Jeune et bénévole : "on s'enrichit du bonheur des autres"



Les bénévoles sont des agents de l'ombre, des "petites mains", et beaucoup n'ont même pas 25 ans. Ainsi les lauréats du prix Jeune et bénévole. Ils nous partagent ce qui les rend chaque jour un peu plus vivants.






Jeune et bénévole : "on s'enrichit du bonheur des autres"
Bénévolat. Littéralement : "qui veut du bien". D'ailleurs, remarquez une chose, celui qui veut du bien ne le fait jamais pour le bonheur de son portefeuille. Le bénévole œuvre gratuitement, toujours.

Ainsi les lauréats 2013 du prix Jeune et bénévole. Ils s'appellent Aurélie, Elodie, Jean-François et Manitra. Ils ont de 15 à 25 ans, et se sont distingués par un engagement de feu dans la vie associative.

Le bénévolat, tissé d'une indicible aventure


Ces quatre là ont quelque chose du don peu courant, et les rencontrer est une aubaine. Ils ont chacun une histoire singulière à raconter, quelque chose qui leur a été donné et que quelques mots ne suffisent pas à résumer. 

C'est peut-être pour cela que le bénévolat exerce aujourd'hui cette fascination. Quand même il est réduit à des slogans, on le découvre au fond tissé d'une indicible aventure.

Jean-François, élève ingénieur : il dirige son association humanitaire

C'est au moins l'avis de Jean-François, 22 ans, pour qui l'action bénévole a trop souvent été résumée "à des mots-clefs".

En donnant 5 à 8 heures par semaine à son association "La Transaharienne" dont il est le président, il échappe aux critiques faciles et aux stéréotypes. Le dessein de la petite communauté composée uniquement d'étudiants est de réunir du matériel scolaire pour les enfants du Maroc. Certes, "Il y a toujours une méfiance vis-à-vis des œuvres à l'étranger…le néo-colon n'est jamais loin", reconnait-il, mais après son séjour sur place, dans les régions reculées du Maroc, il se rend compte qu'il n’a pas besoin de s'imposer pour donner ce qu'il a. 

Jean-François pourrait tout à fait se contenter de ses études d'ingénieur, à l'ISEP à Paris. Beau garçon, humble, attentif aux questions qu’on lui pose, on en vient à conclure que le don, chez lui, est quelque chose de l'ordre du surcroît. 


Manitra : avec le Secours catholique, elle aide les plus démunis

L'histoire de Manitra est hors du commun. Lorsqu'elle quitte Madagascar pour la métropole à l'âge de 21 ans, elle ne s’imagine pas déchanter aussi vite. "L'Eldorado" comme elle dit, s'est révélé être un rien gonflé de rêve.

Coup classique : après avoir travaillé comme journaliste dans son propre pays, elle abordait la rive dorée de l'Europe dans le but de poursuivre des études de communications dans l'agglomération dijonnaise.

Après avoir été sortie de la galère, elle y retourne, mais de l'autre côté


Mais voilà, problèmes de logement, complications financière, tout cela de la contraindre à une précarité dont elle ne se remet pas. Ses soirées d'étudiantes, la jeune malgache finit par les passer dans des hôtels où elle a trouvé un modeste abri. Lorsque Manitra se décide à appeler les services sociaux qui la renvoient vers le Secours catholique, c'est "une délivrance".

Et c'est l'ironie des choses : après avoir été sortie de la galère, elle y retourne, mais de l'autre côté cette fois-ci. Elle s'engage en effet au secours catholique de Dijon et vient en aide aux personnes démunies. La jeune lauréate  a cette radicalité de la gratitude, elle sait donner ce qu'elle a reçu, sans le commenter à coups de tambours et trompettes.



Aurélie : de histoire de l'art aux enfants des 'Papillons blancs"

Les plus pauvres, et les plus petits. C'est vers ces derniers que nous emmène Aurélie, 23 ans. Elle sera bientôt doctorante en Histoire de l'art.

Pour l'instant, elle raconte son bout de chemin avec Coline, une enfant trisomique. Si le jury a été touché par son témoignage,suggère-t-elle, c'est peut-être dû au fait qu'elle a repris son action aux "Papillons blancs" après une interruption pendant son passage à l'école du Louvre.

"Je voulais faire du bénévolat à tout prix"

Elle aurait pu s'arrêter là, fière d'elle. Mais elle "voulait faire du bénévolat à tout prix".  Avec sa longue mèche foncée qui cache son front, sa voix posée, elle nous évoque rapidement Assim, son nouveau compagnon de route qu'elle accompagne à la crèche ou à son domicile. Chez Aurélie, il est clair que les mots ne suffisent plus.

D'ailleurs, elle ne les utilise jamais auprès des personnes dont elle s'occupe : elle parle "sans la parole" un langage muet. 



13 millions de bénévoles... et vous peut-être

Il est vrai que notre époque cherche moins de grands apologètes que des modèles de vie. Des mots, il en faut, mais les œuvres viennent les parachever.

En France, malgré l'individualisme ambiant, le bénévolat n'a fait qu'augmenter. Avec ce chiffre exorbitant : 13 millions de citoyens sont engagés dans une association à raison d'au moins deux heures par semaine.

La véritable économie parallèle est ici… auprès des plus pauvres.

Pour s'engager comme bénévole :
- la plateforme Espace Bénévolat (www.espacebenevolat.org) vous permet de choisir votre engagement et votre association, qu'il soit ponctuel ou prolongé
- Egalement www.francebenevolat.org
- En savoir plus sur le concours Jeune et bénévole

Lire aussi :
Ils sont bénévoles et ça les rend heureux
Volontaire pour une mission de solidarité internationale

Vendredi 20 Décembre 2013
Paul Piccarreta

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