Diplômés des grandes écoles : bonne insertion en 2015 malgré quelques nuages


La Conférence des grandes écoles (CGE) a publié sa 23ème enquête sur l'insertion des jeunes diplômés qui reste plutôt bonne. Plus de 8 diplômés actifs sur 10 ont un emploi moins de 6 mois après la sortie de l'école. Le taux de CDI est toutefois à la baisse et les femmes toujours moins bien loties que les hommes.




Décrocher le diplôme d'une grande école reste un très bon plan en France pour qui veut s'insérer vite sur le marché du travail et sur un poste de cadre.

Les résultats de la 23ème enquête d'insertion réalisée de la même façon année après année par la Conférence des grandes écoles (CGE) le montre plus que jamais : interrogés entre janvier et mars 2015, les diplômés de la promo 2014 ont un taux net d'emploi qui s'établit à 80,6% pour la dernière promotion (contre 81,2% l'an dernier).
Il s'inscrit donc dans la moyenne des dernières années où le taux d'emploi oscille entre 76,5% et 85,4% au gré des fluctuations cycliques du marché de l'emploi.

Bernard Ramanantsoa, directeur général d'HEC, souligne même que "plus de 50% des élèves ont trouvé un emploi avant la sortie de leur école et 75% moins de deux mois après". C'est notamment le cas de ceux qui trouvent leur premier emploi grâce à leur stage de fin d'études.

Des salaires en euros courants qui augmentent légèrement...

Sur l'ensemble des diplômés des grandes écoles, les salaires bruts annuels moyens d'entrée dans la vie active en 2015 sont en légère croissance par rapport à 2014.
En euros courants, ce niveau évolue plutôt à la hausse depuis 10 ans.

Salaire annuel moyen (brut hors primes) France : 32 962 € (32 862 € en 2014) Salaire annuel moyen (brut avec primes) France : 35 983 € (35 544 € en 2014) Salaire annuel moyen (brut hors primes) tous pays : 34 160 € (33 706 € en 2014) Salaire annuel moyen (brut avec primes) tous pays : 37 499 € (36 650 € en 2014

...Mais qui baissent en euros constants

Si l'on prend cependant en compte l'inflation (en prenant l'année 2005 comme base 100), l'enquête (que vous pouvez consulter in extenso ci-dessous) montre qu'en euros constants, les rémunérations moyennes hors primes des managers ont baissé de 7% et celles des ingénieurs de 2% entre 2005 et 2015. La baisse est perceptible à partir de l'année 2008.

Un constat qui confirme la difficulté de bien des jeunes diplômés, même des grandes écoles, à joindre les deux bouts.

Des statuts cadre en hausse, mais une baisse du nombre de CDI

La part des emplois avec statut cadre augmente légèrement à 85,3% (contre 84,9% en 2014). Cette proportion est largement corrélée avec le taux net d'emploi et influence la rémunération : à diplôme équivalent, les diplômés non cadres déclarent des rémunérations inférieures à leurs homologues cadres.

En revanche, la part des CDI continue à diminuer légèrement : 73,8% ont trouvé un emploi en CDI en 2015 (contre 76,3% en 2014, 78% en 2013 et 81% en 2013) : une tendance que l'on espère ne pas voir s'accentuer.

Le stage de fin d'études : premier tremplin pour s'insérer

Le stage de fin d'études arrive largement en tête des moyens qui ont permis aux diplômés de trouver leur premier emploi dans un délai de moins de 2 mois : il est cité par 29,8% des diplômés(contre 28,5% en 2014) .
En y incluant les apprentis, près de 40% des diplômés entrent directement dans la vie active, à travers l'immersion en entreprise proposée durant les études.

A l'inverse, l'enquête a fait apparaître que le manque d'expérience est la première difficulté invoquée par les diplômés qui sont en recherche d'emploi (16% moins de six mois après le diplôme).
Arrivent ensuite la difficulté à trouver des offres d'emploi, à mettre en valeur leurs compétences et la mobilité géographique (surtout pour les ingénieurs qui démarrent plus souvent en province que les managers). Le salaire proposé jugé insuffisant est cité par un manager sur quatre.

Un premier emploi à l'étranger pour 17,6% des diplômés

La part des emplois à lʼétranger continue d'augmenter régulièrement et concerne désormais  17,6% des jeunes diplômés en 2015 (contre 15% en 2014). Les ingénieurs sont, cette année, les principaux artisans de cette évolution.

L'Europe reste la zone géographique la plus attractive pour une première expérience professionnelle internationale des jeunes diplômés. Comme en 2014, les principaux pays cibles sont, dans cet ordre : le Royaume-Uni, la Suisse, l'Allemagne et la Chine.

L'enquête de la CGE

En 2015, l'enquête d'insertion a concerné 95% des écoles de la CGE.
Le nombre de participants à l'enquête appartenant aux deux dernières promotions continue de croître et le taux de réponse des nouveaux diplômés fait un bond notable en 2015 (71,5% contre 67,2% en 2014).

L'enquête est réalisée entre 0 et 6 mois après la sortie de lʼécole pour la dernière promotion, et entre 12 et 15 mois après la sortie dʼécole pour l'avant-dernière promotion.
  Téléchargez ici l'intégralité de l'enquête insertion en pdf :

Enquête insertion CGE 2015.pdf  (2.12 Mo)


Toujours des écarts entre hommes et femmes

Les indicateurs d'insertion professionnelle restent dans l'ensemble moins favorables aux femmes en dépit de la féminisation régulière des effectifs des écoles (35% de femmes en 2011, et 36,8% en 20142) et d'un léger resserrement des écarts de salaires femmes/hommes sur la dernière promotion.

Ainsi, les femmes sont plus souvent en recherche d’emploi que les hommes, elles obtiennent moins souvent un CDI au début de leur carrière, surtout chez les ingénieurs. Parmi ces derniers, une femme sur trois est en CDD (33,6 %) pour un homme sur cinq (19,2 %).

Le tiercé des secteurs économiques où s'insèrent les diplômés

L'enquête s'intéresse aussi aux secteurs économiques dans lesquels s'insèrent les diplômés en distinguant managers et ingénieurs et hommes et femmes.

En 2015, les ingénieurs trouvent leur premier emploi, dans l'ordre : dans le secteur informatique (TIC), les sociétés de conseil et les bureaux d'études ainsi que l'industrie du transport (aéronautique, ferroviaire, automobile, etc.)
 
Les hommes plus nombreux dans les TIC,
les femmes dans l'agroalimentaire et la chimie

Les hommes sont plus nombreux dans les services des technologies de l'information, les sociétés de conseil, l'industrie des transports, le BTP et l'énergie.
Les femmes sont moins présentes dans les TIC (activités informatiques et services d'information) ; elles occupent un emploi sur six dans ce secteur. Elles sont majoritaires dans l'industrie agroalimentaire (IAA) et l'industrie chimique et beaucoup moins dans le secteur des télécommunications (19,1%).

Pour les managers, le secteur de la banque-assurance reste le premier employeur, suivi par le commerce-grande distribution et l'informatique. La répartition des managers hommes et femmes dans les secteurs d’activité est plus équilibrée que chez les ingénieurs.



Rédigé par la rédaction le Mercredi 17 Juin 2015
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