Conférence internationale sur le SIDA : vers la fin de la pandémie ?


La 19ème conférence sur le Sida, du 22 au 27 juillet 2012, rassemble à Washington plus de 1000 scientifiques venus du monde entier confronter leurs découvertes. Son thème, "Turning the tide together", évoque l'espoir de stopper la pandémie et même, un jour, de l'éradiquer.




Tandis que l'Europe attend les JO de Londres, les Etats-Unis accueillent leur grand événement internatinal à Washington DC : la 19e Conférence sur le sida, qui rassemble tous les deux ans le gratin des chercheurs mondiaux travaillant sur le HIV, mais aussi les experts des politiques de santé et une multitude d'associations parmi lesquelles le Sidaction qui traduit en français sur son site tous les débats.

Barack Obama, qui a fait voter une loi en 2009 pour lever l'interdiction pour des personnes séropositives d'entrer aux Etats-Unis, n'a pas été la seule vedette à monter à la tribune pour ouvrir l'événement. Le richissime Bill Gates, dont la fondation finance l'accès aux soinsdes malades dans les pays pauvres y est aussi allé de son discours.

Mais les vrais stars ici, sont les chercheurs, dont la Française Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine pour sa découverte du virus HIV, qui est venue présenter la nouvelle stratégie scientifique de son équipe. Nom de code : "Towards an HIV Cure" ou "Vers une guérison du Sida".

Les succès des traitements par antirétroviraux

Guérir le Sida ? L'objectif aurait paru hors d'atteinte il y a seulement dix ans, toute la stratégie de recherche s'étant portée sur l'amélioration du traitement par les antirétroviraux, ces traitements qui parviennent à la fois à retarder l'irruption de la maladie chez les séropositifs et  la propagation du virus chez les malades et donc, à rallonger leur vie.

Mais l'amélioration de l'action des antirétroviraux a été telle, que l'on parvient maintenant à réduire presque à néant la "charge virale" (entendez le taux de contamination du sang par le VIH) du malade, et aussi sa capacité à transmettre le virus lors de rapports sexuels. De même on a établi que plus les séropositifs sont traités tôt, moins ils développent la maladie et risquent de la transmettre.

Ainsi, en France, quinze patients ont été traités très précocement - une dizaine de jours après la contamination - et pendant une durée de 2 ans et 8 mois, ont pu ensuite contrôler le virus sans recours aux médicaments. Un groupe inter­na­tio­nal d'experts, a donc lancé un appel dès l'ouverture de la conférence pour recommander pour la pre­mière fois que tous les adultes infec­tés par le virus du sida dans le monde soient trai­tés avec des anti­ré­tro­vi­raux dès le début.

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a égale­ment indi­qué der­niè­re­ment exa­mi­ner des études mon­trant des avan­tages poten­tiels à pres­crire plus tôt ces thé­ra­pies avant que le sys­tème immunitaire s'affaiblisse.
 


L'espoir du patient de Berlin

Autre motif d'espoir, le cas du "patient de Berlin" : ce malade, séropositif, après avoir subi des greffes et reçu des cellules résistantes au virus, a pu se débarrasser complètement du VIH. Un cas cependant unique au monde et encore énigmatique, mais qui montre que la voie de l'éradication est possible !

C'est en effet là-dessus que va travailler dorénavant l'équipe de Françoise Barré-Sinoussi : chercher à traquer dans l'organisme du malade les dernières cellules où se cachent les résidus de virus, sortes de menace dormante que l'on va chercher à débusquer et à détruire. Une perspective, a-t-elle précisé, qui prendra encore des années de recherche.

Pour tout ceux qui travaillent auprès des malades ou des populations, le travail pour améliorer les traitements, notamment dans les pays pauvres où seulement un malade sur deux a accès aux traitements, et les efforts de prévention ne doivent donc pas se relâcher.

Selon l'Onusida, 34 mil­lions de per­sonnes vivent avec le VIH dans le monde dont près de 1,2 mil­lion Américains.

Pour aller plus loin




Rédigé par la rédaction le Lundi 23 Juillet 2012
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