Sénégal : du travail pour les jeunes sans diplôme


Au Sénégal, 40 % des jeunes citadins sont au chômage. En 2003, six jeunes Sénégalais ont créé Ndaam Distribution, une entreprise de vente à domicile. Ils embauchent des jeunes sans diplôme ni expérience professionnelle, leur donnent une formation et leur fournissent des produits à vendre. En quatre ans, 120 jeunes ont suivi les formations et exercent désormais un travail rémunéré.




75 % des Sénégalais ont moins de 30 ans, 40 % des jeunes sont au chômage

Ndaam commence par former les jeunes
Ndaam commence par former les jeunes
"A Dakar, 80 % des jeunes de moins de trente ans ne trouvent pas de travail ! s'insurge Chérif Basse, l'un des fondateurs de Ndaam Distribution. Et les politiques ne proposent pas de réelles solutions pour résorber le chômage". Chérif, lui, a passé son bac en 97. Il a ensuite pu être embauché par une entreprise canadienne, DS-Max, implantée à Dakar. Mais en voyant émigrer beaucoup de ses amis sans travail, il décide avec six de ses collègues de créer une entreprise qui embauche les jeunes sans formation et sans emploi.
"Avec mes collègues, nous avons décidé de nous lancer dans la vente de produits cosmétiques. Nous avons commencé par acheter deux cartons de savons, revendus sur les marchés. Avec les bénéfices, nous avons acheté un troisième, et ainsi de suite" raconte Chérif. Mais l'activité se développe le jour où ils réussissent à convaincre un fournisseur de leur faire crédit : "Un jour, notre fournisseur de savon s'est trompé et nous a donné un carton de trop. Nous avons eu plus de bénéfices que prévu, et considérant que cet argent ne nous appartenait pas, nous lui avons rapporté. Il a été touché par notre honnêteté et a décidé de nous faire confiance. A partir de là, il nous fournissait les savons, nous les vendions, lui rendions son argent et gardions les bénéfices".

Pas besoin d'être bon pour commencer mais il faut commencer pour être bon

Les jeunes sont reçus en entretiens individuels
Les jeunes sont reçus en entretiens individuels
Chérif passe une annonce à la radio pour proposer à tous les jeunes au chômage de venir travailler avec eux. "Le lendemain, nous avons reçu des centaines et des centaines d'appels", se souvient-il. Quatre ans plus tard, en 2007, ils sont plus de cent, sans diplôme ni expérience professionnelle, à travailler pour Ndaam Distribution.
Pour travailler pour l'entreprise, les candidats sont reçus en entretiens individuels. Nul besoin de diplômes ou d'expérience professionnelle ; une carte d'identité et une attestation de domicile suffisent. Comme disent les responsables de l'entreprise, "pas besoin d'être bon pour commencer mais il faut commencer pour être bon". Ndaam leur donne une possibilité de gagner leur vie, mais aussi une formation pour apprendre le métier.

La journée des jeunes vendeurs

Sénégal : du travail pour les jeunes sans diplôme
Au début du mois, chaque jeune se fixe son propre objectif de vente en fonction de ses besoins. Tous les matins, de 8h à 10h, les jeunes reçoivent une formation aux techniques de vente. A 10h, après que chaque vendeur a pris les produits qu'il pense pouvoir vendre dans la journée, chaque "ancien" part en binôme avec un nouvel arrivant, pour mettre en pratique la formation reçue le matin. Les vendeurs font du porte-à-porte ou se rendent sur les marchés de la ville.
Ndaam Distribution fournit aux jeunes des produits alimentaires et cosmétiques (brosses à dents, dentifrices, savons, parfums, etc.) dont le prix se situe entre 500 et 1 000 FCFA (0,76 € et 1,52 €). A la fin du mois, les jeunes reçoivent un salaire équivalent à 20 % de leurs ventes (le reste servant à payer le fournisseur, la location des locaux, les salaires des formateurs, etc.)
"Ce qui séduit les jeunes, c'est qu'ils choisissent eux-mêmes leurs objectifs. Si un jeune dit qu'il veut gagner 100 000 FCFA par mois, on va tout planifier avec lui pour qu'il y arrive : nombre d'heures de travail, nombre de produits vendus, etc. On est là pour l'accompagner. Si bien que les jeunes travaillent plus pour eux que pour l'entreprise et c'est cela qui les motive !" explique le jeune directeur qui, rompant avec les techniques commerciales "classiques", développe un modèle propre.

Une entreprise qui marche et qui pourrait s'étendre à d'autres pays d'Afrique

De 2003 à 2007, 120 jeunes ont été formés et travaillent pour Ndaam Distribution. Alors que le salaire moyen minimum est de 47 700 FCFA au Sénégal, celui des vendeurs de Ndaam Distribution se situe entre 50 000 et 150 000 FCFA par mois (76 et 228 €).
L'entreprise a déjà deux bureaux dans Dakar et projette d'en ouvrir un troisième. Certains jeunes viennent aussi suivre les formations et créent ensuite leur propre activité. Chérif Basse, le directeur de 29 ans, se rend au Mali en novembre 2007 pour essayer d'y reproduire l'initiative sénégalaise. "Alhamdulillah, A la grâce de Dieu ! termine Chérif. On va diffuser cette structure puisqu'en Afrique, on n'a pas d'écoles pour la formation des adultes. Nous sommes là pour recruter des jeunes urbains !"


Site Internet : www.ndaam.com


Lundi 26 Novembre 2007
Avec l'agence Reporters d'Espoir

Qu'en pensez-vous ?

1.Posté par ndior fatou guéye le 28/02/2008 18:12
je voudrais que vous féminisiez un peu le travail car je ne vois pas de femme sur les photos.Et que faites vous de la parité?

2.Posté par aida yvatte Kiemde le 07/03/2008 22:37
je suis en 2eme année commerce international et je voudrai avoir vos coordonée pour pouvoir deposer mon dossier merci d avance

3.Posté par Pape D Ndong le 05/06/2008 20:59
Je vou zé vu dan le net, et moi je voulé ouvrir une boutiqe cosmétic. De se fé je cherche dé fournisseur. Ete vou pré a me fournir toute sorte de game de prod8?Je s8 à face mbao.

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