Vincent Peillon nouveau ministre de l'Education, Geneviève Fioraso à l'Enseignement supérieur


Le nouveau gouvernement de la France dévoilé le 16 mai 2012 place Vincent Peillon au ministère de l'Education nationale et Geneviève Fioraso à l'Enseignement supérieur et à la Recherche. Mais d'autres ministres se pencheront sur la jeunesse.





Vincent Peillon. Photo Wikimedia
Vincent Peillon. Photo Wikimedia
Ce n'est pas une surprise. Le nouveau ministre de l'Education nationale du gouvernement de Jean-Marc Ayrault est Vincent Peillon. Ce socialiste de 62 ans, député européen, suivait les questions d'éducation dans l'équipe de campagne de François Hollande. Le poste devait donc logiquement lui revenir, mais les rumeurs avaient aussi évoqué l'hypothèse d'un méga ministère intégrant l'éducation, la culture et l'enseignement supérieur...

Il n'en est finalement rien. Vincent Peillon succède à Luc Chatel et va avoir à prendre en chargle les dossiers de l'école, de la maternelle  au lycée : rythmes scolaires, collège unique, orientation, réforme du bac, et aussi recrutement de nouveaux enseignants (une promesse de la campagne de François Hollande) et réforme de la formation des enseignants.


Un prof de philo entré en politique

Côté enseignants, le nouveau ministre est plutôt bien placé puisque ce fort en thème (bac à 16 ans) a lui-même enseigné la philo en lycée de longues années. D'abord au lycée Pierre de Coubertin à Calais, où il fait ses débuts de jeune prof à la rentrée 1985. Après deux ans à Calais où il décroche en parallèle l'agrégation de philosophie, il devient formateur à l'école normale primaire de la Nièvre, première plongée dans l'univers des instits.

C'est alors, en 1992, qu'il débute en politique, comme détaché au cabinet du président de l'Assemblée nationale Henri Emmanuelli, dont il écrit les discours. Originaire d'un milieu d'intellectuels (sa mère fait de la recherche, son père est un banquier... communiste), il est de gauche et deviendra un spécialiste du socialisme pré-marxiste et d’auteurs comme Jean Jaurès.
Mais la philo le tient toujours et il obtient également en 1992 le doctorat en philosophie à l'université Paris-I. Après le changement de majorité en 1993, il enseigne au lycée Joliot-Curie à Nanterre et au lycée La Folie Saint James à Neuilly-sur-Seine.

Député de 1997 à 2002, à la suite de sa non réélection il est détaché durant deux ans au CNRS comme directeur de recherche, poursuivant ses travaux sur les origines de la laïcité et de la philosophie républicaine. Il est élu député européen en 2004 et réélu en 2009.

Bel expérience d'un homme qui va toutefois se confronter pour la première fois à l'exercice du pouvoir exécutif... A l'univers des profs, de leurs syndicats, mais aussi à celui du ministère, des parents, et des élèves eux-mêmes. Espérons que le fort en thème ne les oubliera pas trop et que l'homme d'idées ne sera pas prisonnier d'idéologies.

Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

Vincent Peillon nouveau ministre de l'Education, Geneviève Fioraso à l'Enseignement supérieur
A l'enseignement supérieur, par contre, le nouveau Premier ministre socialiste a surpris en nommant une quasi inconnue au profil peu académique. Geneviève Fioraso, 57 ans, était pourtant députée Parti socialiste et adjointe au maire de Grenoble,Michel Destot, depuis 2001.

Grenoble, la ville de l'innovation technologique et du pôle de compétitivité centré sur les nano-technologies... Voilà la piste qui permet de mieux comprendre la nouvelle venue. Dans l'équipe de campagne de François Hollande, Geneviève Fioraso était justement chargée de l'innovation.

Car cette ancienne professeur d'anglais puis cadre chez France Télécom, est depuis 2004 PDG de la société d'économie mixte Minatec entreprises, centre européen sur les micro et nanotechnologies. En tant que députée, elle a pris part à divers travaux sur les choix scientifiques et technologiques. Elle était donc l'un des spécialistes des questions de recherche pour le PS et avait d'ailleurs présidé le Forum pour l'enseignement supérieur et la recherche du PS, en mai 2011 à Toulouse.

Un CV qui la prépare finalement assez bien à dialoguer avec les chercheurs et à accompagner des universités souvent en quête de rapprochement avec l'univers de la recherche et de l'entreprise.

D'autres ministres pour s'occuper des jeunes

Madame George PAU-LANGEVIN est ministre déléguée auprès du ministre de l'Education nationale, chargée de la réussite éducative. On imagine qu'elle travaillera plus particulièrement sur la question de l'échec scolaire, des jeunes qui sortent de l'école sans diplôme, de l'égalité des chances dans l'enseignement supérieur, etc. En somme, une ministre "déléguée aux élèves", quant Vincent Peillon s'occupera des profs.

Valérie Fourneyron est ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Education populaire et de la Vie associative. Elle aura par exemple à traiter du service civique, créé en 2010 par Martin Hirsch, qui pourrait donner accès à de nouveaux droits (par exemple la possibilité évoquée par François Hollande de pouvoir passer son permis de conduire).

Aurélie Filipetti, est ministre de la Culture et de la Communication : elle aura, elle à régler la question d'Hadopi et des droits concernant le téléchargement des oeuvres sur Internet, sujet chaud du précédent gouvernement.



Mardi 22 Mai 2012
la rédaction

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