La révolte est-elle toujours juste ?



Chantée par les poètes, brandie par des philosophes ou des groupes opprimés, la révolte est une des clés de la culture moderne. Mais est-elle toujours fidèle aux valeurs humaines qu’elle entend défendre ? Philosophe et auteur d’un livre sur le sujet, Bernard de Castéra nous fait partager sa réflexion.




La révolte est-elle toujours juste ?
Quelles sont chez l'Homme les racines de la révolte et pourquoi, depuis des siècles, les sociétés voient-elles exploser révolutions, frondes, coups d’Etat, émeutes ou rébellions ? "Là où il y a une révolte, il y a une conscience et une conviction, une lucidité et une volonté, répond Bernard de Castéra, auteur de "La révolte est-elle juste ?"… Et "Plus la révolte est profonde, plus elle révèle un sens élevé de la Justice et du bien".

Se référant à Albert Camus ("L'Homme révolté"), il explique que les révoltes les plus "sacrées" sont celles qui surgissent lorsque la personne humaine est niée dans ses droits les plus fondamentaux. La révolte serait donc révélatrice d'une nature humaine dotée d'une dignité spécifique...


Pourquoi des révoltes tournent-elles souvent au bain de sang ?

Pas besoin d’être un grand historien pour savoir que bien des révolutions ont fini par trahir leurs idéaux, et parfois tourner au bain de sang ou au régime totalitaire.
A cela deux raisons majeures : la quête d'une égalité que l'on veut absolue entre les êtres finit par nier les droits de chaque personne ; et une interprétation extrême du concept de liberté peut aboutir à justifier le crime, le suicide et la destruction. Quand la révolte poursuit une idéologie, elle s'enferme vite sur un totalitarisme, et finit par oublier les droits de la famille humaine qu'elle entendait servir au départ.
 


Qu'est-ce qu'une juste révolte ?

Si toutes les révoltes ne sont pas justes, certaines le sont tout de même. Ainsi la Résistance au régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale, qui parvint à débarasser l'humanité d'un régime criminel. Comment définir alors le cadre de la "juste révolte" ? Comment, surtout, peut-elle le rester sans se fourvoyer dans une violence gratuite et comment canaliser l'énergie exprimée par les hommes révoltés pour reconstruire un ordre plus juste et plus humain ?
Bernard de Castéra affine là son propos pour suggérer des voies de révolte non-violentes qui n'en sont pas moins efficaces contre la tyrannie.


Les indignés, qu'en pensez-vous ?

Il était tentant, à la fin de cet entretien, de revenir à une actualité récente qui a vu descendre dans la rue des foules "d'indignés" : jeunes et moins jeunes, de Madrid à New York, qui répondant à l'appel du livre du Stéphane Hessel ("Indignez-vous !") ont voulu dire leur ral-le-bol face à la crise économique et l'impuissance des politiciens.

Qu'en pense l'enseignant en philosophie, proche des lycéens et des étudiants ? Ce type de mouvement ne constitue-t-il pas une "juste révolte" ? Si le mouvement attire spontanément la sympathie voire la solidarité, le manque de clarté de ses contours et de son projet constitue selon lui une faiblesse, et même un danger...


Pour aller plus loin


Samedi 8 Juin 2013

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