La réforme du lycée se précise


Depuis l'annonce de la réforme du lycée le 13 octobre 2009, le ministre de l'Education a entamé un marathon de rencontres avec les enseignants, les parents et les lycéens pour préciser le contenu des changements.




Luc Chatel présente la réforme à Strasbourg (CRDP Strasbourg / P. Kessler)
Pour cette réforme du lycée, le gouvernement n'aura pas lésiné en consultation : après l'abandon du premier projet de Xavier Darcos fin 2008, c'est  Richard Descoings, le directeur de Sciences Po, qui avait fait le tour des lycées de France pour établir un diagnostic.

Le ministère, aujourd'hui dirigé par Luc Chatel, s'en est largement inspiré pour proposer le projet de réforme du lycée présenté le 13 octobre 2009 par Nicolas Sarkozy : mais le travail n'est pas fini !

Entre octobre et décembre 2009, Luc Chatel refait un tour de France pour expliquer, dialoguer, négocier et aussi préciser les points encore flous. La réforme doit en effet être mise en oeuvre dès septembre 2010 en seconde, puis septembre 2011 en première, et septembre 2012 en terminale.

Que sait-on à ce jour du futur nouveau lycée ?

En seconde : deux enseignements ''d'exploration''

D'abord, une bonne nouvelle : le redoublement de cette classe (relativement élevé) deviendrait une "exception". En effet, il deviendra possible de changer de section en première, notamment au bout du premier trimestre si ça ne marche pas ou si l'on pense s'être trompé d'orientation.

La seconde reste cependant une classe importante pour choisir son orientation et sa série de bac. A cet effet, à côté des enseignements du tronc commun (français, maths, anglais...) à la place de l'actuel "enseignement de détermination" de trois heures, les élèves auraient à choisir "deux enseignements d'exploration" d'une heure trente hebdomadaire. Ces matières d'exploration pourraient être : Sciences économiques et sociales (SES), Fondamentaux de l'économie, Méthodes et pratiques scientifiques, Enjeux du monde contemporrain, sciences de l'ingénieur, ou gestion.... La LV3 et les langues anciennes auraient droit à une dérogation : ce seraient des options hebdomadaires de 3 heures. La liste des enseignements optionnels n'est pas encore définitive car les enseignants des diverses disciplines se battent pour être dans le "tronc commun" (par exemple les profs de SES) et ne pas subir de réduction d'horaires (et de postes). La deuxième langue passerait dans le tronc commun.

Le fait de pouvoir "goûter" à deux matières devrait permettre de mieux choisir, par exemple entre une section S et ES, ou ES et STG, ES ou L, etc.

Comme en première et en terminale, le tronc commun comprendra deux heures hebdomadaires d'accompagnement personnalisé des élèves. Il y aura également des "heures de tutorat" axées sur l'orientation. Concrètement, chaque établissement organisera la répartition de ces heures.

La classe de première : identique pour toutes les sections à 60%

En  première, les élèves se retrouvent orientés dans une série de baccalauréat : L, ES, S (pour la voie générale), STG, ST2S, STI, STL ou STG (pour la voie technologique). Cependant, chacune de ces classes sera moins spécialisée qu'aujourd'hui : un tronc commun à toutes les sections occupera 60% du temps de cours. Cela facilitera les changements de section éventuels.

Dans ce tronc commun, il y aura : le français, les langues, l'EPS, l'histoire-géo (4 h par semaine), l'éducation civique et les TPE (travaux personnels encadrés). En fin de première, toutes les sections passeront en plus du bac français, l'épreuve d'histoire-géo du bac. Les programmes vont donc être tous revus.

En cours d'année, un élève pourra demander à changer de section de bac : mais ce sera au conseil de classe de trancher en fonction du profil de l'élève et de ses résultats. Si le changement de section est accordé, l'élève n'aura que les enseignements de spécialité à rattraper.

Du nouveau pour les bacs L, STI et STL

Les enseignements "de spécialité", particuliers à chaque section de bac, reprendront en partie les programmes actuels, mais certaines sections vont voir leur programme entièrement revus : c'est le cas de la série L, STI et STL.

Le gouvernement veut redorer le blason de la section littéraire (L) qui n'accueille plus que 16,6% des bacheliers généraux contre 31,5% pour la section ES et 51,9% pour la série S. Il est prévu de la renforcer en langues et civilisations étrangères, et d'y introduire du droit. Les élèves ayant choisi les langues anciennes en seconde pourraient poursuivre à raison de 3 heures hebdomadaires. Ce "relooking" du bac L a pour objectif d'élargir ses débouchés vers les métiers du monde contemporain.

Enfin, les programmes des bacs STI (sciences et technologies industrielles) et STL (sciences et technologies de laboratoire) vont aussi être complètement revus. Objectif : faciliter la poursuite d'études en IUT ou écoles d'ingénieurs, via les classes prépas, améliorer les débouchés pour rendre ses sections plus attrayantes.

Le ministre présente la réforme à des lycéens


En terminale : une orientation posbac mieux préparée

L'un des grands objectifs de la réforme est de mieux préparer l'orientation. En première et en terminale, des heures de "tutorat" seraient consacrés au projet d'orientation postbac. On n'en connaît encore pas bien les contours.
Par contre, dès le mois de janvier, un conseil de classe sera entièrement consacré à l'orientation de chaque élève. Il donnera un avis, avant l'ouverture des pré-inscriptions sur Internet. D'autre part, tout au long de leur scolarité, les jeunes pourront remplir un "livret de compétences" avec tous les stages et les activités extra-scolaires qu'ils auront eus.

Et le bac ? Ses programmes vont bien sûr devoir s'adapter aux nouveaux programmes, mais pour l'instant, le ministère l'a peu évoqué, préférant sans doute déminer le terrain par étape.

Le texte du projet de réforme du lycée projet de réforme du lycée



Rédigé par le Vendredi 13 Novembre 2009
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