L'EM Strasbourg condamne la dérive d'un de ses étudiants sur Facebook


L'Ecole de management de Strasbourg va traduire en conseil de discipline l'étudiant ayant posté sur Facebook une page à référence nazie simulant une liste étudiante. Elle va organiser avec la Licra des ateliers sur le racisme et l'antisémitisme.




Encore un dérapage qui montre que les réseaux sociaux peuvent porter le meilleur et le pire. Alors que dans les écoles de commerce les étudiants élisent les bureaux qui animeront leur année, un étudiant de l'EM Strasbourg a posté sur Facebook une page simulant une liste bidon faisant clairement référence au 3ème Reich.

La page intitulée Waffe EM SS - référence à la sinistre Waffen-SS, branche militaire du parti nazi - était illustrée par un montage où l'on voit des soldats faire le salut nazi une chope de bière à la main devant l'EM Strasbourg. 

Rapidement retirée, la page a fait scandale et l'EM Strasbourg a réagi le 12 octobre en condamnant l'initiative et en convoquant l'étudiant responsable devant le conseil de discipline en lien avec l'université de Strasbourg (à laquelle est rattachée l'école).

La direction de l'école condamne et rappelle ses valeurs

"Rien, même pas un humour potache de mauvais aloi, ne saurait justifier cette publication que je condamne de la manière la plus ferme. De tels débordements ne peuvent être tolérés au sein de notre école", a déclaré dans un communiqué Herbert Castéran, directeur général de l'EM Strasbourg.

Devant la gravité des faits, il a rappelé aux étudiants "les obligations en tant que citoyens au regard de la loi. Si la liberté d'expression est un droit fondamental, elle ne saurait s'exercer sans certaines restrictions".

De fait, le dérapage fait tache dans une école qui met en avant son positionnement européen et international. "L'EM Strasbourg se fonde sur des valeurs d'éthique, de diversité et d'humanisme", rappelle le directeur à ses étudiants à qui il demande de "concevoir des campagnes associatives créatives, décalées mais respectueuses des êtres et des tragédies de l'Histoire".

Des initiatives positives pour détoxer les réseaux sociaux

Si les condamnations sont de rigueur, pour freiner les dérives racistes, rien ne vaut les initiatives positives. L'EM Strasbourg a enclenché le mouvement en annonçant qu'elle allait organiser des séries d'ateliers de sensibilisation pour ses étudiants en collaboration avec la Licra (la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme).

C'est aussi le cheval de bataille de Philippe Coen qui a fondé avec son fils le label "Respect Zone" que l'on peut apposer sur son profil et ses pages de réseaux sociaux pour s'engager à être respectueux et modéré dans ses propos. Dans un livre qui vient de sortir "Internet contre InternH@te" (éd. Le bord de l'eau), il lance "un plaidoyer pour le respect" et fait 50 propositions pour "détoxer les réseaux sociaux".

Philippe Coen dénonce "l'hyperhaine ou l'hyperinsulte" qui se répandent sur les réseaux sociaux et finissent par insensibiliser des groupes entiers. Il écrit : "Re-twitter, partager, faire sien, relayer un bad buzz, une information, une incitation à la haine, une fausse nouvelle, une rumeur, un fantasme de complot, un appel au crime, à la violence, sans marquer de distance critique, équivaut au bout du compte à s'associer à ces propos".

Philippe Coen participait à l'émission de France Inter "Le téléphone sonne", le 10 octobre 2017, sur le thème "Peut-on débattre sur Internet sans s'écharper ?"

Réécouter l'émission Le téléphone sonne du 10 octobre 2017




Rédigé par le Jeudi 12 Octobre 2017
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