L'accouchement, dernier acte : la délivrance


Aussitôt le bébé sorti, on coupe le cordon ombilical qui le rattachait à sa mère. A l'autre bout du cordon, le placenta qui est encore dans l'utérus de la mère a achevé sa mission et doit être expulsé.



Le bébé sitôt sorti est encore relié à son placenta par le cordon ombilical. Ce placenta a servi pendant la grossesse comme intermédiaire entre la mère et son enfant pour filtrer, faire passer dans un sens ou dans l’autre les nutriments, l’oxygène et le gaz carbonique, le sucre, le calcium, les vitamines, etc. Il empêche le sang de la mère de se mélanger avec celui de l’enfant et vice versa, mais il les met en présence à travers 12 mètres carré (si on l’étalait) de membrane perméable à travers laquelle s’accomplissent les précieux échanges. C’est aussi une véritable usine chimique pour secréter des hormones qui maintiennent l’état de grossesse le temps nécessaire. C’est une sorte de poumon artificiel qui permet à l’enfant de vivre sans respirer. Il n’entoure pas l’enfant mais s’accroche en forme de galette (d’où son nom) sur la paroi interne du haut de l’utérus. Une fois le bébé né, il devient aussitôt inutile. Dans un délai de quelques minutes à un quart d’heure, les contractions utérines ( cette fois–ci indolores), reprennent pour le faire se détacher et tomber à l‘intérieur de l’utérus.


La sage-femme tire sur le cordon pour faire sortir le placenta

C’est alors que la sage-femme, en maintenant de l’extérieur le fond de l’utérus, va tirer légèrement sur le cordon pour amener la galette placentaire à sortir. On examine minutieusement sa surface pour être sûr qu’on en n’a pas laissé à l’intérieur, ce qui pourrait faire saigner abondamment ou bien créer une infection secondaire.
Il ne reste plus qu’à remettre au propre cette jeune maman et inspecter ses tissus pour recoudre s’il y a lieu sous anesthésie locale (si absence de péridurale) une petite déchirure spontanée ou une éventuelle épisiotomie.

Une histoire toute naturelle

L’accouchement est l’histoire naturelle d’un petit être singulier qui passe du chaud cocon du ventre maternel à l’air libre, en passant par le chemin le plus court et le mieux étudié qui soit.
Ce chemin de l’amour par lequel il a pris vie, il l’emprunte une fois qu’il a grandi, pour naître, et un jour lui-même aimer et enfanter… Que c’est grand, que c’est beau ! ainsi va la vie. Elle a un sens à découvrir, des moments essentiels à vivre intensément. L’accouchement en fait partie.


Marie-Pierre Blache
Vendredi 7 Décembre 2007


Dans la même rubrique :