Un job avec les scientifiques des régions polaires



L'Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) recrute chaque année des jeunes diplômés pour effectuer un service civique auprès des bases scientifiques d'Arctique et d'Antarctique. Douze mois d'aventure humaine et professionnelle extra-ordinaire. C'est ce qu'à vécu Brieuc sur l'île de Crozet à la sortie de son école d'électronique.




Brieuc Crenan, lors de son service civique sur l'île subantarctique de Crozet. Photo : G. Lemonnier.
Brieuc Crenan, lors de son service civique sur l'île subantarctique de Crozet. Photo : G. Lemonnier.
"J'étais passionné par ces milieux extrêmes depuis que j'avais vu une pub sur l'Institut polaire, raconte Brieuc Crenan. Alors à la sortie de mon école d'ingénieurs, l'ISEN Brest, comme je voulais partir à l'étranger, je me suis rapproché de l'Institut polaire Paul-Emile Victor."

L'étudiant a alors la bonne surprise de découvrir que l'IPEV (qui regroupe toutes les centres de recherche français en Arctique et Antarctique) propose à de jeunes diplômés de niveau bac+2 à bac+5 d'effectuer un service civique d'un an dans une de ses bases : des missions de technicien, d'informaticien, de biologiste, mais aussi de maintenance...

Et voilà le jeune Breton embarqué pour 12 mois "d'hivernage" sur l'île de Crozet, l'une des îles françaises subantarctiques situées à la limite des océans Indien et Austral. Pour y arriver, c'est six jours de bateau et 2860 km depuis l'île de la Réunion, "car aucun avion ne dessert Crozet", rappelle Brieuc.

La vie sur une base scientifique coupée du reste du monde

Un job avec les scientifiques des régions polaires
Et l'aventure commence ! Durant 12 mois, Brieuc est responsable de l'Observatoire sismique et magnétique. "Il n'y a pas d'activité sismique à Crozet, mais on mesure le retentissement de séismes ou de tsunamis déclenchés à des milliers de kilomètres de là", explique-t-il. Un travail d'analyse de données qui lui permet surtout de découvrir le milieu des chercheurs dont plusieurs étudient aussi le climat, la faune et la flore du milieu.

"Dans la base, la qualité de vie est exceptionnelle, décrit Brieuc : bonne bouffe, confort douillet, salle de cinéma... Mais ce qui est particulier, c'est qu'on vit avec les mêmes personnes 24h sur 24h : pour travailler, pour manger, et si l'on veut prendre un verre le soir, on les retrouve encore".
Un point à prendre en compte avant d'envisager ce type d'aventure. Si 35 personnes habitent la base en été, le chiffre tombe à 22 durant le long hiver sans possibilité de retour. "Il faut savoir être sociable pour converser avec des personnes d’horizons très différents mais aussi savoir conserver ses jardins secrets et ne pas avoir un comportement totalement explosif", dit-il. On comprend pourquoi les candidats au départ sont soumis à un entretien d'évaluation psychologique et à un checkup de santé intégral !


Le navire "Marion Dufresne" approche de l'île. Au loin la base scientifique Alfred Faure. Photo : B. Crenan
Le navire "Marion Dufresne" approche de l'île. Au loin la base scientifique Alfred Faure. Photo : B. Crenan
Quoiqu'il en soit, le bilan pour Brieuc est très positif : "Ce n'était pas forcément facile tout le temps mais j'ai énormément appris sur moi et sur les autres. Et tous les cours que j'avais eus à l'ISEN sur le travail d'équipe, le management et la psychologie humaine m'ont bien servi."

Des sorties pour observer les manchots, les oiseaux et des paysages magnifiques

Et puis, il y avait les sorties extérieures, et le fantastique environnement de cette île battue par les vents polaires, et lieu de prédilection des manchots royaux qui viennent s'y reproduire sur la grande plage située à 3 km seulement de la base.

"On ne se balade pas pour les loisirs, raconte Brieuc, mais toujours pour des raisons logistiques ou scientifiques, que ce soit pour réaliser une manipulation ou effectuer un relevé sur la faune, notamment les oiseaux, ou recueillir certaines fleurs endémiques qui ne poussent qu'à Crozet.
Le jeune homme a eu la chance de participer à nombre de ces équipées où les chercheurs partent souvent plusieurs jours : "C'est un contraste par rapport à la vie de la base, on a une vie spartiate, on dort dans des cabanes et doit apprendre à vivre de rien... mais ce sont des moments exceptionnels, car on traverse des paysage magnifiques que personne n'a foulé".

N'imaginez pourtant pas l'île de Crozet prise par les glaces de la banquise : si l'hiver y est rude, la température extérieure descend peu en-dessous de 0° contrairement aux terres antarctiques situées un peu plus au sud, où l'IPEV a aussi d'autres bases.

Diaporama : l'île de Crozet

Comment partir dans les régions polaires ?

- Le volontariat de service civique effectué par Brieuc Crenan n'est pas unique. Après lui, d'autres jeunes sont partis soit sur l'île de Crozet, soit les autres îles subantarctiques (Saint-Paul, Amsterdam, Kerguélen), soit carrément en Arctique (sur l'île de Spitzberg, où l'IPEV entretien des relations étroites avec l'université de Svalbarg), soit en Antarctique (base Dumont d'Urville de Terre Adélie ou base Concordia)

- A savoir : l'IPEV ne recrute pas que des jeunes de formation scientifique. Des contrats à durée déterminée sont régulièrement proposés à des personnels de divers métiers nécessaires à la vie des bases : cuisiniers, mécaniciens, médecins, électriciens, plombiers... Sur chaque base en effet, les scientifiques ne représentent que le tiers des effectifs.

- Pour en savoir plus :
Institut polaire Paul-Emile Victor (IPEV)www.institut-polaire.fr/

Jeudi 2 Janvier 2014

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