Métier du patrimoine : suivez le guide, s'il-vous-plaît !


Tags : culture, métiers

Les Journées du patrimoine mettent chaque année les guides-conférenciers sous le feu de la rampe. Mais au fait, que sait-on de ceux qui accueillent touristes ou visiteurs ? Gros plan sur le métier de guide.




Métier du patrimoine : suivez le guide, s'il-vous-plaît !
Passionné d'histoire, Mathylde (sur la vidéo ci-dessous) a commencé par décrocher un master recherche en histoire ancienne à l'université d'Angers, puis un master pro de valorisation du patrimoine... Après avoir obtenu sa carte professionnelle, elle est devenue guide-conférencière et travaille pour la ville du Mans.

"C'est un métier intéressant car je peux transmettre mes connaissances", souligne-t-elle. En revanche, La Ville ne l'emploie pas de façon continue, et Mathylde connaît les difficultés des vacataires... Comme le Patrimoine, le métier a ses splendeurs et ses misères.


Un métier qu'on peut exercer en indépendant

C'est pourquoi la plupart des guides-conférenciers prennent un statut de travailleur indépendant et proposent leurs services à tous ceux qui cela intéressent : particuliers, agences de tourisme...

Marjorie Haffner (dont le Guide Parcours Onisep sur "Les métiers de la culture et du patrimoine" donne le témoignage) est guide-conférencière en Ile-de-France. Grâce à son site internet et au bouche à oreille, elle ne manque pas de travail :

"En plus des demandes des particuliers, racontent-elle, les agences prennent directement contact avec moi, parfois six mois à l'avance ou la veille pour le lendemain. De mai à septembre, on peut travailler 30 jours sur 30. En général, je m'occupe des devis, papiers et factures le lundi." Les autres jours, place aux visites : château de Versailles le matin, expo ou découverte d'un quartier de Paris l'après-midi...

Un métier de médiateur : "Il faut aimer le patrimoine et les gens"

Le métier, comme bien d'autres, se prête aux idées fausses. On pourrait l'assimiler à une promenade permanente alors que le guide-conférencier doit préparer et creuser sans cesse ses connaissances pour se renouveler. "Il faut faire beaucoup de recherches en bibliothèque pour se documenter et rédiger la présentation des différents lieux", décrit Marjorie Haffner.

Deuxième idée fausse, croire qu'il suffit de débiter par cœur un discours devant des vieilles pierres. Or le public, qui peut être composé à la fois de gens très cultivés et d'enfants, ne s'y trompe pas. Le guide doit lui apporter plus. "J'apporte mon enthousiasme et ma passion. J'essaye de montrer que le patrimoine est vivant", assure un jeune conférencier. Les bons guides sont ainsi très appréciés et leur carnets de visite se remplissent vite !

"Je me vois comme un passeur, un connecteur"

"Et puis, il faut aimer les gens", souligne une guide spécialisée dans l'accueil des touristes chinois à Paris. Prendre en compte leurs envies, leurs questions, ne pas moquer leur ignorance et vouloir leur transmettre un peu de ce qu'on aime. "Je me vois comme un passeur, un connecteur entre les gens et ce qui me passionne", dit le jeune guide. Mieux vaut donc avoir des qualités humaines, aimer les contact et les rencontres.

Quelle formation ?

En France, l'accès au métier est réglementé. Il faut être titulaire d'une carte professionnelle délivrée par la préfecture, et pour avoir sa carte, il faut être diplômé d'une licence professionnelle (bac+3) de Guide-conférencier.

Ce diplôme se prépare en un an dans neuf universités :  Angers, Lyon 2, Toulouse Le Mirail, Clermont-Ferrand, Paris-Est, Perpignan, Corse, Paris-Ouest, Littoral, Rennes 2. Pour y accéder, il faut avoir un BTS tourisme, ou une L2 en histoire de l'art, médiation culturelle, archéologie, communication, tourisme-loisirs-accueil-animation, langues étrangères appliquées, langues... Un très bon niveau en langues est requis.

Les diplômés de master (comme Mathylde dans la vidéo) qui ont validé certaines unités d'enseignement peuvent aussi demander la carte professionnelle.

Débouchés trop rares : le prix de la passion ?

Métier du patrimoine : suivez le guide, s'il-vous-plaît !
Etre guide n'est pas toujours simple car l'emploi salarié est rare. Même le fait d'avoir la carte professionnelle n'est pas une assurance car il y a plus de diplômés que de postes à pourvoir.

Le métier est aussi dépendant de la fréquentation saisonnière des sites. Si les CDI existent, les CDD sont la norme. Les guides sont payés à la journée, et parfois même à la visite. Le salaire s’en ressent. Etre guide, surtout chez les jeunes, c'est un peu vivre dans la précarité, avec des revenus pouvant varier du tout au tout selon les mois. C'est sans doute le prix de la passion.
Lundi 19 Septembre 2016
la rédaction

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