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Suivez le guide, s'il-vous-plaît

Les Journées du patrimoine mettent chaque année les guides sous le feu de la rampe. Mais au fait, que sait-on de ceux qui accueillent touristes ou visiteurs ? Comment en sont-ils arrivés à ce métier qui en fait rêver plus d'un ?



Un métier de passeur, de médiateur

Suivez le guide, s'il-vous-plaît
"C’est le monument funéraire de Louis XII et d’Anne de Bretagne. Le début de la Renaissance est ma période préférée". Assis au centre de la basilique de Saint-Denis, baigné par la lumière douce et colorée que les vitraux laissent passer, Anthony, guide vacataire de ce monument historique nous parle déjà des lieux. Et c’est son travail.

Car qu'il soit chargé de l'accueil des visiteurs, de la surveillance des lieux ou des visites, un guide est là pour informer, expliquer, raconter. Mais attention : débiter par cœur un discours devant des vieilles pierres est à la portée de tous. Ce n'est pas ce que recherche un public qui peut être composé à la fois de gens très cultivés et d'enfants. Le guide doit apporter plus. "J'apporte mon enthousiasme et ma passion. J'essaye de montrer que le patrimoine est vivant et qu'il suffit d'être passionné pour le faire vivre", nous explique-t-il.

A la fois professeur qui donne un savoir, et étudiant qui le reçoit du monument ou des visiteurs, il est ainsi comme un médiateur entre le passé, et les visions des contemporains sur ce même passé. "Je me vois comme un passeur, un connecteur entre les gens et ce qui me passionne", renchérit Anthony.

Un guide, des guides...

Il n'existe pas à proprement parler de formation, et de diplôme spécifique au métier. Les statuts de chaque guide, ainsi que les voies empruntées sont si variées, qu'elles s'apparentent à un maquis inaccessible au commun des mortels. Ainsi peut-on citer :
  • Les guides interprètes nationaux. Après deux années d’histoire, d’art, ou d’histoire de l’art à la fac, ils réalisent une année spécifique dans les universités d’Angers, Lyon, ou encore Marne-la-vallée. Ils doivent ensuite passer un concours national qui leur permet de travailler sur toute la France.
  • Les guides interprètes régionaux, titulaires d'un BTS "tourisme animation et gestion touristiques locales", travaillent uniquement dans la région où ils ont passé leur concours.
  • Les guides-conférenciers, dépendent du ministère de la Culture (et non du tourisme). Ils ont réussi un concours organisé tous les deux ans par les " villes et pays d'art et d'histoire" et ne peuvent exercer que dans ces villes classées.
  • Les conférenciers nationaux, au contraire, après un concours national accessible aux bac+4, peuvent guider sur toute la France.
On peut aussi être guide sans passer ces concours. Après des études d'art, d'histoire, ou d'histoire de l'art à l'université. Ces gens très compétents, sont embauchés dans des musées municipaux, des sites privés... et ne peuvent exercer que dans ces lieux. C’est le cas d’Anthony. "Je ne voulais plus être étudiant en histoire. L’occasion s’est présentée de faire une vacation d’un jour pendant les journées du patrimoine. Deux mois plus tard, on m’a à nouveau proposé une vacation", témoigne celui qui un an plus tard est toujours guide de la nécropole royale.

Un sacerdoce ?

Suivez le guide, s'il-vous-plaît
Etre guide, c'est compliqué. Cela nécessite d'avoir la foi en ce que l'on fait. Et pour quelle récompense ? Une chose est sûre, l'emploi est rare. Même le fait de posséder un diplôme ne constitue pas une voie royale.
La fréquence des examens des guides interprètes régionaux (tous les 2 ans) et des guides interprètes nationaux (tous les ans) amène sur le marché du travail beaucoup plus de diplômés que de postes à pourvoir.

Ce métier est aussi dépendant de la fréquentation saisonnière des sites. Si les CDI existent, les CDD sont la norme. Les guides sont payés à la journée, et parfois même à la visite. Le salaire s’en ressent. Il peut varier selon la fréquentation du tiers du SMIC à environ 1600 euros. Etre guide, surtout chez les jeunes, c'est un peu vivre dans la précarité, avec des revenus pouvant varier du tout au tout selon les mois.
C'est sans doute le prix de la passion.

Lundi 14 Septembre 2009
Charles Baldini


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