L'opération Phénix ouverte à tous les étudiants littéraires en master 2 recherche


L'opération de recrutement Phénix lancée par dix grandes entreprises en direction de diplômés littéraires redémarre le 11 avril 2012. Elle s'adresse désormais aux étudiants ou diplômés en master 2 recherche de lettres, sciences humaines et sociales de toutes les universités françaises. Une voie royale pour rentrer chez Coca, L'Oréal ou Renault après des études d'histoire ou de philo.




Créée en 2007, l'opération Phénix ne s'adressait au départ qu'aux étudiants en master recherche de lettres, sciences humaines et sociales (L SHS) d'une dizaine d'universités dont la plupart des Franciliennes. Et si des philosophes, des historiens, des spécialistes de Victor Hugo ou de la poésie médiévale voulaient rentrer chez Axa ou chez Eiffage ?

C'est le pari qu'une dizaine des ces grosses entreprises a voulu faire en leur offrant à la fois un poste de cadre en CDI et une formation accélérée à la culture d'entreprise. Un pari gagné puisque 150 jeunes diplômés "littéraires" ont été recrutés ainsi en cinq ans.

Et un pari gagnant-gagnant : pour ces purs produits des "humanités" de  l'université, Phénix est une occasion rare de saisir un poste "normalement" réservé aux jeunes ingénieurs ou diplômés des plus grandes business schools. Ainsi Eléonore Malnou, hier en master recherche de lettres modernes est aujourd'hui attachée commerciale chez Coca-Cola.
Pour l'entreprise, c'est l'occasion de recruter des "têtes bien faites" et cultivées, des "profils atypiques" qui viennent enrichir les équipes en apportant un regard neuf. "Je peux vous assurer que ma formation en lettres m’aide au quotidien. On me demande d’être claire, synthétique soit tout ce qu’on m’a demandé tout au long de ma formation littéraire", témoigne Eléonore.

Comment postuler ?

Lors de l'opération lancée en avril 2012,  Phénix élargit donc sa base de recrutement : désormais, tous les étudiants inscrit en master 2 recherche L SHS en 2011-2012, ou bien ceux qui ont été diplômés en 2011 ou en 2010 peuvent postuler aux emplois proposés, quelle que soit leur université de rattachement. Un certain nombre d'universités restent toutefois "partenaires" : elles s'engagent à informer leurs étudiants sur Phénix et à les aider dans leurs démarches.

Les offres d'emplois peuvent être consultées sur le site www.operationphenix.fr. Un Forum Opération Phénix de rencontre des entreprises est aussi organisé le 10 avril à Paris à la cité universitaire. Puis on peut postuler sur l'espace candidatures entre le 11 avril et le 8 mai 2012, pour au moins trois offres d'emploi. "Il est d'ailleurs conseillé de ne pas s'en tenir à une seule candidature pour multiplier ses chances, mais il vaut mieux être cohérent en postulant trois fois pour le même type de métier", explique un organisateur.

Autrement dit, si les diplômés n'ont pas à s'excuser de ne pas connaître la gestion ou l'action commerciale, ils doivent toutefois bien se connaître et pouvoir justifier par leurs qualités leur candidature pour un type de poste. "J’ai participé à tous les ateliers de préparation organisés par le Bureau d'insertion de Paris-Sorbonne, raconte Eléonore : rédaction de CV, présentation des entreprises partenaires, simulation d’entretien, etc. Je conseille d’ailleurs à tous les étudiants qui veulent tenter l’aventure de ne pas rater ces étapes. Avant de postuler, j’ai pris le temps de réfléchir à mes choix puis jai opté pour des métiers qui me plaisaient davantage comme le marketing ou le commercial".

De vrais entretiens de recrutement

Car les candidats ont à faire face à un véritable processus de recrutement. Du 9 mai à fin juin 2012, les dix entreprises examinent les candidatures et font leur sélection. Puis pour ceux qui sont retenus, les entretiens de recrutement ont lieu durant les mois de juillet et août. Emilie, elle, a postulé pour la deuxième fois en 2011 après un échec en 2010. "J’ai choisi un poste de conseiller clientèle dans le groupe HSBC car je souhaitais intégrer une banque, explique cette diplômée d'histoire. Lors de l’entretien d’embauche, les recruteurs étaient plutôt attentifs à mes différents jobs, étudiants ou non. Mes expériences de longue durée en tant qu’hôtesse d’accueil au Musée Grévin ou comme vendeuse chez Mc Donald ainsi que ma motivation les ont convaincus que je pourrais avoir un bon relationnel avec mes futurs clients, ce qui est très important dans le métier de conseiller clientèle". Emilie a su convaincre aussi grâce à son bilinguisme dû à des études en lycées international.

Début octobre au plus tard, les contrats sont signés et les diplômés commencent par un temps de formation. L'opération Phénix propose en effet désormais des contrats en alternance (de professionnalisation), qui permettent de préparer un master professionnel de "Métiers de l'entreprise" délivré par l'université Paris Sorbonne. Cet aspect diplômant de l'opération, qui n'existait pas les premières années, est un nouveau "plus" pour le CV des heureux élus.

L'atterrissage en entreprise se fait ainsi en douceur et plutôt bien. "Mes collègues apprécient mon oeil neuf, explique Claire Guiliani, chef de marché chez Danone. Je fais preuve d'esprit critique, je ne suis pas formatée. Comme à l’université, on me demande en entreprise de justifier mes propos. Là aussi je fais de la recherche, mais pas dans le même domaine".

Les onze entreprises partenaires

Il s'agit de grands groupes de l'industrie ou des services : Coca Cola, Danone, Axa, Eiffage, Renault, la Marine nationale, L'Oréal, PricewaterhouseCoopers, la Société Générale et la Bred qui rejoint l'opération en 2012. "Au-delà du diplôme, c'est la motivation et le potentiel du candidat qui nous intéresse, explique Elisabeth Conte, de la direction du développement des ressources humaines de la Bred.

Les postes proposés appartiennent à quatre grandes familles de métiers dans l'entreprises : achats, audit-conseil, commercial-relations clients, et management.

Reste à mettre de côté vos éventuels préjugés contre l'entreprise, et à vous interroger sur ce que vous avez vraiment envie de faire. "J’ai fait des études passionnantes à la Sorbonne mais je n’avais pas forcément envie de poursuivre dans la voie de la recherche après mon master 2, raconte ainsi Nadège Seigneuret qui avait étudié l'histoire économique. J’avais un job étudiant dans lequel je m’épanouissais car je gravissais d’année en année des échelons jusqu’à devenir animatrice d’un groupe de vendeuses à domicile.
Mais il me manquait quelque chose : la vie en entreprise. J’avais envie d’avoir des collègues, de participer à de plus grands chantiers. Phénix a été une belle opportunité pour moi ! Avec L'Oréal, je suis passée à un niveau supérieur, je vais à la rencontre des distributeurs et je complète mes connaissances. De plus, avec ce master 2 "Métiers de l’entreprise", j’arrive avec un meilleur bagage et je confirme que les littéraires ont leur place en entreprise !"

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Rédigé par le Lundi 2 Avril 2012
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