Oser un métier manuel, pourquoi, comment ?



Avez-vous déjà pensé à devenir plombier ou à vous réorienter dans l’ébénisterie ? Nombre de formations à ces métiers offrent une entrée rapide dans le monde du travail. Pourtant elles sont trop peu connues et souffrent souvent d'une mauvaise image qui empêche beaucoup de découvrir leur vocation. Chassez les préjugés, osez !




Le doreur décore et restaure livres, miroirs et meubles.
Le doreur décore et restaure livres, miroirs et meubles.
"J'ai découvert la lutherie en faisant entretenir mon violoncelle. Ça a été le coup de coeur." Guillemette, 19 ans, vient d'entrer en première année de l’Ecole nationale de lutherie de Mirecourt. La petite ville des Vosges, centre historique de cet art, forme des passionnés depuis le 17ème siècle.

"Le travail noble du bois et le calme de l’atelier me plaisent", explique la jeune fille, qui a toujours voulu faire un métier manuel. La lutherie lui trottait dans la tête depuis le collège, une passion confirmée par deux stages passés au milieu des violons. Après un Bac ES, en attendant d’être reçue au concours d’entrée de l’école, très sélectif, Guillemette a obtenu, en un an, un CAP d'ébénisterie. Dans trois ans, elle aura aussi en poche un diplôme des métiers d’art (DMA) de lutherie.

"Mes profs de lycée étaient parfois surpris par mon goût pour l’artisanat, ajoute l’étudiante. Ils envisageaient des cursus plus classiques."

De la passion, des débouchés, des poursuite d'études

Une situation à laquelle des jeunes, désireux d'entrer rapidement dans le monde du travail ou de se lancer dans un métier manuel, peuvent être confrontés : les études courtes, en France, n'ont pas toujours la cote. Pourtant si vous trouvez votre voie, ne vous laissez pas décourager par les regards négatifs : ne vaut-il pas mieux réussir et s'épanouir dans un métier que l'on aime que de s'ennuyer ou de chercher indéfiniment sa voie dans des études générales ?

Oser un métier manuel, pourquoi, comment ?
D'autre part nombre de ces professions offrent d'excellent débouchés, malgré la crise.

Si l'horizon des métiers d’art est plutôt bouché, ceux de l'industrie mécanique (chaudronnier, soudeur), de l'hôtellerie-restauration (cuisinier, sommelier), du BTP (maçon, électricien, plombier, couvreur, charpentier), de l'alimentation (boucher, boulanger, poissonnier) et d'autres spécialités artisanales (fleuristerie par exemple) sont autant de professions qui recrutent, car elles manquent cruellement de candidats !

Quels diplômes préparer ?

Ces métiers nécessitent une grande qualification technique qu'il faut acquérir dans des formations proches de la vie active.

On peut le faire dès la classe de troisième, en choisissant la voie professionnelle. Deux types de formations sont alors possibles : elles permettent à la fois de préparer un diplôme, d’apprendre un métier et d'accéder rapidement au monde du travail :


Et après ? De plus en plus de filières proposent des poursuites d'études vers des formations d'excellence dans la spécialité, par exemple en brevet de technicien supérieur (BTS) et puis en licence professionnelle. Ainsi les "lycées des métiers" (un label donné à des établissements qui se spécialisent dans une filière professionnelle) proposent souvent des BTS. Les compagnons du Devoir, eux, ont lancé des formations postbac jusqu'à la licence.

Comment trouver sa vocation ?

L'expérience le montre : au collège ou au lycée, une bonne orientation est primordiale. Il ne suffit pas de vouloir faire un métier manuel, encore faut-il trouver "le bon", celui qui correspond vraiment à vos talents et votre caractère, surtout si vous le choisissez jeune. Pour bien discerner sa vocation et connaître la réalité du métier, il ne faut donc pas hésiter à aller aux portes ouvertes des établissements, rencontrer des professionnels sur les salons ou encore faire des stages. Surtout, ne vous laissez par "orienter" au hasard dans une filière parce que c'est celle qui est proposée près de chez vous !

Pour vous aider :
- au collège, il existe en troisième un "module de découverte professionnelle" ou des 3èmes "Prépa Pro" dans certains lycées professionnels
- Rendez-vous dans un centre d’aide à la décision (CAD) où les chambres des métiers et de l’artisanat ont créé une méthode spécifique baptisée "Méthode Oriente métiers".
- L'association lesavoirfaire.fr propose des stages de découvertes dans les métiers liés à l'environnement et à la nature.

Se réorienter, c'est possible

Journées portes ouvertes au CFA La Bonne Graine à Paris
Journées portes ouvertes au CFA La Bonne Graine à Paris
Mais on peut aussi revenir vers un métier manuel après un premier choix d'études qui ne donne pas satisfaction. Ainsi, après plus de deux ans passés en école d’infirmière, Clotilde, déçue par ses études, a osé faire le pas : elle est désormais apprentie au CFA de l'ameublement La Bonne Graine, à Paris. "Je me suis demandée ce que je pourrais faire pour être contente d'aller travailler quand je me lève le matin", raconte-t-elle.

A 22 ans, elle découvre donc la tapisserie d’ameublement en redonnant à de vieux sièges une nouvelle jeunesse. "Le travail est assez physique car nous travaillons avec de gros outils. Mais c’est aussi très créatif, nous donnons aux clients des conseils de décoration." Dans deux ans, la jeune fille obtiendra un CAP des métiers d’arts. Ravie, elle projette d'être d’abord salariée dans un atelier et de se mettre ensuite à son propre compte.

Là encore, des dispositifs facilitent ces réorientations : on peut, par exemple, faire un CAP ou un bac pro "en accéléré" si l'on a déjà un diplôme, un bac pro en un an (dans certaines spécialités) si l'on a déjà un bac.

Et même se reconvertir

Finalement, il n'est jamais trop tard pour changer de voie. En témoigne la reconversion de Nicolas. A 33 ans, en 2006, il abandonne son métier d’ergothérapeute pour devenir électricien. "J’avais travaillé avec des électriciens lors d’un partenariat. J’avais pu voir comment ils travaillaient."

Après s'être longuement interrogé, il s'autorise enfin  à prendre un nouveau départ. Le métier d'électricien lui offre la possibilité de se mettre à son compte, d'exercer ses compétences manuelles et d’être formé rapidement. Il entame un CAP de six mois en reconversion professionnelle dans un Greta, centre de formation pour adulte. "Je conseille à tous ceux qui sont tentés par les métiers manuels de rencontrer des professionnels", précise l'électricien, ravi de la liberté que lui confère son statut d’artisan, même s'il est aussi synonyme de semaines à rallonge. "J'ai trouvé un état d'esprit qui me correspond bien."

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Pour se renseigner

L'Onisep a un site spécialisé pour toutes les voies d'orientation professionnelle : Onisep Ma voie pro



Qu'en pensez-vous ?

1.Posté par Startisanat le 21/09/2014 13:20
Merci pour votre article.
Il n'est jamais trop tard. C'est ce que nous disons avec www.startisanat.org. Le tout est de bien se préparer que ce soit pour une première orientation ou pour une reconversion professionnelle.

2.Posté par ANFRAY Emmanuelle le 16/08/2015 23:04
Bonjour,

Je souhaiterais me reconvertir dans un métier axé sur le verre, j'ai déjà fais des cours du soir en vitrail sur Paris il y a quelques années. Maintenant je suis sur Bordeaux.
Mais j'ai 45 ans...
Merci de me répondre.

Cordialement,

Emmanuelle ANFRAY

3.Posté par avis le 25/08/2015 10:55
quand on a + de 26 ans impossible d'aller ds le manuel. J'ai 30 ans je coute cher.

4.Posté par Michèle Longour le 25/08/2015 17:07
Après 26 ans vous pouvez encore faire de l'alternance avec un contrat de professionnalisation, ce qui reste intéressant pour l'employeur.

Ou bien bénéficier d'une formation pour adultes, qui peut souvent être financée : voir les chambres d'artisanat et le site Startisanat cité plus haut. Dans les métiers qui peinent à recruter, les filières inventent des formations sur-mesure pour aider ceux qui sont motivés à démarrer.

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