Recrutement d'enseignants : le plan du gouvernement pour trouver des profs



Le gouvernement a présenté le 10 décembre 2012 sa campagne de com mais aussi les nouveautés mises en place pour recruter plus de 40 000 enseignants en 2013 et 20145. Nom de code: "Ambition enseigner".





Recrutement d'enseignants : le plan du gouvernement pour trouver des profs
"Qui veut la réussite de tous ?", "Qui veut étudier l'esprit libre ?" "Qui veut apprendre à enseigner ?". Sur chaque affiche de la campagne "Ambition enseigner", dévoilée le 10 décembre par Vincent Peillon et la ministre de l'Enseignement supérieur, un jeune lève la main avec enthousiasme.

Une campagne pour redorer le blason d'un métier plutôt boudé par les étudiants. Même avec un nombre de postes réduit, l'Education nationale ne parvenait pas ces dernières années à recruter suffisamment de profs. Lors du Capes externe du printemps 2012, 706 postes sont restés vacants (978 en 2011), soit près de 15%. Parmi les disciplines les plus boudées, les mathématiques (652 admis pour 950 postes), les lettres classiques où moins d'un poste sur deux a été pourvu, ou l'anglais.

Avec l'élection de François Hollande qui a promis de créer 60.000 postes sur le quinquennat, le gouvernement ne se trouve pas seulement devant un problème budgétaire : il lui faut surtout trouver des candidats ! S'il est "réjouissant" de voir de nouveau l'Etat recruter, "il va falloir remobiliser les vocations", "notamment avec une politique salariale digne de ce nom pour des gens recrutés à bac+5", a indiqué Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire.

De nouvelles filières : les emplois avenir professeur

La campagne de communication s'accompagne donc de nouveautés pour le recrutement. Concrètement, de nouvelles filières sont créées.

Déjà présentés en même temps que les "emplois d'avenir", les "emplois d'avenir professeur" (EAP) sont réservés à des étudiants modestes qui veulent devenir enseignant mais pourraient reculer devant la durée des études (cinq ans après le bac, au lieu de trois auparavant). Le dispositif va concerner, d’ici 2015, 18 000 étudiants boursiers, 4000 dès janvier 2013.

Les étudiants souhaitant en bénéficier devront s’engager à se présenter aux concours de l’enseignement organisés par l’État. En contrepartie : parallèlement à leurs études, ils pourront bénéficier d'un emploi à temps partiel au sein d’une école ou d'un établissement scolaire, sur une base moyenne de 12 h par semaine. Dans ce travail ils doivent être suivis par un tuteur tout au long de leur formation au métier de professeur. Leurs revenus mensuels seront compris entre 617 et 1 086 euros selon le niveau de leur bourse sur critères sociaux.

Pour qui ? Ce dispositif Emploi d’avenir professeur s'adresse aux boursiers de l’enseignement supérieur, étudiant(e) en licence 2 (principal public cible), en licence 3 ou en master 1. Il faut aussi avoir moins de 25 ans (ou moins de 30 ans en cas de handicap). Et vous êtes prioritaire si vous effectuez vos études dans une académie ou dans une discipline connaissant des besoins particuliers de recrutement, et si vous avez résidé au moins deux ans dans une zone urbaine sensible, dans une zone de revitalisation rurale ou dans un département d’outre-mer, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy ou à Saint-Pierre-et-Miquelon ; ou vous avez effectué au moins deux années d’études secondaires dans un établissement situé dans l’une de ces zones ou dans un établissement relevant de l’éducation prioritaire.

L'idée est de faire d'une pierre trois coups : aider financièrement les étudiants les plus modestes à aller au bout de leurs études, gonfler les rangs du personnel d'encadrement dans les établissements grâce à l'arrivée des EAP et à terme, recruter davantage d'enseignants issus de milieux modestes qui seront plus à même de comprendre les élèves difficiles.

Un concours anticipé pour les masters 1

Pour pouvoir recruter suffisamment d'enseignants pour la rentrée 2014, l'Education nationale a aussi décidé d'accélérer les processus de recrutement en anticipant les concours.

Ainsi, les inscriptions aux concours 2014 seront ouvertes de mi-janvier à fin février 2013, au lieu de juin-juillet traditionnellement. Les épreuves d’admissibilité se dérouleront, pour l'ensemble des concours hors les agrégations, en juin 2013, et non pas à l’automne 2013. Les épreuves d’admission se tiendront en juin 2014, au terme d’une année où seront proposés aux étudiants ayant été déclarés admissibles des contrats leur permettant d’effectuer des stages en responsabilité sous la forme d’un tiers-temps de service d’enseignement et rémunérés à hauteur d’un mi-temps. Les admis aux concours prendront leurs fonctions à la rentrée de septembre 2014.

Les concours 2014 s’adressent principalement aux étudiants inscrits en master 1, qui constituent le public naturel. Les étudiants inscrits en master 2 pourront également s’y présenter, y compris ceux déjà inscrits aux concours 2013 actuellement engagés.
Ainsi, ceux qui n’ont pas candidaté aux concours 2013 mais aussi ceux qui n’auront pas été déclarés admissibles à ces derniers, bénéficieront, avec la session 2014, d’une nouvelle opportunité de recrutement. Enfin, les concours 2014 seront aussi ouverts aux personnes titulaires d’un diplôme de master ou d’un grade équivalent.

Un nouveau chamboulement de la formation en vue

Mais cette session de concours sera la dernière avant une refondation plus profonde des cursus de formation, des programmes et de la maquette des concours. On se souvient de la réforme très contestée de la formation des enseignants, la "masterisation" mise en place sous le quinquennat précédent qui avait allongé la formation de tous les enseignants à cinq ans, cassé les IUFM et confié aux universités le soin de former les futurs enseignants... Le problème est que les étudiants débarquaient dans les classes avec peu ou pas de formation pédagogique.

Le gouvernement actuel revient donc en arrière, et va créer des "Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE)" où l'on entrera à bac+3 :  les étudiants y toucheront un salaire et feront une entrée progressive dans le métier, travaillant d'abord à mi-temps. "Etre payé à temps plein pour faire cours à mi-temps est une revalorisation substantielle en début de carrière", a estimé M. Peillon.

Pour en savoir plus :
Voir l'espace recrutement du ministère de l'Education nationale


Mardi 11 Décembre 2012
la rédaction

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