et au lycée ?

C'est une autre facette, récente, du débat. Pour certains, le sujet doit être débattu partout dans le pays tandis que d'autres pensent que les jeunes doivent être tenus à l'écart. Et vous, qu'en pensez-vous ? Opinions croisées sur un plateau télé.





Rédigé par la rédaction le Jeudi 10 Janvier 2013
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