Enquête sur les conditions de vie des étudiants : une génération "sacrifiée" ?


La LMDE, grande mutuelle étudiante, a profité de son congrès, le 2 juin 2011, pour donner les résultats de sa troisième enquête sur les conditions de vie des étudiants. 25% ont du mal à joindre les deux bouts et près de 40% sont parfois tristes ou déprimés.




Décidément, les enquêtes sur les conditions de vie des étudiants se suivent et ont tendance à se ressembler. Globalement, toutes montrent que leurs conditions de vie matérielle se dégradent. Ainsi, la troisième enquête de la LMDE publiée le 1er juin 2011 indique que 26% d'entre eux  rencontrent des difficultés pour "joindre les deux bouts" pour les dépenses courantes : alimentation, loyer ou encore factures d'électricité.

La précarité sociale des étudiants est aujourd'hui un véritable fait de société et la période des études n'est plus "une sorte de sas d'insouciance dorée entre l'adolescence et l'entrée dans la vie active", souligne Gabriel Szeftel, président de La Mutuelle des étudiants.

Ils dépendent dès lors beaucoup de leur famille puisque pour 73% des étudiants, celle-ci "constitue la principale source de revenus loin devant les aides sociales" dont bénéficient "seulement 38% des étudiants" (bourses sur critères sociaux, aide au logement, allocations familiales)". Certes, il y a le salariat d'été et les petits jobs durant l'année, mais cela "ne permet pas d'éviter la précarité" car près de la moitié des étudiants vit avec moins de 400 euros par mois.

La santé en prend en coup

En matière de santé, l'enquête témoigne d'un "accès aux soins des étudiants en recul et d'un niveau de protection sociale insuffisant" : un étudiant sur cinq renonce à se soigner et de nombreux étudiants ne bénéficient pas d'un niveau de protection sociale suffisant. Seuls 32% déclarent avoir bénéficié d'une visite médicale obligatoire, en recul puisqu'en 2008, ils étaient 59%. "Cet affaiblissement du suivi sanitaire à l'université se retrouve aussi dans l'enseignement secondaire".

Ce problème de santé est confirmé une autre enquête, conduite par l'USEM, qui montre que les étudiants qui vivent encore chez leurs parents sont plutôt mieux lotis, notamment sur le plan santé : ils consultent plus volontiers un médecin traitant (souvent celui de leur famille).

La grande liberté de la vie étudiante n'est donc pas si facile à vivre. Le départ du nid familial, pourtant désiré par la plupart, s'accompagne en effet d'un certain appauvrissement, l'aide fournie par les parents n'étant pas extensible à l'infini. Résultat : on rogne sur tout ce qui ne paraît pas indispensable, et la santé en fait souvent partie alors qu'il faudrait au contraire apprendre à mieux prendre soin de son corps (notamment

Le blues de l'étudiant isolé

Mais l'aspect matériel n'est pas tout. Quitter sa famille, et aussi souvent son milieu amical et ses habitudes est source d'isolement. Près d'un tiers des étudiants montrent des "signes de mal-être". Près de quatre étudiants sur 10 (38%) "ont ressenti un sentiment constant de tristesse ou de déprime dans les 12 derniers mois: perte d'intérêt pour tout, sentiment de tristesse durant toute la journée...

Enfin, près des trois quarts des étudiants ont "le sentiment d'être une génération sacrifiée". "Plus que leur propre regard sur la société, c'est bien le regard de la société sur les jeunes qui leur apparaît défavorable".

Des résultats plutôt tristounets confirmés par les nombreuses contributions recueillies sur ce site dans nos forums ou via les commentaires d'articles. Loin de vos potes d'adolescence et du soutien affectif de la famille, soumis au stress des examens et à la peur de l'échec, parfois ébranlés par un chagrin d'amour ou des expériences ratées, vous avez du mal à entrer dans la vie adulte et tâchez d'évacuer ces tensions dans des fêtes et des consommations plus ou moins clean.
Mais heureusement, les galères ont une fin et de très beaux projets d'avenir finissent par devenir réalité. Etudiants, relevez la tête et croyez en vous !

L'enquête conduite par l'Ifop a été menée auprès de 8.500 étudiants.

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Rédigé par le Lundi 6 Juin 2011
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