Avitailleur : spécialiste des carburants aériens


Dans l'armée ou le civil, l'avitailleur est le spécialiste du stockage, du transport et du ravitaillement des avions en carburant. Un métier d'action et de responsabilité.



Au service essences des armées

Opération du SEA en 2006 au Pakistan après le tremblement de terre
"Au départ, ce qui m'attirait, c'était de conduire un camion-citerne car j'étais chauffeur de poids lourd, raconte le caporel-chef Laruelle. Après mon service militaire, j'ai désiré rester dans l'armée et c'est alors que j'ai découvert le service essences des armées".
Aujourd'hui, il est engagé volontaire du service des essences des armées (EVSEA), affecté à la base aérienne de Nancy. Il décrit ses journées : "Chaque matin, avant de partir, je commence par faire des tests sur les essences, car je dois veiller à la qualité des produits. Je vérifie par exemple qu'il n'y a pas trop d'eau dans le carburant pour éviter le gel : en effet dans les avions militaires, on n'emploie pas de réchauffeur pour limiter le poids." Puis il charge le camion-citerne et prend le volant. Direction les pistes d'envol de la base aérienne où il faut faire le plein.

"Moi qui n'avais pas fait beaucoup d'études, j'ai pu acquérir dans ce métier des compétences : j'ai les deux permis poids lourd et super poids lourd, l'attestation de transport de matières dangereuses (ADR) qui est reconnue dans le civil dans toute l'Europe", se félicite le jeune caporal-chef. Autre motif de satisfaction : il a eu l'occasion d'aller faire une mission en Côte d'Ivoire en juin 2007 durant 4 mois. "Là-bas, j'avais plusieurs casquettes, raconte l'avitailleur. Je devais à la fois transporter les produits pétroliers dans toutes les bases, et pour cela parcourir le pays au volant d'un camion-citerne, mais aussi gérer et contrôler le stockage des produits". Une mission extérieure finalement assez courante sur ce type de poste.

Devenir engagé volontaire du service essences des Armées (EVSEA)

Le service essences des armées (SEA) recrute environ 250 engagés volontaires comme le caporal Laruelle chaque année. Conditions : avoir la nationalité française, entre 17 ans 1/2 et 27 ans, un niveau CAP ou BEP, et un permis de conduire B. Pour le reste, il faut bien sûr aimer la vie sur le terrain, les camions et... les avions, mais avoir aussi de la rigueur pour exercer un métier dangereux. Comme pour la plupart des carrières militaires, il faut aussi être mobile pour bouger au gré des mutations ou des missions extérieures dans le monde.

La formation initiale
s'effectue à la base pétrolière interarmées (B.P.I.A) de Chalon-sur-Saône durant 12 mois : c'est là que l'engagé passe ses permis poids lourd et super poids lourd, et acquiert sa qualification de transport de matières dangereuses. Puis il se perfectionne un an à la base pétrolière de Chalon avant d'être affecté dans l'un des 37 sites du SEA en métropole, en général sur une base de l'armée de l'air ou de l'aéronavale. Après quelques années d'expérience (et une formation technique supplémentaire), il pourra partir pour deux ans dans l'un des huit dépôts en outre-mer : à Djibouti, au Gabon, en Guyane, à La Réunion, la Martinique, en Nouvelle-Calédonie, au Sénégal ou à Tahiti...

Agent technique ou officier : deux autres métiers du Service des essences des armées

Le Service essence des armées (SEA) a également besoin de cadres pour superviser le travail des engagés volontaires et assumer la responsabilité des dépôts de carburant. Deux métiers (correspondant à des carrières militaires) sont proposés :
- l'agent technique du SEA : Il encadre le personnel et a rang de sous-officier. Il peut être adjoint d'un chef de service dans un grand établissement où il est alors responsable de l'exploitation ou des infrastructures. Il peut aussi avoir la direction de dépôts de moyenne importance ou bien travailler à la direction centrale, au laboratoire ou à la base interarmées. Conditions de recrutement : entre 21 et 28 ans avec le bac.

- L'officier du corps technique et administratif du SEA. Ces spécialistes pétroliers commencent souvent leur carrière comme chef d'un dépôt, avant d'occuper un poste dans un organisme de direction selon leur spécialité (technique pétrolière, administration, management, inspection). Ils ont des grades d'officier. Conditions de recrutement : moins de 30 ans de niveau bac + 2.

Avitailleur dans le civil : au service des aéroports

Dans le civil, les aéroports recourent souvent à des sociétés qui leur livrent le carburant et ont leurs propres avitailleurs. Le travail consiste à vérifier et revérifier sans cesse la qualité des produits à l'aide de filtre, de procédés chimiques : il faut donc être patient, méthodique et conscient des enjeux en terme de sécurité car une fois dans le ciel, l'avion ne pourra pas s'arrêter sur une bande d'arrêt d'urgence ! Puis le carburant doit être acheminé par camion au pied de l'avion, sur les pistes encombrées où, là encore, les consignes de sécurité liées au transport de matières inflammables sont à respecter absolument. Enfin vient le moment de "faire le plein" des grosses machines. Le commandant de bord lui-même peut donner des consignes à l'avitailleur sur la façon de répartir le kérozène dans les réservoirs.

Conditions d'embauche
: les sociétés demandent souvent aux candidats un permis poids lourd (et les formations associées type FIMO), l'attestation de transport de matières dangereuses ADR, éventuellement des connaissances complémentaires sur les produits pétroliers.

Où se renseigner ?
Un aéroport vous intéresse ? Allez consulter son site internet. Parfois l'aéroport est géré par la chambre de commerce et recrute lui-même son personnel. Mais le plus souvent, il recourt à des société de services aéroportuaires qui lui fournissent le personnel de piste, de catering (pour préparer les plateaux repas), d'escale (pour accueillir les passager) et aussi le personnel d'avitaillement. Vous pouvez aussi aller sur le site www.aeroports.fr qui donnent la liste et l'adresse de tous les aéroports français.


31 Aout 2010
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