Infirmier(e) : un métier de coeur et d'action



C'est un beau métier, basé sur les relations humaines et le geste concret. Et qui assure des débouchés variés, avec des spécialisations souvent méconnues. Coeur de métier, évolution de carrière, débouchés et contraintes...




Infirmiers, infirmières, on vous aime !

Infirmier(e) : un métier de coeur et d'action
"Ce qui m'a attirée dans ce métier, c'est l'humanisme, l'empathie, l'amour du relationnel"... Infirmière depuis 15 ans, Agnès a toujours des étoiles dans les yeux pour parler de sa profession et ce n'est pas si courant.

D'autant que le métier a beau susciter la passion, il n'est pas facile tous les jours. "Actuellement, on souffre dans les hôpitaux, reconnaît Agnès, non pour parler de la souffrance des malades mais du malaise et du stress des soignants. Le manque de personnel pèse sur les équipes..."
A tel point que les débouchés, très larges au début des années 2000, ont commencé à se restreindre "à cause des restrictions budgétaires et des suppressions de poste, mais aussi du raccourcissement des séjours des malades à l'hôpital", explique Agnès.

Mais cela n'empêche pas les candidats, parmi lesquels de plus en plus de garçons, de frapper à la porte des Ifsi (les instituts de formation en soins infirmiers), parce qu'ils veulent "un métier qui aient du sens" et permette "de se sentir utile".

Avez-vous le profil ?

Infirmier(e) : un métier de coeur et d'action
"Pour moi, le métier allie à la fois les compétences techniques et relationnelles, explique une infirmière devenue cadre supérieur de santé à l'hôpital Bichat à Paris. Il nécessite de la rigueur scientifique mais en même temps, des qualités humaines. En plus, c'est un métier qui demande aussi une certaine habileté manuelle, de la dextérité, de l'organisation car il est multi-tâches. Il faut aimer bouger, ne pas 'avoir les deux pieds dans le même sabot'.
Il faut aussi aimer le geste technique et être capable de manier des matériels assez complexes, même si selon les services, les gestes sont plus ou moins techniques".
 
"L'infirmière est proche du malade,
c'est elle qui va sécher les larmes, et tenir la main"

"C'est un métier basé sur le relationnel, c'est ce qui fait notre force, estime quant à elle, une infirmière cadre de l'hôpital de Royan. Personnellement, j'ai commencé en 78 et je suis toujours là. Je n'ai jamais regretté de ne pas être médecin car l'infirmière est plus proche du malade, c'est elle qui va sécher les larmes, et tenir la main. Ce qui n'empêche pas certains ou certaines de se passionner pour les aspects techniques du métier..."

Pas un métier, mais 50 métiers selon les services et les structures

Infirmier(e) : un métier de coeur et d'action
Tous les professionnels insistent aussi sur la grande variété des postes et des structures où l'on peut travailler : en hôpital public, mais aussi privé. Dans une maison de retraite, un dispensaire, un collège-lycée (comme infirmière scolaire). Il est aussi possible de s'installer comme indépendant pour être infirmier(e) libérale et aller faire des soins à domicile. Ce qui n'empêche pas, un jour, de partir en mission humanitaire.

A l'hôpital, le choix du service donne aussi une couleur différente au métier : rapide et efficace aux urgences, tout en écoute en gériatrie, technique en néonatologie pour les soins aux prématurés...

Ensuite, il est possible de choisir une spécialisation :
Pour être infirmier en  bloc opératoire (IBODE), il faut suivre une formation supplémentaire de 18 mois. Autre spécialisation (deux ans de formation), celle d'infirmier anesthésiste diplômé d'Etat (IADE). Ou bien celle de puéricultrice (18 mois), qui permet d'accéder à un autre métier et par exemple de prendre la direction d'une crèche.

On peut aussi changer d'hôpital : "Au cours de ma carrière à l'Assistance publique, j'ai pu connaître 5 hôpitaux différents", se félicite une infirmière.

Des débouchés un peu moins ouverts

Côté débouchés, les opportunités sont un peu moins larges qu'il y a quelques années. Les restrictions budgétaires ont gelé nombre de postes dans les hôpitaux, notamment en province et en particulier dans l'Ouest.

Les jeunes diplômés ne trouvent donc pas forcément de CDI d'emblée dans la spécialité qui les intéresserait à l'hôpital. "On trouve plus facilement un poste en gériatrie ou en psychiatrie que dans d'autres services", indique une formatrice d'IFSI.

Par contre les opportunités restent importantes dans les maisons de retraite, ou des services d'hospitalisation à domicile.

Quelles évolutions de carrière ?

Infirmier(e) : un métier de coeur et d'action
On l'ignore souvent, mais en hôpital, l'infirmier peut monter en grade et exercer un poste à responsabilité. Au bout de 5 ans d'ancienneté, il ou elle peut postuler pour devenir "cadre de santé" : le poste consiste à encadrer les infirmiers, à gérer et organiser le travail des soins et tout ce qui est autour.

Un peu d'ancienneté encore, et un concours permet d'accéder au poste de "cadre supérieur de santé" : le travail de supervision est encore plus vaste et comporte de la gestion administrative, du management et des ressources humaines. "Je fais le lien entre le terrain et l'administration, explique la (seule) cadre supérieure de santé de l'hôpital de Royan. Tous les soucis des services me sont remontés en particulier les problèmes de manque d'infirmières. Je gère l'absentéisme, je recrute, je fais aussi le lien avec la lingerie, la cuisine. Enfin, je dois veiller à la mise en place de toutes les règlementations dans l'hôpital".

Au sommet de la pyramide, le poste de "directeur ou directrice des soins" est celui qui dirige tous les cadres de santé.

Infirmière de pratique avancée : vers un nouveau métier

De nouvelles évolutions de carrière devraient aussi s'ouvrir. La loi santé qui doit être discutée et votée par le Parlement français en 2015 veut créer un nouvel échelon professionnel : "l'infirmier ou infirmière de pratique avancée" ou "infirmier clinicien" qui aurait plus de responsabilités que l'infirmier et pourrait assumer des rôles de coordination, de diagnostic et de prescription pour soulager les médecins... Un nouveau métier entre le médecin et l'infirmier en somme comme cela existe dans plusieurs pays.

Ces infirmiers cliniciens devraient avoir un master. Il n'existe pour l'instant que deux masters de soins infirmiers mais d'autres pourraient se créer à l'avenir.

Les contraintes du métier

Il y a le problème des horaires et des rythmes de travail : "Evidemment, il faudra toujours travailler des jours fériés, des samedis et des dimanches. Assurer la continuité des soins à l'hôpital 24 heures sur 24 et 365 jours par an, ce n'est pas évident  !" reconnaissent les professionnels les plus motivés.

A l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), les infirmiers travaillent un week-end par mois.

Le métier n'est donc pas des plus aisés pour concilier vie pro et vie privée. Toutefois, certains postes sont mieux adaptés à la vie de famille : directrice en crèche (pour celles qui ont la spécialisation de puéricultrice), infirmière scolaire, enseignant(e) en école d'infirmière (ou IFSI) par exemple...

Et les salaires ? En obtenant le grade de licence (bac+3), les infirmiers diplômés d'Etat ont grimpé dans la fonction publique, entrant dans la catégorie A, ce qui a un peu boosté les salaires.

Salaires : l'exemple des Hôpitaux de Paris

A l'AP-HP, une infirmière en début de carrière gagne un salaire mensuel net de 1 591 euros, et elle a une prime annuelle de 1 425 euros.
En fin de carrière, elle peut toucher 2 642 euros et une prime de  2 421 euros.
Les salaires sont plus élevés pour les infirmiers anesthésistes ou de bloc opératoires, et bien sûr les cadres de santé.

Le métier bouge et offre de plus en plus de possibilités, alors pourquoi pas vous ?


Dans notre dossier :
Les études d'infirmière : tout sur le concours et la formation en Ifsi
Infirmier, infirmière : témoignages vidéo de jeunes pros
Retour à Infirmier, infirmière : un métier qui bouge



 
Mercredi 3 Décembre 2014

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