Jean-Paul II, l'amour de l'homme, le courage de la foi


Prêtre, puis évêque et cardinal polonais, Karol Wojtyla a été le 263ème pape de l'Eglise catholique de 1978 à sa mort en 2005. Celui qui avait pris le nom de "Jean-Paul II" a marqué par son "N'ayez pas peur !" lancé à l'humanité. Portrait de celui que l'Eglise a déclaré "saint".




Jean-Paul II, l'amour de l'homme, le courage de la foi
A sa mort en 2005, les foules ont afflué à Rome en s'écriant "Santo subito", ce qui signifie "Saint, tout de suite !". On se rappela alors que 55 ans plus tôt, en 1950, des étudiants polonais s'amusaient à écrire "futur saint" sous le nom de leur aumônier, le père Karol Wojtyla.

De cette vie si dense, sur laquelle ont été publiés des centaines de livres, retenons quelques temps forts, repères lumineux qui peuvent donner envie d'aller plus loin.

Une jeunesse qui éprouve son courage et forge sa foi

Karol Józef Wojtyła est né à Wadowice, en Pologne, en 1920, dans un pays soumis au joug soviétique. Il perd sa mère à 9 ans, son frère aîné à 12 ans, et son père en 1941, alors qu'il est jeune étudiant en littérature. Il reste marqué par la foi profonde de son père, mais se verrait bien homme de théâtre.

Quand les forces de l'occupation nazie ferment l'université de Cracovie en 1939, le jeune Karol part travailler dans une carrière puis à l'usine chimique Solvay pour gagner sa vie et éviter la déportation en Allemagne.

C'est pendant la guerre aussi qu'il entre au séminaire clandestin de Cracovie. En racontant ce qui l'a poussé à devenir prêtre, il évoquera le travail secret en lui des textes de la Bible, vraie "Parole de Dieu". "Si je porte plus loin mon regard, écrira-t-il dans Ma vocation Don et mystère, je me rends compte que, à travers beaucoup d’autres milieux et d'autres personnes, se sont exercées sur moi des influences positives par lesquelles Dieu m'a fait entendre sa voix : ma famille, les ouvriers de l'usine Solvay, les Salésiens de la paroisse de Debniki, les pères carmes, le père Kazimierz Figlewicz, Marie, le saint frère Albert, le sacrifice des prêtres polonais, la bonté vécue au milieu des rigueurs de la guerre".

Il est ordonné prêtre le 1er novembre 1946.

Le mystère du mariage et de l'amour humain le fascine

En Pologne, le jeune prêtre suit des étudiants et des couples. Le mystère du mariage et de l'amour humain le fascine.

"Quand j'étais jeune prêtre, dira-t-il, j'ai appris à aimer l'amour humain. C'est l'un des thèmes sur lesquels j'ai axé tout mon sacerdoce, mon ministère dans la prédication, au confessionnal et à travers ce que j'écrivais. Si l'on aime vraiment l'amour humain, on ressent le besoin urgent de s'engager de toutes ses forces en faveur du grand amour".

En même temps il poursuit des études de philosophie et de théologie, méditant le mystère de l'Homme, créé par amour et pour l'amour. Nommé évêque en 1958 puis archevêque de Cracovie en 1964 et cardinal, il écrit "Amour et responsabilité", un grand livre dans lequel il développe sa vision philosophique du mariage et de la sexualité.

Il apporte déjà toute cette expérience en participant aux travaux du Concile Vatican II (1962-1965) qui cherche à ouvrir davantage l'Eglise sur le monde. On remarque alors son talent pour les langues et la théologie.

Elu pape, il dit au monde entier : "N'ayez pas peur !"

Le 16 octobre 1978, il est élu pape et prend le nom de Jean-Paul II (en hommage aux deux papes précédents : Jean XXIII et Paul IV). C'est le premier pape non italien depuis 1520.

Quelques jours plus tard, le 22 octobre 1978, il prononce un discours dont l'appel restera célèbre : "N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ. À sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des Etats, des systèmes politiques et économiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du développement. N'ayez pas peur ! Le Christ sait ce qu'il y a dans l'homme ! Et lui seul le sait !"

Durant tout son pontificat, il fait résonner cet appel en se rendant dans 129 pays, rencontrant les catholiques mais aussi les chefs d'Etat et les responsables des autres religions. Son leitmotiv : proposer la foi et défendre l'Homme dans sa dignité, sa liberté, ses droits humains, politiques et spirituels. Il s'oppose à l'idéologie communiste et encourage la chute du bloc soviétique en Europe de l'Est. Il condamne aussi les excès du capitalisme, refusant "la primauté des choses matérielles sur l'Homme".

Victime d'un attentat, il pardonne à son agresseur

Le mercredi 13 mai 1981, il est victime d'un attentat alors qu'il tient son audience hebdomadaire à Rome, sur la place Saint-Pierre. Un homme d'origine turque, Mehmet Ali Ağca lui tire dessus. Il subit une opération de cinq heures dont il restera toujours affaibli.

Des mois plus tard, il rend visite à son agresseur en prison et lui accorde son pardon.

En 1985, il lance les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ)

Jean-Paul II, l'amour de l'homme, le courage de la foi
Dans ses voyages, Jean-Paul II aime s'adresser aux jeunes. Il place en eux une si grande confiance, qu'il veut en faire les promoteurs de la "nouvelle évangélisation".

En 1985, il lance les "Journées mondiales de la jeunesse" (JMJ), de grands rassemblements mondiaux qui auront lieu tous les 2-3 ans dans un pays du monde. A chaque JMJ, il rencontre les participants pour fortifier leur foi.

"Jeunes, levez plus souvent les yeux vers Jésus-Christ !, dit-il. Il est l'homme qui a le plus aimé, et le plus consciemment, le plus volontairement, le plus gratuitement ! Méditez le testament du Christ : "Il n'y a pas de plus grande preuve d'amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime". Contemplez l'HOmme-Dieu, l'homme au coeur transpercé ! N'ayez pas peur !".

Il invite tous les religions du monde à prier pour la paix à Assise

Durant tout son pontificat, il multiplie les gestes d'ouverture et de fraternité envers les autres religions, mettant en pratique l'ouverture prônée par l'Eglise lors du concile Vatican II.

"Vous êtes nos frères bien aimés, et en un certain sens nos frères aînés", dit-il aux juifs à la synagogue de Rome le 13 avril 1986. Le 27 octobre de la même année, il invite les représentants de toutes les grandes religions à se retrouver à Assise en Italie, pour une Journée mondiale de la prière. L'événement est une première.

Ce même jour, le pape "fait acte de repentance" : il reconnaît que les catholiques n'ont pas toujours été des bâtisseurs de paix. Dans les années 90, il multiplie ces démarche de pardon et de repentance pour les fautes commises par des membres de l'Eglise dans l'histoire.
Ce mouvement culmine lors de l'An 2000 (où l'on célèbre les deux millénaires écoulés depuis la naissance du Christ) quand Jean-Paul II renouvelle à Jérusalem sa demande de pardon envers les juifs pour l'antisémitisme des chrétiens. Il se recueille devant le mur des lamentations et y glisse le papier de sa propre prière, selon la tradition juive. (Voir la vidéo)

Il partage la souffrance des malades et s'unit à la croix du Christ

Durant les dernières années de sa vie, Jean-Paul II est très affaibli. Il souffre de la maladie de Parkinson, a dû subir plusieurs opérations, et fait plusieurs chutes. Il vit cela comme une épreuve ultime pleine de sens qui le rapproche des hommes et des femmes souffrants et malades.

"Je suis avec vous, chers frères et sœurs, comme un pèlerin auprès de la Vierge, dit-il en 2004 aux malades lors d'un voyage à Lourdes. Je fais miennes vos prières et vos espérances ; je partage avec vous un temps de vie marqué par la souffrance physique, mais non pour autant moins fécond dans le dessein admirable de Dieu."

Encore une fois, le pape trouve surtout sa force dans la foi, et particulièrement dans la foi au Christ mort sur la croix par amour pour les hommes. A ceux qui raillent ce pape vieillissant qu'ils auraient voulu voir démissionner, il aurait d'ailleurs répondu : "Le Christ ne descend pas de la croix".

En mars 2005, il contracte une grippe qui s'aggrave. Il refuse l'hospitalisation et s'éteint le 2 avril 2005, huit jours après Pâques.

Le 3 juin 2005, une religieuse française est guérie soudainement de la maladie de Parkinson après s'être confiée à l'intercession de Jean-Paul II. Un des premiers "miracles" qui permettra à l'Eglise catholique de le canoniser, c'est-à-dire de le déclarer "saint".

Mardi 13 Mai 2014


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