Mali : des artistes maliens lancent Maliko, la chanson pour la paix


La chanteuse Fatoumata Diawara et 37 artistes maliens ont enregistré le single "Maliko". Une chanson qui appelle à la paix et à la réconciliation au Mali, alors que le nord du pays subit la violence et s'enfonce dans la guerre.





Fatoumata Diawara, voix de la sorcière dans la comédie musicale Kirikou
Fatoumata Diawara, voix de la sorcière dans la comédie musicale Kirikou
Le 17 janvier 2013, Fatoumata Diawara était à Bamako pour le lancement de Mali-ko (qui veut dire "pour la paix"), un single qu'elle a enregistré avec 37 autres artistes maliens.

"il y a une urgence au Mali, a-t-elle expliqué au micro de France-Inter, et la chanson, c'est notre arme à nous artistes et c'est avec cette arme que nous voulons défendre notre pays, sa dignité, sa culture".

Fatoumata raconte comment elle a commencé par composer la chanson sur sa guitare, puis l'a enregistré en chantant elle-même durant 2-3 minutes et en proposant à d'autre artistes maliens de la prolonger avec une multitudes de couplets et variations. On y découvre nombre de voix maliennes comme Toumani Diabaté, Amadou et Mariam, Oumou Sangaré, Bassékou Kouyaté, Koko Dembélé, Tiken Jah Fakoly...


Beacoup de rappeurs évoquent les violences subies par les femmes

Les artistes ne se contentent pas d'appeler à la paix, ils évoquent très clairement dans leurs paroles la situation difficile du Mali, notamment dans les régions du nord où les groupes islamistes imposent déjà leur loi depuis des mois.

"Quand j'ai composé la chanson, j'ai d'abord eu peur de brutaliser mes frères artistes, dit Fatoumata. Mais je me suis rendu compte que chacun avait quelque chose à dire par rapport à son pays. Par exemple beaucoup de rappeurs se sont exprimés par rapport aux jeunes filles violées, battues, aux hommes qui ont des mains coupées, aux injustices au Nord. Le Nord, ce sont nos frères !".

Particulièrement symbolique dans un pays où manque l'unité, les 37 artistes appartiennent à toutes les régions du Mali : Amanar de Kidal, Afel Bokoum de Niafunké,  Habib Koité de Kayes... "Du nord, du sud ou de l'ouest, ils se tiennent la main, conclut Fatoumata. J'espère que cela va soulager le coeur des Maliens car nous pleurons tous. Une telle situation, on ne l'aurait jamais imaginé ! Au nord, il n'y a plus de vie, ce sont des exactions, des violences, les jeunes filles ne peuvent plus sortir de chez elles. certains artistes du nord eux-mêmes ont perdu leur maison et leurs instruments et si la France n'intervenait pas, dans six mois il n'y avait plus de musique malienne"...

Un témoignage émouvant à faire circuler alors que l'intervention de la France se heurte sur le terrain à de vives résistances.


Vendredi 18 Janvier 2013
la rédaction

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