Plan contre les drogues et les conduites addictives : les jeunes dans le collimateur



Le gouvernement a dévoilé son plan anti-drogues pour la période 2013-2017. Il ne veut pas seulement lutter contre les trafics, mais mieux agir sur les comportements qui poussent à consommer. Plusieurs mesures concernent les adolescents et les étudiants.





Plan contre les drogues et les conduites addictives : les jeunes dans le collimateur
Le comité interministériel qui a bâti ce plan de bataille est parti d'un constat  : à 17 ans, 41% des jeunes qui vivent en France ont déjà expérimenté le cannabis, 60% ont déjà été ivres et 31,5% fument quotidiennement.  Le mot "drogue" ne désigne donc pas uniquement les produits dont la consommation est interdite en France : l'alccol et le tabac aussi sont sources d'addiction car ce sont des produits "psycho-actifs" qui agissent sur le cerveau.

Or les résultats scientifiques sont sans appel : plus on démarre jeune ce type de consommation, plus le risque de devenir dépendant est  grand. Pour l'alcool, l'ivresse augmente aussi les risques d'accidents de voiture, de grossesses non désirées et de violences...

Voilà pourquoi ce nouveau plan (qui comporte de nombreux volets, voir le texte ci-dessous)  met le paquet sur l'information et la prévention chez les ados et les étudiants. Rien de "moralisateur" ou "d'hygéniste", affirme le texte mais des aides concrètes pour ceux qui veulent arrêter ou modérer leur consommation. Certaines expérimentations vont aussi être testées tous azimuts.

plan_lutte_drogue_2013_2017_mildt.pdf plan-lutte-drogue-2013-2017_mildt.pdf  (1.97 Mo)


Les consultations jeunes consommateurs vont être développées

Ces consultations existent déjà, mais elles vont être mises en avant, encouragées et développées.

Premier avantage : les consultations jeunes consommateurs sont gratuites et anonymes, et sont destinées aux jeunes consommateurs de cannabis, d'alcool, de drogues de synthèse, de cocaïne, etc. On peut y aller seul ou avec un membre de sa famille pour effectuer un bilan de consommation, recevoir un conseil, être aidé à arrêter ou à réduire sa consommation. L'expérience prouve qu'il ne faut pas attendre d'être "très dépendant" ou en grande difficulté pour y aller. Au contraire, le plan du gouvernement veut encourager les jeunes et leur famille à y aller le plus précocément possible, car plus on consulte vite, meilleurs sont les résultats.

Il y en a une par département et un moteur de recherche du site de la Mildt permet de trouver l'adresse de la consultation jeunes consommateurs la plus proche

Enfin une de ces consultations par région va proposer aux jeunes les plus dépendants ou présentant des troubles psychiatriques une thérapie familiale basée sur une nouvelle méthode de "thérapie familiale multidimensionelle" qui semble faire ses preuves pour aider le consommateur mais aussi toute sa famille.

Les patchs et les substituts nicotiniques vont être mieux remboursés

Actuellement les patchs et autres subtituts de la nicotine ne sont remboursés que jusqu'à 50 euros par an (150 euros pour les femmes enceintes). Un montant bien inférieur au coût total d'un sevrage. Or, 50% des jeunes de 20 à 25 ans déclarent avoir envie de s'arrêter de fumer.

Le plan du gouvernement prévoit dont "une meilleure prise en charge pour les jeunes adultes fumeurs (de 20 à 25 ans) du coût des sevrages par l'assurance maladie". Il indique aussi que "L’efficacité de la prise en charge globale (consultations et traitements substitutifs nicotiniques) est prouvée". On espère que cela suffira à convaincre la Sécurité sociale car le plan du gouvernement ne donne pas de chiffre.

Va-t-on vers un remboursement complet de tout le traitement et des consultations de sevrage ? "C'est vrai que je voudrais m'arrêter de fumer parce que les cigarettes me coûtent très cher", reconnait Alex, alors s'il faut payer pour arrêter, je suis moins motivé".

Des campus sans tabac vont être testés

Autre idée à concrétiser, le plan envisage pour les étudiants l'expérimentation de "campus sans tabac" en lien étroit avec le ministère de l'Enseignement supérieur, les présidents d’université et la Conférence des présidents d’université et celle des grandes écoles.

Le tabac est déjà interdit bien sûr dans toutes les salles de cours, les amphis et les locaux intérieurs des universités comme dans les entreprises et le lieux publics, mais les étudiants fumeurs se retrouvent en général en nombre devant les portes, les parcs ou les rues devant les établissements. Un campus sans tabac, kézako ? Un campus où l'on ne pourra même pas fumer à l'extérieur ? On attend là encore de voir comment la mesure pourrait être mise en oeuvre.

Autre point pour les étudiants qui n'est pas nouveau celui-là : le plan prévoit d'encadrer toujours mieux les soirées étudiantes qui donnent souvent lieu à des consommations de drogues ou à une alcoolisation excessive. Il propose que l’association étudiante organisatrice de l'événement festif et le chef d’établissement signent une charte. Objectif :  mieux accompagner les organisateurs des soirées dans l’organisation et la prévention. Des mutuelles étudiantes ont déjà édité un guide de conseils et le sujet est déjà suivi dans nombre de grandes écoles. Mais il y a sans doute encore beaucoup à faire !

Des expériences comme ''Quit the shit'' vont être lancées

Dans l'ensemble, le plan ne sort aucune recette miracle de son chapeau mais indique qu'il faut tester tout ce qui marche et poursuivre la recherche pour mieux comprendre les motivations qui poussent à consommer ou empêchent de se réfréner.

Ainsi la méthode "Quit the shit" permet de stopper et surtout de casser la dépendance au cannabis en 50 jours. Il a été expérimenté en Allemagne et va donc être utilisé en France.  Il repose sur la prise de conscience du niveau de consommation et de dépendance par la tenue régulière d’un journal de bord en ligne et sur des échanges avec des thérapeutes formés au tchat.

Les nouvelles techniques de communication et les réseaux sociaux vont aussi être utilisés par des éducateurs qui se rendent compte que le classique message "Te drogue pas, ou ne bois pas, c'est dangereux", ne passe pas.  Ils vont tâcher d'être plus fins et surtout d'entrer en relation plus personnelles avec les adolescents notamment pour les aider à "dire non", à résister aux pressions des fabricants de cigarettes ou tout simplement à la pression d'un groupe de copains.

Autre idée : parler davantage des dangers immédiats (violence, accidents de voiture) que des risques pour la santé qui risquent de frapper 20 ans plus tard. Et utiliser aussi les jeunes eux-mêmes pour sensibiliser les autres comme dans le programme 'Apprentis chercheurs'.

Filles : une aide pour arrêter le tabac quand on prend la pilule

Enfin le plan préconise d'être plus attentifs à quelques cibles et notamment les jeunes filles. L'association pilule / tabac présentant des risques pour la santé, les médecins vont proposer plus systématiquement aux filles qui viennent consulter pour demander la pilule une aide pour arrêter de fumer.

Et pour celles qui sont enceintes, l'information sur les dangers du tabac ou de l'alcool va être intensifiée. Si les filles sont de plus en plus nombreuses à fumer au quotidien, les dégâts du tabac sur le corps féminin sont plus lourds.

Pas de dépénalisation du cannabis mais deux nouvelles salles de shoot

La lutte contre les trafics de drogues va évidemment être poursuivie mais le gouvernement n'a pas choisi, comme certains le demandent, de dépénaliser la consommation du cannabis. Il est donc toujours interdit par la loi d'en fumer.

Par contre, l'expérience consistant à ouvrir des lieux où les grands toxicomanes pourront venir consommer leur drogue pour que les effets secondaires de leur consommation soient limités va être étendue. Une première "salle de shoot" a ouvert à Paris, deux ou trois autres villes devraient suivre l'expérience. Malgré les critiques, le gouvernement fait le choix de poursuivre l'expérience toujours pour tester toutes les méthodes.

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Notre rubrique Addictions


Lundi 23 Septembre 2013

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