Logement étudiant : le secrétaire d'Etat au logement proteste contre "les loyers démesurés"


Dans le quotidien Libération du 20 septembre, Benoist Apparu s'insurge contre les loyers démesurés demandés pour de petits logements. Il donne six mois aux professionnels pour faire des propositions et menace de plafonner le prix du mètre carré.





Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement
Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement
"Secrétaire d'Etat recherche studette, prix à débattre". C'est sous ce titre provocateur que le journal Libération présente le 20 septembre 2010 son enquête réalisée par un journaliste en compagnie du secrétaire d'Etat en charge du Logement, Benoist Apparu. Bonne idée car c'est une chose que de s'occuper du logement dans les locaux ministériels parisiens, et une autre de courir les petites annonces lorsqu'on est étudiant.

Benoist Apparu a donc joué le locataire anonyme intéressé par l'un de ces minuscules studios que s'arrachent les étudiants entre juillet et octobre. Et il n'a pas été déçu ! Car on lui a bien fait visiter très sérieusement un 9m2 à... 690 euros au 6ème étage sans ascenseur, une chambre de 10m² avec W.C sur le palier à 580 euros, ou un petit logement de 12m² loué pour un total de 710 euros. Prix à débattre ? Même pas, car les propriétaires ou les professionnels de l'immobilier savent que le marché leur est favorable : dans les villes comme Paris ou Lyon, la pénurie de logements étudiants leur permet de pratiquer des prix largement abusifs.

Plafonner le prix du mètre carré ?

Du coup, Benoist Apparu demande aux professionnels de l'immobilier de lui faire des "propositions" d'ici mars 2011. "Si je n'ai pas de réponses convaincantes, j'envisagerai l'arme de la réglementation. Le gouvernement prendra ses responsabilités", ajoute le secrétaire d'Etat au Logement. "Sur le principe je ne suis pas opposé à un plafonnement du mètre carré, à un maximum que l'on ne peut pas dépasser", affirme-t-il.

C'est la deuxième fois en quelques mois que le gouvernement s'émeut des conditions de location faites aux étudiants. Le secrétaire d’Etat à la Consommation, Hervé Novelli, a déjà jugé "insupportables" en août 2010 les "clauses abusives" que l'on trouve dans des contrats de location de logements pour les étudiants. Les services de la Répression des fraudes ont contrôlé en 2009 les contrats de 1200 agences immobilières dans 19 villes.

Résultat : un contrat sur dix contient des clauses abusives : publicité mensongère, tromperie sur les caractéristiques du logement, limitation de la responsabilité du bailleur, interdiction d’héberger des amis ou d’avoir un animal familier, résiliation du bail sans préavis, conservation du dépôt de garantie en cas de résiliation… M. Novelli a annoncé "une vague de contrôle renforcés" à la rentrée 2010, n’excluant pas "de réfléchir à des sanctions administratives ".

Les grandes villes comme Paris ou Lyon sont les plus touchées. "A Lyon, raconte Marine qui débute des études dans cette ville et n'a pas encore de logement, je ne trouve rien de correct à moins de 400 euros. Mon APL ne suffit pas; Des amis avaient pris une colocation à trois, mais le logement était insalubre, ils ont dû dénoncer leur contrat et se retrouvent sans rien..."

Pour éviter de vous faire avoir :
- consultez les fiches logement de l'Institut national de la consommation
- Notre article Colocation mode d'emploi
- Notre rubrique Logement


Vendredi 18 Février 2011

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