Jeunes décrocheurs : un plan pour raccrocher les études ou une formation



L'Education nationale lance un dispositif pour permettre aux jeunes qui ont quitté l'école sans diplôme et qui sont sans emploi de trouver une solution. Objectif : permettre à 20000 jeunes de raccrocher à une formation ou un emploi d'ici la fin 2013.





Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale.
Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale.
On l'a un peu oublié mais François Hollande s'était engagé durant sa campagne à diviser par deux le nombre de "décrocheurs" d’ici la fin du quinquennat et à offrir à tout jeune déscolarisé de 16 à 18 ans une solution de formation ou un service civique.

Car le problème n'est pas nouveau en France, hélas : 140 000 élèves sortent tous les ans sans diplôme du système éducatif. Quand on sait que le taux de chômage des non-diplômés approche les 50% cela veut dire qu'environ un sur deux est condamné au chômage.

Le dispositif "Objectif formation-emploi" que Vincent Peillon a présenté le 4 décembre 2012 veut permettre à 20 000 de ces jeunes de raccrocher de manière effective d'ici fin 2013. Il ne réinvente pas tout, car le gouvernement précédent, notamment Martin Hirsch, l'ancien haut-commissaire à la jeunesse aujourd'hui président de l'Agence du service civique avait déjà lancé nombre d'initiatives. Mais le dispositif veut mieux utiliser les dispositifs qui existent déjà, mieux les coordonner et surtout renforcer le suivi et l'information des jeunes.

Les mesures clés pour aider les jeunes déscolarisés

Un contrat "Objectif formation-emploi" va être proposé à chaque jeune décrocheur avec un parcours personnalisé de retour en formation et l’accompagnement d'un tuteur.

À partir de début décembre 2012 (donc dès maintenant), tous les jeunes seront appelés un par un et se verront proposer une solution : cela commencera par un entretien personnalisé pour discuter de ses besoins et de ses souhaits et l'aider à bâtir un projet. Puis un retour en formation lui sera proposé soit en formation initiale dans un établissement scolaire "classique", soit dans une classe spécifique pour jeunes en situation de décrochage, soit par apprentissage, soit encore en formation continue ; d’autres solutions, hors du champ de l’éducation nationale, peuvent également être offertes (service civique par exemple). 

Le plan prévoit que le jeune sera accompagné par un tuteur tout au long de sa nouvelle formation et des points de situation réguliers sont effectués
Jeunes décrocheurs : un plan pour raccrocher les études ou une formation

Un référent ''décrochage'' dans les établissements scolaires

Le plan prévoit aussi de mieux coordonner dans des réseaux les services qui existent déjà (!) comme les  360 plates-formes d'appui et de suivi des décrocheurs, et  les acteurs de l’éducation nationale (Mission générale d'insertion, proviseurs de lycées professionnels, etc.)

Dans les établissements les plus touchés par le phénomène un référent sera chargé de la lutte contre le décrochage. Si les élèves sont souvent bien suivis durant la scolarité, il suffit en effet souvent d'un échec à un examen pour décourager le malchanceux qui ne trouve pas de place pour redoubler ou n'en a pas le courage...

Des places en lycée professionnel, en micro-lycée

Cela veut dire que les services suivant les décrocheurs vont se "bouger" pour trouver des places à ceux qui ont souvent l'impression que personne ne veut d'eux ! Ainsi, chaque année, nous sommes témoins sur les forums de reussirmavie.net de la difficulté de lycéens ayant échoué au bac à trouver une place ou une solution.

C'est d'autant plus dommage que nombre de places restent disponibles souvent dans les lycées professionnels, notamment dans les filière industrielles qui sont très recruteuses ! Le plan prévoit donc de mobiliser "des places disponibles dans les formations menant à des métiers ayant des besoins de recrutement avérés et le développement de structures spécifiques pour les jeunes en situation de décrochage".

Les réseaux Objection-formation-emploi iront aussi chercher des places dans les micro-lycées : des établissements innovants à la pédogogie différente souvent adaptée aux élèves en difficulté ou en rupture avec le système : le micro-lycée de Sénart ou du 93, le lycée de la nouvelle chance de Villeurbanne, Le pôle innovant lycéen (Pil) au sein du lycée professionnel Lazare Ponticelli (Paris 13e), Le chantier-école du lycée René Char d'Avignon, Le collège et lycée élitaire pour tous (Clept) de Grenoble...

Le réseau des Ecoles de la deuxième chance (E2C) pourra aussi être utilisé. Le problème de l'information étant réel, un catalogue, principalement à destination des acteurs de la lutte contre le décrochage, recensera l'ensemble des solutions de formation pouvant être proposées aux jeunes.

Des solutions combinées service civique-formation

Enfin, le ministère envisage de créer une nouvelle solution utilisant le service civique : ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans sans aucune condition de diplôme, le service civique créé par Martin Hirsch propose six à douze mois de volontariat dans une association ou une collectivité. Il n'est normalement pas assorti de formation, même si un point d'orientation est fait à la fin du service et s'il aide souvent à retrouver sa voie.

Pour les décrocheurs, le gouvernement et l’Agence du service civique veulent s'unir pour proposer à des jeunes décrocheurs des solutions mêlant projet de formation et mission d’intérêt général. Il y aurait deux possibilités :

L'option avec service civique à plein temps : le jeune décrocheur se voit proposer un service civique à temps plein et il est en parallèle suivi, pendant toute la période, par un référent de l’éducation nationale. En profitant de cette première expérience du monde du travail, il pourra reprendre confiance et s’investir dans un projet personnel et professionnel.

L'option en alternance ou le jeune alternerait entre une mission de service civique et une formation au sein d’un établissement scolaire. Le jeune effectuera par exempleson service civique trois jours par semaine pendant 21 heures (dérogation horaire acceptée par le service civique) avec des missions identiques à celle d’un engagé volontaire à temps plein. Les deux autres jours, il sera accueilli par un établissement scolaire pour un maximum de 12 heures.

Les jeunes ayant opté pour cette formule pourront, soit être regroupés au sein d’une même classe (avec un effectif de 15 maximum), soit être intégrés à une classe existante. Une solution de formation sera proposée à chacun d’entre eux à l’issue du service civique : apprentissage, contrat de professionnalisation ou emploi.

Des nouveaux services numériques pour informer les jeunes

La difficulté à se procurer de l'information, surtout si l'on n'est pas aidé par sa famille, est en effet énorme. C'est pourquoi le plan Peillon prévoit de créer de nouveaux services numériques au sein de l'Onisep pour les décrocheurs.

"C’est à travers les sites sur lesquels ils naviguent le plus fréquemment, et notamment sur les réseaux sociaux, qu’ils sont le plus susceptibles d’être touchés par des informations pouvant les aider concrètement, explique le ministère. À condition qu’ils puissent accéder à ces dernières de manière simple et rapide".
C’est pourquoi l’Onisep propose un outil de géolocalisation des solutions et un "tchat" interactif avec des conseillers.
Le service de géolocalisation des lieux d’accueil conduira le décrocheur, en une seule saisie (son code postal) et un seul clic, jusqu’aux structures d’accueil les plus proches. Le module de recherche, qui accepte tous les codes postaux de France, proposera des solutions dans un rayon croissant autour du lieu choisi par l’internaute. Ce service sera d’abord réalisé sous la forme d’un site, puis fera dans un deuxième temps l’objet d’une application pour smartphone.

Egalement Un service interactif de "tchat" sera dédié aux décrocheurs sur www.monorientationenligne.fr/qr/ Ce type de service est déjà en place sur Amiens, Bordeaux, Nantes, Paris Idf, Grenoble, Fort-de-France. On pourra y trouver une réponse rapide et précise !
Ce service de "tchat" sera d’abord accessible sur un site puis dans un second temps, par le biais d’une application mobile, en lien avec le service de géolocalisation.

Lire aussi :
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Des lycées différents pour rebondir après l'échec
Notre rubrique Jeunes sans formation


Lundi 4 Février 2013
la rédaction

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