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Mieux se connaître grâce aux jeux vidéo

Aventure, jeux de rôle, simulation, stratégie... Nombre de jeux vidéo mettent en scène nos émotions profondes et parfois nos frustrations et nos peurs. Les psy comprennent mieux aujourd'hui ce qui nous poussent à jouer et ce que peut révéler un jeu. Une façon comme une autre d'apprendre à mieux se connaître.



Dans World of warcraft.
Dans World of warcraft.
"Dis-moi à quel jeu vidéo tu joues et comment, je te dirai qui tu es".
C'est ce qu'assurent aujourd'hui les psychologues, encore peu nombreux, qui ont pénétré ces univers virtuels... pour aider des joueurs à voir plus clair en eux.

Vous aimez les rôles de guerrier, de killer implacable, ou de justicier capable d'abattre les monstres les plus hideux ? "C'est sans doute une façon d'exprimer des émotions qui bouillonnent en vous", expliquent-ils. Selon eux, les jeux, bien que souvent basés sur le combat et l'agressivité, ne sont pas à la source de cette violence. Mais ils nous révèlent les pulsions violentes qui sommeillent en nous.

"Je me suis rendu compte que je choisissais toujours le camp des méchants, raconte Antoine, 17 ans. Je pouvais faire des trucs qu'on ne peut pas faire dans la vraie vie". Après avoir discuté avec le psychologue, il a compris qu'il avait en lui un sentiment de colère rentrée qu'il exprimait à travers le jeu".

Laissez parler vos avatars

Que vous soyez un vrai gamer ou un joueur occasionnel, il peut donc être intéressant d'analyser quel rôle ou quelle position vous aimez prendre dans les jeux vidéo. A qui, à quoi ressemblent vos avatars ? Robot bardé d'acier, bombe sexuelle aux gros seins, protecteur des faibles à la Robin des bois. Pourquoi ce choix ? Mieux comprendre ses avatars, c'est en effet découvrir des facettes de soi-même, et finalement mieux se connaître.

"Les jeux vidéo nous permettent de re-créer nos frustrations, nos colères. Ils permettent très souvent de mettre en scène nos pulsions agressives, de transgresser les limites habituelles. Et le monstre contre lequel on se bat, c'est souvent soi-même", assure Michael Stora, psychologue et psychanalyste, grand spécialiste du sujet.

Fondateur de l'Observatoire des mondes numériques en sciences humaines, il compare le jeu vidéo à un "rêve éveillé" qui nous révélerait la part cachée de nous-même.


Face aux échecs : remporter des victoires immédiates

"Call of Duty" : la quête de la victoire.
"Call of Duty" : la quête de la victoire.
Si le jeu vidéo révèle une part de nos complexes et de nos émotions enfouies, il peut aussi venir compenser des échecs.
"Le jeu comble un manque immédiatement. ça peut te permettre de réussir, de gagner : ça te remplit, ça te console (!)",  explique le célèbre pédopsychiatre Marcel Rufo sur un plateau télé à un lycéen en échec. "J'ai commencé à jouer pour tenter d'oublier les problème que j'avais au collège", reconnaît celui-ci.

"Les jeunes que je reçois ont souvent trouvé refuge dans le jeu vidéo alors qu'ils étaient en échec dans leurs études, confirme Michael Stora. Là ils peuvent continuer à vivre des victoire à tout prix, peut-être parce qu'ils ont été élevés avec une exigence de réussite très forte." Le problème, explique le psy, c'est que le remède accentue souvent le mal : "plus les victoires virtuelles sont spectaculaires, moins l'on a envie de s'investir dans le réel où les victoires sont plus difficiles à obtenir".

L'addiction aux jeux vidéo, même si elle est rare, peut en effet exister.

Pourquoi devient-on addict ?


"Le danger qui guette les joueurs excessifs, c'est l'isolement et le désinvestissement des champs affectifs et sociaux", explique aussi le docteur Valleur, de l'hôpital Marmottan à Paris où l'on aide les "cyberdépendants" à s'en sortir.

Bons amis perdus de vue, vie amoureuse en sommeil, manque de motivation et de projets pour l'avenir... si ces signaux clignotent au rouge et que vous êtes un gros gamer qui a tendance à être accro et à confondre le jour et la nuit, alors vous êtes peut-être passés de la passion à l'addiction.
Pas de panique : les lieux d'accueil spécialisés se multiplient et six mois de thérapie suffisent pour en sortir.

Mieux se connaître pour avancer dans la vraie vie

Prendre conscience de ce qui  pousse à jouer peut aussi aider à découvrir en soi un manque, un désordre intérieur ou un désir non exprimé. Et aider à y trouver remède... dans la vraie vie, car il suffit souvent de se rendre compte d'une difficulté pour passer à l'acte dans le réel.

Ainsi Antoine, 26 ans, qui dit être un "hardcore gamer", a dû reconnaître qu'il était frustré de ne pas avoir assez de responsabilités dans son travail. Il a finalement repris une formation et met plus d'énergie dans son projet professionnel. Ce qui ne l'empêche pas de s'accorder encore quelques temps de jeu le week-end sur World of Warcraft !

Joue et connais-toi toi-même : la formule magique pour rester le maître de l'univers des jeux ?

Lieux pour se faire aider :


Samedi 14 Avril 2012
Jonathan Burgès

Qu'en pensez-vous ?

1.Posté par Chris le 20/12/2011 14:34
Très bien cet article sur les jeux vidéos. L'approche est tellement mieux que celle prise dans quasiment tous les articles fait sur le sujet.
Il n'y a pas de morale, de démonification de la chose, juste une description du sujet et quelques conseils, c'est une très bonne approche, ca me parle beaucoup plus comme ca.
On en parle simplement, facilement et c'est exactement ca je recherchais.
J'ai pu prendre conscience de certaines choses en moi et enfin voir que certains de mes voyants commencent à clignoter ! :)
Un grand merci et j'en profite au passage pour dire qu'il n'y a pas que les ados contrairement à ce que beaucoup croit qui peuvent être un peu trop fans des jeux vidéos.
J'ai 28 ans...

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