Victime de harcèlement, Jonathan explique pourquoi il a voulu mourir



Un garçon de 18 ans, Jonathan Destin, raconte dans un livre intitulé "Condamné à me tuer" comment il a été conduit à s'immoler par le feu pour échapper à ceux qui le harcelaient depuis des années. Un témoignage pour soutenir ceux n'osent pas parler.





Victime de harcèlement, Jonathan explique pourquoi il a voulu mourir
"J'avais 16 ans, je n'en pouvais plus. De l'école, des autres". Ainsi Jonathan fait-il le récit de ses années de crainte et de harcèlement. "Ils me demandaient toujours plus d'argent. J'étais en troisième, au collège Vertes-Feuilles, à Saint-André près de Marquette (non loin de Lille). Ca ne s'arrêtait jamais. Ceux-là en plus, ils étaient grands. Ils avaient au moins 20 ans".

Et Jonathan de raconter comment il a été racketté, terrorisé, battu même. Comme il a honte, durant 6 ans, il n'ose pas parler. Jusqu'au 7 février 2011 où ses agresseurs lui mettent une arme sur la tempe et le menacent de le tuer s'ils ne leur rapporte pas 100 euros le lendemain. Il ne pense plus qu'à mourir pour échapper à ce calvaire, et ne voit plus d'autre issue : "Ils m'ont condamné me tuer" dit-il.

Le lendemain il s'asperge d'alcool à brûler et se met le feu. Heureusement, il en réchappe. Il est terriblement brûlé et va rester dans le coma avant de subir de multiples opérations mais deux ans plus tard, Jonathan peut enfin commencer à parler.

Son témoignage sur une radio


Après le silence et le désir de mort, la parole pour dire et pour aider les autres

Aujourd'hui Jonathan se reconstruit et fait des projets d'avenir, rêvant de devenir pâtissier. Mais surtout, son livre l'aide, enfin, à prendre la parole et à raconter ce qu'il a subi. Il espère ainsi aider ceux qui sont peut-être harcelés à briser la loi du silence.
ça ne sert à rien de mourir. Quand on meurt, c’est les autres qui gagnent.

De fait la victoire du harceleur n'est pas seulement d'obtenir ce qu'il veut en terme d'argent ou de coups : sa victoire est de briser chez sa victime toute velleité de résistance, toute dignité. Il est bien étonnant en effet qu'une victime puisse avoir honte alors que c'est l'agresseur qui produit l'acte honteux. Mais à force d'insultes et de gestes d'irrespect ou de violence, l'agresseur finit par atteindre intimement la victime qui n'ose même pas parler. Et le piège se referme.

"Si un élève veut mourir comme je l’ai fait, il faut qu’il écoute ce que je dis : ça ne sert à rien de mourir, dit Jonathan Destin. Quand on meurt, c’est les autres qui gagnent. Si on a envie de mourir, il faut parler."

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Mercredi 8 Janvier 2014
la rédaction

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