Réussir sa vie : des pistes de réflexion pour construire son projet de vie
Réussir sa vie : des pistes de réflexion pour construire son projet de vie

Marie, étudiante en médecine : "J'ai accédé à la 2ème année grâce à l'Alter PACES



Après un échec en PACES, Marie a fait une licence Sciences de la vie à Paris 13. Puis elle a tenté l'Alter PACES, un dispositif expérimental qui permet le passage en deuxième année de médecine. Pari gagnant pour l'étudiante qui se destine au métier de gériatre.




Marie, lauréate en 2016 du dispositif Alter PACES mis en place par l'université Paris 13.
Marie, lauréate en 2016 du dispositif Alter PACES mis en place par l'université Paris 13.
Sur le stand de l'université Paris 13 qu'elle représente lors d'un salon, Marie est rayonnante. Il faut dire que cette étudiante en médecine n'a pas un parcours ordinaire.

Après le bac, elle s'oriente comme des milliers d'étudiants vers la PACES ou Première année commune aux études de santé. "J'ai fait ma P1, raconte-t-elle, mais je n'ai pas réussi le concours et à la fin de l'année, je me suis réorientée vers la licence Sciences de la vie".

A Paris 13 comme dans d'autres universités, cette licence est en effet l'une des filières les plus proches de la première année de médecine, et un certain nombre d'étudiants de PACES y sont même réorientés d'emblée à l'issue du premier semestre lorsque leurs résultats au concours de décembre sont trop faibles.

L'Alter PACES proposée aux meilleurs étudiants de la licence

"Pour moi, la réorientation en science de la vie s'est faite en fin d'année, témoigne Marie, et j'ai dû reprendre une L1 car je n'ai pas eu la moyenne au concours (contrairement aux "reçus-collés" qui peuvent entrer en L2). Mais ensuite, cela s'est très bien passé, j'ai eu ma L1 et ma L2. C'est durant la troisième année de licence (L3) que l'on m'a proposé l'Alter PACES."

Dix universités testent une autre voie que la PACES 

Une dizaine d'universités en France testent depuis 2014 ou 2015 de nouveaux modes de sélection des étudiants des filières santé (médecine, dentaire, pharmacie, sage-femmes). Objectif : diversifier les profils grâce à des passerelles permettant d'accéder à ces cursus sans passer par le sacro-saint concours de la PACES.

Ces expérimentations sont en cours à Angers, Paris 5, Paris 7, Paris 13, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg. Tours, Poitiers et l'université d'Auvergne.

A Paris 5, Paris 7, Paris 13 et Saint-Etienne, les meilleurs étudiants ayant validé deux années de licence de toute discipline peuvent suivre des modules supplémentaires et postuler sur dossier et entretien.

A Rouen, une licence Sciences pour la santé a été créée. Les étudiants de L2 ou L3 ayant plus de 12/20 de moyenne peuvent postuler et passer un oral de motivation.

A Poitiers et Strasbourg, on peut postuler sur dossier et oral après une L2 de sciences du vivant. A l'université d'Auvergne, c'est après une L2 de Sciences pour la santé.

L'université d'Angers est celle qui a proposé le parcours le plus innovant en supprimant la PACES et en la remplaçant par une licence PluriPASS qui offre plusieurs types de débouchés dont l'accès aux études médicales. 

Un bilan sera fait en 2019 et le meilleur système pourra être généralisé.

Une mise à niveau en vidéos, un examen à passer mais pas de concours

A Paris 13, comment fonctionne cette Ater PACES ? "D'abord, il faut déposer un dossier avec une lettre de motivation adressée au responsable de notre licence, explique Marie. Il faut avoir de bonnes notes pendant toutes les années de licence.

Ensuite, si l'on est accepté, on reçoit des vidéos de cours à regarder pour faire une mise à niveau dans certaines matières : bio-physique, anatomie, psychologie, sociologie... Il faut travailler tout cela seul et au mois de mai, passer un examen. Il faut avoir la moyenne dans toutes les matières pour être admis."

Pour Marie, le feu a été vert partout. On imagine sa joie. Mais il lui fallait encore franchir la barre de l'oral.

Un oral de motivation basé sur le projet professionnel

"Je me suis retrouvée face à un jury de 18 enseignants de l'université de médecine, de pharmacie, de dentaire et de la licence Sciences de la vie. Pendant 35 minutes, ils m'ont interrogée sur mon projet professionnel".

Pas de questions de connaissances scientifiques ? "Pas du tout, c'était plutôt comme un entretien de motivation. Pour moi, cela n'a pas été un problème : la médecine, je baigne dedans depuis longtemps car ma mère est médecin, et j'ai expliqué que je souhaite être gériatre".

Evaluer la motivation à être médecin de ceux qui veulent "faire médecine", en voilà une bonne idée ! C'est d'ailleurs un des points qui distinguent ces dispositifs expérimentaux de la PACES classique.
Pour Marie, l'Alter PACES a été une formidable opportunité de réaliser le projet professionnel qu'elle portait : "L'après-midi même de l'oral, on m'a prévenue que j'étais acceptée. Aujourd'hui, je suis en deuxième année de médecine ; il faut pas mal bosser mais j'adore mes études !"

Une voie d'accès trop négligée des étudiants

Pourtant, les étudiants de la licence Sciences de la vie à qui cette voie de rebond est offerte sont encore peu nombreux à la tenter. En 2015-2016, deux étudiants seulement se sont présentés... et Marie a été l'unique bénéficiaire du dispositif à Paris 13. 

"Il y a pourtant 12 places, soit 20% du numerus clausus qui sont réservées à des étudiants venant de l'Alter PACES, souligne Eric Assier, responsable de la licence Sciences de la vie à Paris 13. Les étudiants qui échouent en PACES ont tendance à préférer redoubler, alors que l'Alter PACES offre une voie plus adaptée à ceux qui sont moins bien armés pour un concours."

Moins de pression mais une grosse charge de travail tout de même

Qu'en pense Marie, l'heureuse lauréate du dispositif ? 

"La pression est moindre, car il n'y a pas la pression du concours, mais la charge de travail reste lourde, dit-elle. Au deuxième semestre de L3, j'étais en bibliothèque tous les jours : le matin, je travaillais la licence et l'après-midi l'Alter PACES."

Un travail régulier et persévérant qui lui a permis de décrocher une licence et un ticket pour une carrière médicale. Des parcours qui devraient se multiplier ces prochaines années si ce type d'expérience se généralise.


Jeudi 1 Décembre 2016


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