Cyberdépendance aux jeux vidéo : comment réagir ?


Deux députés ont rendu le 19 novembre 2008 un rapport sur les addictions à Internet, en particulier aux jeux vidéo. Ils proposent des mesures qui pourraient bientôt prendre effet dans des projets de loi et appellent les créateurs de jeux à coopérer.




Le rapport d'Arlette Grosskost et Paul Jeanneteau essaye pour la première fois de cerner le problème des accros aux jeux vidéos : on commence par passer un peu de temps dessus, puis par se prendre au jeu et y consacrer tous ses temps libres, puis par éliminer des sorties, des cours de sport, des temps d'étude, des visites à ses amis, et puis du temps de sommeil et de travail... Même sans être alarmiste, le fait est qu'il peut être intéressant d'arriver à gérer sa passion sans tout lui sacrifier. D'où l'intérêt de ce travail qui ne fait pas que dénoncer les affreux joueurs - il y aurait entre 600 000 et 800 000 "victimes d'une conduite addictive" - mais réfléchit à ce qui pourrait les aider. Les adeptes de "World of Warcraft" comprendront.

Les propositions pour endiguer la cyberdépendance

Les deux députés proposent d'abord l’affichage permanent à l’écran d’une horloge, mais à vrai dire de nombreux jeux le font déjà, et chez certains cela peut provoquer plutôt une course à la pratique intensive. Ils suggèrent aussi d'afficher sur les boîtes de jeu des messages préventifs et d'envoyer régulièrement des e-mails aux joueurs les informant de leur temps de jeu et leur donnant des conseils afin de le contrôler. C'est le minimum mais on peut douter de l'efficacité des messages puisque celui qui est accro à un jeu vit "dans son univers". Les idées qui consistent à introduire une limitation de temps à l'intérieur du jeu sont donc plus intéressantes : par exemple, une mascotte virtuelle de prévention qui, intégrée aux jeux, apparaîtrait pour encourager le joueur à faire une pause. Ou bien, passé un certain temps de jeu, votre avatar se sentirait fatigué et perdrait ainsi de ses capacités.
Il faudrait pour cela que tous les industriels de la sphère du jeu en ligne se mettent d'accord et adoptent un code de bonne conduite..
D’un point de vue médical, Arlette Grosskost demande que l'on étudie davantage le phénomène de la cyberdépendance et qu’un numéro de téléphone vert soit mis en place pour les "cyberdépendants". Elle réclame qu’une étude permanente sur la cyberdépendance soit ouverte, pour que le phénomène soit mieux connu et que l'on puisse trouver les bons moyens de prévention, qui devront forcément tenir compte des rites des joueurs.



Rédigé par le Lundi 24 Novembre 2008
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