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Volontaire pour une mission de solidarité internationale ?De plus en plus de jeunes et d'étudiants souhaitent partir 1 mois, 3 mois, 6 mois dans un pays du Sud. Pour donner des cours d'informatique, reconstruire un bâtiment, aider une petite ONG... La bonne nouvelle, c'est que le choix est vaste et les possibilités de plus en plus nombreuses. C'est aussi de plus en plus simple de trouver sa mission.
Au départ, Julien coulait un cursus d'études "classique" dans une école d'ingénieurs en chimie (l'ESCOM). Il vit une année de césure à Londres dans un labo pharmaceutique, et puis, à l'été 2007, une mission d'un mois au Togo. "C'est ainsi que mon envie de partir pour une mission plus longue est née", raconte-t-il.
Julien, en mission au Cambodge pour une association locale qui aide les villageois pauvres à monter leur projet de développement.
Envie concrétisée début 2010 : il part pour six mois au Cambodge, dans le cadre de son stage de fin d'études (!) travailler pour une association locale qui oeuvre pour l'accès à l'éducation et le développement de villages pauvres. "C'était inhabituel, mais mon école a accepté du moment qu'il y avait une convention de stage, un suivi, un rapport et une soutenance".
Bien loin de la chimie, son travail tient plus de la gestion et du management : "Après deux mois passés à mettre au point des outils de gestion pour un projet de développement, l'ONG a malheureusement perdu un gros partenaire financier. Aujourd'hui, j'aide donc les membres du staff à restructurer l'association"... DSF : une agence de recrutement solidaire
Des volontaires de Développement sans Frontières (DSF) en Afrique.
Pour partir, Julien s'est adressé à Développement sans Frontières (DSF), une association créée en 2006 par Sébastien Bourbousson, un ancien étudiant de l'Ecole Centrale de Paris qui avait la fibre de l'aide internationale. DSF se présente comme une "agence de recrutement solidaire". Elle ne développe pas ses propres projets, mais fait le lien entre de petites associations locales, en Afrique, Asie, Amérique latine, qui ne savent pas toujours où trouver des compétences, et les volontaires désireux de partir.
L'intérêt ? DSF "fait le tri" des associations, éliminant celles qui ne réclament que de l'argent, ou ne seraient pas sérieuses (attention aux arnaques, hélas nombreuses). "Nous commençons par envoyer un volontaire faire une mission exploratoire auprès de l'association, et voir quels seraient ses besoins en terme de compétences", explique Delphine Mahieu de DSF. Une infirmière pour un dispensaire, un animateur pour un foyer de jeunes, un spécialiste en économie-gestion pour monter un projet de micro-crédit, un volontaire capable de donner des cours de langue, de construire un bâtiment... L'important, c'est de transmettre des compétences, de "faire faire". Autre intérêt, la durée variable des missions, de deux semaines à six mois (56% durent de trois à six mois). Facile à caser durant de longues vacances universitaires par exemple.
Pour partir, il faut avoir 18 ans, et pas forcément de diplôme mais des compétences. Le volontaire part comme bénévole : il doit payer son voyage, n'est pas payé sur place mais est logé et nourri par l'association locale. Souvent DSF l'aide aussi à trouver des sponsors pour couvrir ses frais. Ainsi Julien a-t-il pu décrocher une bourse de la région Picardie, un soutien du Lions Club et d'une entreprise privée, ainsi que des dons pour sa mission au Cambodge.
Des associations pour tous les âges et toutes les durées
D'autres associations proposent ainsi des missions de volontariat international : la Délégation catholique à la coopération (missions solidaires de trois à six mois), la Guilde européenne du Raid (missions courtes d'été par exemple).
Si vous êtes lycéen et n'avez pas encore de compétences précises, le mieux est de commencer par faire l'été un chantier international. Par contre, si vous avez plus de six mois à donner, les options sont encore plus nombreuses : depuis février 2010, les 16-25 ans peuvent faire un service civique de six à douze mois pour une association, qui peut être en France ou à l'étranger. Et là vous ne serez plus bénévole, mais vous recevrez une indemnité d'environ 600 euros par mois. Vous avez plus de 18 ans, des compétences, et voulez partir un à deux ans ? Le volontariat de solidarité internationale (VSI) est pour vous. Ce statut vous permet de partir pour près de 27 ONG agréées par l'Etat, de recevoir sur place une indemnité, et de bénéficier d'une prime de réinsertion au retour. Si finalement vous ne savez pas ce qui vous conviendrait, vous pouvez aller sur le portail France Volontaires qui rassemble et présente toutes ces possibilités. Beaucoup d'apprentissages et d'évolutions personnelles
Un enfant cambodgien / photo : Julien Chabanet.
Un chose est sûre : l'expérience est à la fois professionnelle, culturelle et humaine. "Vu mon peu d'expérience professionnelle, j'apprends beaucoup sur le management et l'entrepreneuriat, témoigne Julien, en mission au Cambodge. Je découvre aussi le peuple khmer, d'une gentillesse incroyable, et le fait de prendre des cours de langue khmer me permet de m'intégrer plus facilement et d'engager des discussions que je n'aurais sûrement pas eu si je m'en étais tenu à l'anglais, notamment sur la terrible période des khmers rouges."
Ancienne volontaire en Guinée-Conakry pour Enfants réfugiés du monde, Sophie Naudeau conclut : "Finalement, c'est si peu de don de soi pour tant d’apprentissages, d’évolutions personnelles : la joie de se sentir là. Sentir, écouter, apprendre. La délicieuse sensation, bien sûr, de se sentir utile toute en s’accomplissant soi-même". Vendredi 21 Mai 2010
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