Roman : "1Q84", la torpille japonaise



Enorme best-seller au Japon, le roman de Haruki Murakami au titre étrange de "1Q84" a enfin vu deux de ses trois tomes publiés en français en août 2011. Une étudiante en lettres a lu pour nous le premier. Son verdict : le récit des existences parallèles d'Anomamé et Tengo n'a pas d'équivalent. Vraie torpille japonaise, le livre touche tous ses lecteurs et bat déjà des records de vente. Par Maëlle de La Chevasnerie.





Publié en France en août 2011, le premier tome intitulé "Livre 1, avril-juin" a tout de suite battu des records de vente.
Publié en France en août 2011, le premier tome intitulé "Livre 1, avril-juin" a tout de suite battu des records de vente.
Les tumultes de la vie sentimentale d'une jeune tueuse à gages n'ont à priori rien à voir avec la détresse d'un professeur de mathématiques, contraint de réécrire le roman d'une lycéenne de dix-sept ans prénommée Fukaéri. Pourtant, leurs destins sont étroitement liés. Une brève rencontre à l'école primaire, une enfance brimée, des épreuves traversées et une extrême solitude rapprochent ces deux êtres. Au sein de leurs vies parfaitement chronométrées subsiste un vide immense que rien ne semble pouvoir combler.

De plus, autour d'eux règne une atmosphère étrange. Anomamé a l’impression d’évoluer dans une autre dimension et Tengo éprouve des sensations indéfinissables en présence de Fukaéri. Ils découvrent tous les deux, à peu près au même moment, une secte dont les membres sont appelés les "Précurseurs". Le mouvement était au départ pacifique, prônant une vie au grand air et une alimentation bio. Mais sa reconnaissance en a fait une secte dangereuse aux ambitions financières démesurées. Anomamé et Tengo en viennent à enquêter sur de sombres affaires.

Un univers littéraire totalement nouveau

La fin de ce premier tome de "1Q84" nous laisse totalement sur notre faim. On resterait bien encore un peu dans ce Tokyo de 1984, clin d’œil au célèbre roman de science-fiction d'Orwell intitulé "1984". Précisons d'ailleurs qu'en japonais "Q" se dit kyou comme le chiffre 9, d'où l'étrange titre de Murakami.

Ecrit dans un style moderne et sans fioritures inutiles, il crée un univers littéraire totalement nouveau peuplé de personnages attachants. Il offre aussi une belle réflexion sur le sens de la vie, la solitude et la justice. Un homme peut-il se construire en effaçant un passé douloureux ? Une vie sentimentale épanouie peut-elle être uniquement faite d'aventures sans lendemains ? Faut-il rendre justice par soi-même quand on estime que la loi ne protège pas les plus faibles ?

Toutes ces interrogations auxquelles sont confrontés les personnages ne laissent pas le lecteur indifférent. Au-delà d'une intrigue aux contours mystérieux, ce roman pose les bonnes questions au lecteur. N'est-ce pas le but premier du romancier ? C'est du moins ce que semble penser Murakami lorsqu'il reprend, à quelques pages de la fin de ce premier opus, les paroles de Tchekhov qui affirmait que "le romancier n’est pas quelqu’un qui résout les problèmes. C'est quelqu’un qui pose les questions"

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Mardi 10 Décembre 2013
Maëlle de La Chevasnerie

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