Vivre plus lentement, pour vivre mieux


Votre smartphone à la main, un œil sur Twitter, l'autre sur les horaires de train pour votre weekend... C'est votre vie à cent à l’heure. Un flot d'informations et d'activités. Fatigué, stressé ? Et si vous adoptiez la "Slow Life" ? Prendre le temps quand il faut, ça fait du bien !




Vivre plus lentement, pour vivre mieux
Foncer remplir le frigo, survoler les révisions de partiels, un peu de sport, sans oublier d'appeler votre grand-mère pour son anniversaire. Efficacité et organisation sont vos maîtres-mots et vous pourriez remplir une journée de 30 heures en un claquement de doigts. Comme l'explique Carl Honoré dans son ouvrage L'éloge de la lenteur, "nous sommes devenus des drogués de l'activité".

Addicts d'activités, gare à l'overdose

Votre vie est ainsi rythmée par une succession d'objectifs à atteindre. Travail, musique, cours du soir, sortie entre amis. Une accumulation d'activités que vous ajoutez à votre planning et qui vous donne une impression d'accomplissement personnel. 

Pourtant, à la recherche de cet épanouissement et du "toujours plus", attention à l'overdose. Ce planning surchargé a ses revers, vous les connaissez : stress, insomnies, fatigue... C'est également un sentiment d'échec lorsque vous n'arrivez pas à boucler votre journée et l'impression de ne pas être à la hauteur. 

Lutter contre le temps ne sert à rien, il faut trouver le bon tempo

"Il y a un constant décalage entre ce que nous attendons de la vie et ce que nous en obtenons, lequel nourrit le sentiment que nous n'avons jamais assez de temps", explique Carl Honoré. "En Occident, personne n'échappe à ce virus", soutient l'écrivain qui se considère comme un "ex-accro à la vitesse".

Car lutter contre le temps ne sert à rien, il faut apprendre "à vivre ce que les musiciens appellent tempo giusto, la bonne cadence, en allant vite lorsque notre activité l'exige, et en se ménageant des pauses dès qu'on le peut".

Des pistes pour débrancher

Vivre plus lentement, pour vivre mieux
A chaque drogue, son sevrage. Au lieu de courir après le temps, essayez de l'apprivoiser. Un seul mot d'ordre : déconnectez, même si ce n'est que pour 15 minutes.

"Faire un après-midi de shopping sans regarder ma montre" pour Coraline, "du bricolage compulsif" pour Sarah, une balade à pied "avec interdiction de prendre les transports !" pour Martin. Tant d'idées de pause pour vider votre cerveau, chasser le stress et la pression. "Un jour, une amie m'a offert un cahier de coloriage et des feutres", se souvient Anne-Sophie. "Moi qui pensais le laisser au placard, je ne peux plus me passer de ma pause coloriage", raconte la jeune femme. Et pensez à oublier votre montre, voire même pour les plus courageux, votre téléphone portable.

On ne le dira jamais assez mais le sport est également un excellent moyen de mettre son cerveau en pause. "Si l'on pratique un sport de façon assez intense, par exemple en faisant des longueurs de piscine ou des kilomètres de jogging, le cerveau finit aussi par lâcher prise, on est tout entier pris par l'exercice physique, c'est excellent", explique Isabelle Campredon, thérapeute de la méthode Vittoz.

L'enjeu est aussi relationnel : être plus disponible aux autres

L'enjeu n'est pas seulement personnel - se sentir mieux - il est aussi relationnel. "Je suis une accro du téléphone et je regarde mes mails pro et perso tout le temps, je ne peux pas m'en empêcher", raconte Leila. "Le seul moyen pour couper un peu, c'est de donner le téléphone à mon copain. Je le fais de temps en temps, quand on sort se promener ou faire un restau".

L'esprit plus disponible, vous voilà plus ouvert(e) à la rencontre de l'autre. Vous écoutez mieux, vous communiquez mieux... Vos relations amicales, familiales, amoureuses s'en ressentent.

Renouer avec sa "tortue intérieure"

Vivre plus lentement, pour vivre mieux
Du rendez-vous chez le coiffeur au verre entre amis, des longueurs de bassin au tricot, vous l'avez compris, ces moments où vous lâchez prise sont primordiaux. Mais l'idéal est d'adopter le bon tempo au quotidien. Trouver les pauses qui permettent de se ressourcer. Faire moins de choses peut-être, mais les vivre mieux. C'est ce que prônent les défenseurs de la "Slow Life", un concept qui traverse aujourd'hui les frontières.

Au Portugal, une Association des amis de la sieste vient de se créer, en Espagne un réseau national de cafés-salons propose de déconnecter dans le silence à toute heure de la journée. À l'école de commerce de Toulouse, une salle de méditation est en construction. "Elle sera en libre accès. Avec l'appui d'un coach, les élèves apprendront les techniques de méditation", explique son directeur Jacques Igalens.

Des gestes simples pour renouer avec le calme

"Depuis je vis en Indonésie, je fais de la méditation, c'est une amie balinaise qui m'a appris, explique Anne-Sophie. Dix minutes, avec des techniques de respiration, le but étant de trouver un rythme''. "Tous les matins, au lieu de prendre le bus, je marche quelques stations, explique Louis, étudiant. ça me permet de réfléchir à ma journée, de faire le point et aujourd'hui, je ne peux plus me passer de cette marche matinale".

Cuisine, sport, méditation, sieste... A chacun sa façon de faire le point avec lui-même. L'enjeu ? Laisser s'apaiser les émotions qui nous agitent et renouer avec le calme. Ainsi nous refaisons peu à peu nos forces intérieures, nous retrouvons notre unité. Rien de tel pour prendre de bonnes décisions et pouvoir vivre son quotidien en restant zen, joyeux, ouvert.

Un peu de "slow life" au bureau ?

Oui, mais... il faut travailler plus pour faire ses preuves, pensent certains jeunes professionnels qui croient avoir tout à prouver à leurs employeurs. Rester tard devant son ordinateur, ne pas quitter le bureau avant son chef et accepter de répondre aux mails le week-end sont, pour beaucoup, des obligations pour ne pas passer pour des paresseux.
 
Une pression que ressent Julie, jeune journaliste dans une société de production. "Lorsque j’ai signé mon CDI, je rêvais de mes 5 semaines de vacances sauf qu'aujourd'hui, je n'ai pas réussi à toutes les prendre", déplore la jeune femme. "Je n'arrive pas à partir plus de quelques jours. Cela me stresse de quitter le boulot trop longtemps".

Les pauses permettent d'être plus efficace et plus créatif

 
Pris au piège de cette suractivité, n'hésitez pas à en parler avec un collègue de confiance. Essayez de rappeler gentiment à votre boss que rien ne vous oblige à être disponible le week-end.

Enfin, dites vous que ce n'est pas parce que vous restez devant votre ordinateur que vous êtes efficace, au contraire. Les chercheurs anglais de London Office ont prouvé que les meilleurs moments pour se concentrer sont entre 10h et 11h le matin, et de 15h à 16h45 l'après midi.

Autre leçon de cette étude : les pauses café permettent de s'aérer l'esprit et d'être plus efficace, car plus concentré de retour sur votre clavier. Les pauses ont encore une autre vertu : elles stimulent la créativité en permettant au cerveau de travailler différemment. Avez-vous remarqué que les meilleures idées surgissent souvent quand nous passons complètement à autre chose ?

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Vendredi 16 Mai 2014

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