Les soirées ''open bar'' interdites par la loi


Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, avait déjà déclaré la guerre à l'alcoolisation des jeunes, cette fois elle dégaine en inscrivant dans la loi l'interdiction des soirées "open bar" dans lesquelles l'alcool est quasiment gratuit. La vente d'alcool à des mineurs est aussi interdite.




C'est dans le projet de loi sur l'hôpital et la santé que la ministre a inscrit ses mesures destinées à lutter contre l'alcoolisation des jeunes. L'une d'elle concerne surtout le monde étudiant, adepte des soirées "open bar" dans lesquelles le verre d'alcool fort était gratuit ou à 2 euros, grâce aux 30% de réduction négociés avec une entreprise partenaire.

La loi interdira ce type de pratique qui avait encouragé, non seulement l'alcoolisation mais aussi le "binge drinking" consistant à rechercher l'ivresse le plus vite possible. Autre mesure emblématique : la vente d'alcool à des mineurs, dans un bar ou un magasin, est désormais interdite et punie de 3 750 euros d'amende. Les tenanciers des établissements devront donc s'assurer de l'âge des jeunes consommateurs.

Quid de la prévention ?

Voilà pour la répression mais ne faudrait-il pas développer davantage la prévention ? C'est la question soulevée par une mutuelle étudiante, l'Union nationale des mutuelles étudiantes régionales (USEM), qui approuve les mesures en reconnaissant qu'il fallait "un signal fort" et qui rappelle que d'après ses enquêtes, 70% des étudiants consomment de l’alcool, dont 10% de façon excessive (chiffres enquête santé USEM 2007). "Néanmoins, il n’existe pas de remède miracle, indique l'USEM dans son communiqué. Les mesures d’interdiction prises isolément ne peuvent venir à bout de ces problèmes, si elles ne s’accompagnent pas d’actions de prévention ciblées sur la population des jeunes adultes, et conduites par des acteurs de la santé étudiante". Et de demander à la ministre un volet "prévention" et des moyens financiers pour agir.

Des grandes écoles et des BDE qui agissent

L'enjeu est en effet de taille car il ne suffit pas d'interdire pour renverser une tendance. "Impossible de faire la fête sans alcool", c'est ce que clament ou pensent encore tout bas beaucoup d'étudiants. Pourtant des actions ont été démarrées depuis 2005, notamment dans les grandes écoles choquées par la mort d'un étudiant de Centrale Paris à la suite d'une soirée open bar. Depuis, plusieurs écoles dont Centrale ont stoppé d'elles-mêmes les open bars et adopté les normes de l'Organisation mondiales de la santé limitant la consommation d'alcool à 4 verres par soirée, via un tampon indélébile appliqué sur le poignet.

Par ailleurs, 178 bureaux des élèves (BDE) se sont engagés en 2007 à organiser des fêtes "responsables" (sans open bar ni happy hour), et font signer une charte à leurs étudiants. La Smérep, mutuelle étudiante d'Île-de-France à même publié un livret mode d'emploi pour ceux qui organisent les soirées(à demander par mail à prevention-sante@smerep.fr). Des progrès à poursuivre car les excès demeurent comme le prouve par exemple notre enquêtes sur les week-ends d'intégration où la consommation d'alcool est souvent la règle.

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Rédigé par le Jeudi 23 Octobre 2008
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