Etudes de santé : deux voies d'accès succèdent à la Paces dès 2020


Les nouveaux modes d'accès aux études de maïeutique, médecine, odontologie et pharmacie à partir de 2020 ont été précisés. La PACES est supprimée au profit de deux licences distinctes qui donneront droit à deux tentatives d'entrée en études de santé... mais sans redoublement.




Laboratoire de chimie organique à l'université d'Angers qui avait déjà supprimé la PACES à titre expérimental. © UA
Annoncée par Emmanuel Macron en 2018 dans le cadre de la refonte du système de santé français, la réforme de l'admission dans les études de santé sera donc bien mise en oeuvre dès la rentrée 2020.

Même si les contours de la réforme était connus, la publication le 4 novembre 2019 de ses décrets d'application lève en effet  le voile sur les modalités exactes d'admission dans ces études toujours très prisées.

La PACES supprimée au profit de plusieurs parcours possibles

Si vous visez une orientation vers les carrières médicales - médecine, pharmacie, dentaire ou maïeutique - vous n'aurez plus à passer par une "Première année commune d'études de santé" ou PACES mais vous aurez le choix principalement entre deux types de licence :

- un parcours spécifique "accès santé" (PASS) qui ressemblera un peu à la PACES actuelle et sera proposé uniquement dans les universités ayant une faculté de médecine ;
- une licence avec une option mineure "accès santé" (L.AS).

D'autre part dans certaines université, on pourra aussi bifurquer vers des études de maïeutique, médecine, odontologie ou pharmacie à partir d’autres formations en santé, par exemple une formation de santé courte comme un Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI).

Ces nouvelles voies d'accès veulent contribuer à diversifier les profils des professionnels de santé, qui est l'un des objectifs de la réforme.

Deux tentatives d'entrée dans le cursus santé mais plus de redoublement

Dans les deux licences accessibles après le bac, vous aurez droit à deux tentatives d'entrée dans le cursus santé... qui va rester sélectif même si les modes d'évaluation évoluent. Mais en cas d'échec, vous pourrez poursuivre votre licence sans redoubler si vous validez votre année universitaire.

L'un des objectifs de la réforme est en effet d'améliorer la réussite des étudiants. Le ministère de l'Enseignement supérieur rappelle que parmi les 40000 nouveaux bacheliers qui s’inscrivaient en PACES chaque année, deux tiers se réorientaient au bout d'un ou parfois deux échecs.  

Pour éviter cela, dans le cas de la licence Pass, les étudiants devront choisir dès le départ une option mineure - qui peut être du droit, des langues, de l'économie - dans laquelle ils pourront poursuivre leur licence s'ils n'entrent pas dans le cursus santé souhaité.

Et dans le cas de la licence L.AS, ils pourront poursuivre dans la majeure de leur licence. On sort ainsi du projet unique qui plaçait chaque année de nombreux étudiants face au vertige du "tout ou rien".

Un numerus clausus fixé par chaque université et supprimé au plan national

Cependant l'accès aux études de médecine, sage-femme, dentaire ou pharmacie va rester sélectif. Même si la réforme supprime le "numerus clausus" national qui fixait chaque année le nombre d'étudiants pouvant passer en deuxième année, ce chiffre va rester sous contrôle.

Les universités sont en effet limitées par leurs capacités d'accueil, notamment par le nombre des stages à fournir aux externes, puis par le nombre de postes d'internes.

Chaque université sera donc responsable de "déterminera en lien avec l’agence régionale de santé le nombre d’étudiants qu’elle admet dans chaque filière de santé, et répartira les places entre les différentes voies d’accès." Les besoins spécifiques de certaines régions seront pris en compte... afin de fournir aux "déserts médicaux" les professionnels qu'il leur faut.

Ce qui veut dire que certaines universités régionales pourront offrir davantage de places, et qu'il convient d'examiner attentivement les chiffres qu'elles seront tenues d'indiquer sur Parcoursup.

Le contrôle continu largement pris en compte

Les modes de sélection aussi évoluent. Globalement, le ministère s'est inspiré de l'expérience de certaines universités, comme celle de Grenoble, qui avaient déjà remplacé le concours de PACES par une prise en compte du contrôle continu.

Puisque les études de santé s'insèrent de plus en plus dans le schéma universitaire, la sélection d'entrée va être essentiellement basée sur les notes obtenues aux partiels et aux autres exercices permettant d'attribuer des crédits ECTS aux étudiants.

Le concours unique disparait donc.

- Pour les étudiants en licence L.AS ou en licence PASS qui souhaiteront candidater, un  classement sera effectué en fonction des notes obtenues lors de leur parcours. Les meilleurs seront admis d'emblée (comme dans le système des "grands classés" du concours INSA par exemple). Certains seront refusés d'emblée. Ceux dont les notes seront supérieures à un plancher seront convoqués à des épreuves complémentaires, dont des oraux, une nouveauté.

Les textes mentionnent aussi que ces épreuves seront "rédactionnelles", une façon de s'écarter du mode d'évaluation par questionnaires à choix multiple (QCM) qui dominait le concours de PACES jusqu'à présent.

- Pour les étudiants en licence L.AS (avec l'accès santé en mineure), les notes de contrôle continu prises en compte (et les coefficients) pourront bien sûr varier selon les études de santé visées et selon la majeure de la licence. Des cours de préparation aux épreuves complémentaires seront intégrés aux emplois-du-temps.

Cette souplesse dans les modes d'évaluation et les enseignements de sélection élargit les chances de réussite des candidats qui avaient, de par leur profil, peu de chance de réussir une PACES. Mais encore faudra-t-il faire un bon choix de licence (Pass ou L.AS) et d'université pour s'inscrire là où l'on a le plus de chances de réussir.

​PASS ou L.AS, comment choisir ?

Contrairement au système antérieur où tout le monde était "mangé à la même sauce", c'est-à-dire soumis au même programme en PACES, et au même concours, vous devez désormais tenir compte de vos points forts au lycée.

En effet, votre candidature aux études de santé sera jugée, pour une part importante, sur les notes que vous obtiendrez au cours de la première année de licence.

Mieux vaut donc vous positionner sur des licences bien alignées avec vos points forts afin d'assurer de bons résultats et d'avoir vos chances d'être admis dans le parcours santé que vous visez

- Si vous avez de très bonnes notes en biologie, physique-chimie et maths, bref un bon profil de bachelier scientifique, alors vous aurez toutes vos chances en licence Pass, à condition de travailler intensément et régulièrement.

- Si votre niveau scientifique est plus moyen, ou que vous avez un bac ES, L ou technologique, mieux vaudra viser une licence L.AS avec une majeure dans le domaine correspondant à vos points forts. 

- Si vous êtes intéressé par les métiers de la santé mais aussi d'autres carrières et que vous n'êtes encore sûr de votre orientation, choisissez aussi une licence L.AS et mûrissez votre projet. Alors que les étudiants de la licence Pass doivent candidater pour un cursus santé dès la 1ère année de licence, ceux de licence L.AS peuvent le faire seulement en 2ème et/ou 3ème année, encore une option qui pourra convenir à certains.

Où se renseigner ?

Sur la plateforme Parcoursup en priorité : à partir du 20 décembre 2019, on pourra y découvrir le détail de toutes les formations postbac et notamment les nouveaux cursus pour accéder aux études de santé.

Vous pourrez y découvrir notamment :
- L'offre de chaque université en matière de licences L.AS et licences PASS 
- Le contenu des licences L.AS : ce peut être des licences de chimie, d'ingénierie, de psychologie... Certaines vont ouvrir seulement à un cursus médical (maïeutique ou médecine ou pharmacie ou odontologie)
- Le détail des notes qui seront prises en compte pour l'accès à tel ou tel cursus de santé

Et enfin le nombre de places réservées dans chaque parcours de santé aux étudiants venant d'une licence Pass et à ceux venant d'une licence L.AS.
 
Plus que jamais, si ces orientations vous intéressent, il faut donc se renseigner attentivement pour prendre en compte tous les éléments;

- Dès le mois de décembre 2019, certaines universités organisent des conférences ou des séances d'information sur les nouveaux cursus de santé
- Les journées portes ouvertes sont aussi très utiles pour découvrir les cursus et comprendre les nouveaux dispositifs.

Une réforme bâtie à partir d'expériences

Cette profonde refonte du système d'admission s'est largement inspirée des expérimentations d'alternatives à la PACES menées par certaines universités depuis 2015.

Le principe d'une licence qui permet d'accéder à des études de santé mais aussi de poursuivre sans redoubler vers d'autres débouchés est ainsi testé à l'université d'Angers depuis 2015 à travers la licence PluriPass.

D'autres universités ont aussi peu à peu ouvert des passerelles appelées "Alter Paces" permettant d'accéder à la deuxième année de médecine (ou de pharmacie) à partir d'autres cursus que la PACES.

Lire le témoignage de Marie entrée en médecine via une Alter PACES à l'université Paris 13



Rédigé par le Mardi 19 Novembre 2019
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