Plan ''Réussir en licence'' : peut mieux faire


Deux ans après le lancement du plan "Réussir en licence" en 2008 qui devait lutter contre l'échec en première année de fac, une mission de l'inspection générale a fait le point. Les objectifs ne sont pas encore tous atteints.





Examens en amphi à Lyon1 / photo : E. Le Roux / communication Lyon 1
Examens en amphi à Lyon1 / photo : E. Le Roux / communication Lyon 1
Lancé dans la foulée de la réforme qui a accordé une plus grande autonomie aux universités (loi LRU), le plan Réussite en licence devait s'attaquer aux taux d'échec en L1, première année de licence universitaire, qui montait souvent à 50%.

Deux ans plus tard, un groupe de l'Inspection générale de l'administration de l'Education nationale et de la recherche (IGAENR) a enquêté auprès de onze universités au printemps 2010 et son rapport est tombé le 30 octobre 2010 sur le bureau de Valérie Pécresse. Verdict : tous les objectifs ne sont pas encore atteints et les fonds versés aux universités n'ont pas toujours été clairement investis dans ce plan. Mais il y a tout de même des évolutions positives. La coupe est donc à moitié pleine et à moitié vide.

Bons points aux dispositifs de soutien et d'accompagnement

Du côté positif, les universités ont mis le paquet sur les dispositifs de soutien et d'accompagnement des étudiants en difficulté et des bacheliers fraichement débarqués du lycée. Dès avant la rentrée, beaucoup proposent des pré-rentrées quasi-obligatoires, vraies semaines d'intégration qui permettent d'amortir le choc et d'aider les étudiants à trouver leurs marques. Un bon point pour Caen, Amiens ou Avignon, où l'on ne se contente pas de présenter la fac, la bibliothèque et l'ENT (espace numérique de travail), mais où les étudiants passent des tests et reçoivent des cours de méthodologie et de soutien. Toutes ont aussi mis au point des offres de tutorat (par des étudiants en master ou des enseignants) et proposent à chaque étudiant de prendre contact avec un "enseignant-référent". Des efforts pour mieux encadrer les étudiants, les suivre, et lutter contre l'anonymat de la fac.

Bel effort aussi dans l'organisation des programmes qui sont moins spécialisés d'emblée en L1 et commencent par des modules communs à plusieurs disciplines comme les langues, l'informatique, la méthodologie ou des matières communes à toute une branche. Les étudiants les plus faibles ont ainsi le temps de se mettre à niveau et d'acquérir des compétences indispensables.
De même, un certain nombre de facs ont réduit la taille des groupes.  A La Rochelle, les TD sont passés de 40 à 24 étudiants. Plusieurs départements de sciences mais aussi de lettres ont décidé de supprimer les cours magistraux et de les remplacer par des TD dédoublés ou détriplés, là encore pour permettre un meilleur suivi.
Enfin, le contrôle continu fait son chemin et s'impose peu à peu à la place des examens couperets de fin de semestre : cela aide les étudiants à travailler plus régulièrement et réduit l'échec.

Quid des 5 heures d'enseignement hebdomadaires en plus ?

Par contre, "l'objectif d'offrir cinq heures hebdomadaires d'enseignement supplémentaires à chaque étudiant de L1 n'a pas été atteint", indique le rapport des inspecteurs généraux. Rares sont les universités comme Nice, Pau ou Paris 13 à avoir augmenté leurs horaires de TD ou leurs enseignements fondamentaux obligatoires comme Aix-Marseille 2.  Lyon 2 a même réduit la durée du semestre de 14 à 12 semaines et a allongé la durée des TD de 1h30 à) 1h45 pour laisser plus de temps de recherche aux enseignants !

On le voit : la mise en oeuvre de la réforme est très inégale d'une université à l'autre. Ainsi les UFR de droit de Rouen, La Rochelle ou Nice sont réticents à l'égard du contrôle continu : trop compliqué à mettre en oeuvre selon eux.

L'absentéisme et le manque d'assiduité : le mal universitaire ?

Autre faiblesse : les réorientations, qui sont théoriquement possibles au bout d'un semestre pour permettre aux étudiants de changer de voie, restent très limités. Enfin, l'assiduité des étudiants reste un problème récurrent : les modules de soutien, de tutorat et les rendez-vous avec les "enseignants-référents", des dispositifs mis en place pour mieux encadrer les étudiants, sont loin de faire le plein : Ainsi l'UFR de psychologie de Lyon 2 avait prévu, en 2009, 22 groupes d'aide, or seuls 9 ont finalement fonctionné. Les étudiants continuent en réalité à bouder tous les cours facultatifs ou ne donnant pas lieu à évaluation.
On le voit : il faudra sans doute plus de deux ans pour transformer le système universitaire, et pouvoir enregistrer en L1 des taux de réussite acceptables. Le mouvement, toutefois, semble enclenché.

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Lundi 8 Novembre 2010

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