Floriane, 25 ans : l'art du vitrail, c'est son métier !



Qui n'a pas rêvé de s'épanouir dans son travail ? A 25 ans, Floriane est artisan verrier et elle a ouvert son atelier de création et de restauration de vitraux traditionnels. Elle a réalisé son rêve de collégienne : travailler de ses mains et offrir la joie de la lumière.




Vous vous êtes passionnée pour le travail du vitrail, comment cette passion est-elle née en vous ?

Floriane devant une porte en vitrail réalisée chez un particulier.
Floriane devant une porte en vitrail réalisée chez un particulier.
Pour moi ce fut un peu le fruit du hasard ! Au collège, à la fin de la troisième, quand on nous demande ce qu’on veut faire plus tard, quelle option on veut prendre, j’étais vraiment dans le flou. Je savais que je voulais travailler avec mes mains et que j’aimais ce qui était beau et touchait à l'art.

Je me suis dit que je pourrais peut-être étudier la restauration d'œuvres d'art. J'ai donc cherché des écoles pour apprendre à restaurer les tableaux, mais il fallait faire de longues études et ces écoles étaient privées et je ne pouvais pas payer la scolarité. Un jour, je vois un reportage à la télévision sur un maitre verrier. Mon père était artisan menuisier, je connaissais bien le bois mais je ne connaissais pas du tout le travail du verre. Ce fut le flash : ce que faisait cet homme correspondait en tout à ce que je voulais faire. Il touchait à l'art, avec la restauration des vitraux d'église par exemple, et il créait de ses mains. J'ai vraiment été confortée dans mon idée personnelle de travailler avec mes mains dans un métier d'art.

Qu’avez-vous fait comme études pour réaliser votre rêve ?

Floriane, 25 ans : l'art du vitrail, c'est son métier !
J'ai d’abord terminé mes études au lycée, passé mon bac option arts plastiques pour pouvoir faire un peu d'histoire de l'art. L’école que j’avais choisie, le CERFAV, Centre européen de recherche et de formation des Arts Verriers se trouvait près de Nancy, à Vannes-le-Chatel, mais je pouvais y être logée ; elle enseignait tous les métiers de l'art du verre : souffleur, décorateur, techniques des vitraux. Nous étions vraiment plongés dans cet univers ! J'ai dû cependant trouver un maître d'apprentissage car c'était des études en alternance : 3 semaines de travail manuel avec mon maître d’apprentissage, et une semaine de cours à l’école.

Ce ne fut pas très facile au début car mon maître d'apprentissage était à Saint-Étienne et j’ai dû y trouver une petite chambre. Mais le travail m’intéressait et j’apprenais beaucoup en étant en prise directe avec les contraintes de l’art du verre. En deux ans j'ai obtenu mon CAP.

Comment ont réagi vos parents quand vous leur avez dit que vous désiriez travailler le verre ?

Travail du vitrail traditionnel au plomb.
Travail du vitrail traditionnel au plomb.
Au début, ils m’ont demandé de bien réfléchir, de mûrir mon idée et de voir si elle changeait. Évidemment, ils ont aussi voulu que je termine mes études et passe mon bac, ce qui est sage. Comme mon père était déjà artisan, je savais à quoi je m'engageais comme style de vie.

Quand ils ont vu que mon idée demeurait et même s'enracinait et se concrétisait (je me plongeais dans des recherches parlant de cet art sur Internet), alors ils m'ont aidée à choisir une bonne école, à m’installer au mieux près de mon maître d'apprentissage… ils m’ont vraiment bien soutenue dans toutes ces démarches et cela m'a permis de m’épanouir dans mes études.

Ensuite je me suis débrouillée toute seule pour trouver du travail et démarrer... Lorsque j'ai voulu me mettre à mon compte, mon père a été aussi de très bon conseil ; il a même fait ma pub de son côté en proposant mes vitraux chez ses clients ! Mes parents croyaient en moi, ils savaient que je m’investissais dans mon travail et ils me faisaient confiance : ils m’ont vraiment aidée, ce dont je les remercie d’ailleurs beaucoup !

En quoi consiste votre métier, qu’est-ce que vous faites exactement au quotidien ?

Floriane dans son atelier,
Floriane dans son atelier,
Je fais d’abord de la technique de vitrail pur, technique qui existe depuis le Moyen Âge, c’est toujours la même, elle n’a pas changé : donc tout ce qui est restauration et création de vitraux d'église ; mais je fais aussi de la création personnelle pour des particuliers. C'est le côté aussi très intéressant de mon métier car je crée des œuvres uniques, sur des thèmes spécifiques demandés par les clients et souvent très différents pour des portes d'entrée ou d'intérieur, de vitrines, de niches, décors muraux….

Je fabrique aussi des objets d'art et de décoration avec la technique du vitrail tels que des lanternes, des entourages de glace, des photophores, etc. Ce qui me donne vraiment de la joie dans mon métier, c'est de créer en utilisant des couleurs et des jeux de lumière à l'infini et pouvoir ainsi offrir de la beauté....

Vous avez créé votre petite structure qui marche très bien, quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui désirent se lancer ?

Le premier conseil, c'est de travailler d’abord dans plusieurs ateliers différents pour acquérir une approche bien complète de son métier et s’aguerrir dans la pratique de son art. Pour moi, la plupart de ma formation s'est faite sur le tas en travaillant avec mon maître d'apprentissage : on apprend une foule de petits détails pratiques que l'on n’apprend pas forcément à l'école.



Floriane sur un atelier de restauration de vitraux d'église.
Floriane sur un atelier de restauration de vitraux d'église.
C'est une formation de longue haleine, ce n'est pas en deux ans que l'on possède une technique et un art. Après la préparation du CAP, où je travaillais dans un atelier avec trois personnes, je suis allée travailler en entreprise, où j'ai pris, là aussi, un peu de technique de chacun.

J'ai travaillé aussi à Valence dans l'atelier Thomas où nous étions une douzaine. C’est l’entreprise la plus importante de France dans le domaine. Là j'ai travaillé sur de gros chantiers de restauration (celui d'une cathédrale par exemple) qui duraient plusieurs mois et où notre travail est à une autre échelle : dépose des vitaux, restauration en atelier puis réinstallation sur place, pas le moins délicat !

Toutes ces expériences multiples nous apprennent beaucoup, nous permettent de nous améliorer, d'affiner notre art et de pouvoir ensuite créer nous-mêmes notre propre petite structure.

Vendredi 7 Juin 2013
Propos recueillis par Nicole Payan

Nouveau commentaire :

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Cerner son profil | Bâtir son projet pro | Métiers qui recrutent | Métiers à découvrir | Métiers passion | Expériences de jeunes pros | Sans formation ?






Un blog sur l'actu des débouchés

Métiers du paysage : de beaux horizons pour les recrutements

Les entreprises du paysage recrutent et cherchent à attirer des jeunes sur des métiers qui vont de...

Le ministère de la justice recrute 500 greffiers sur concours

Le ministère de la Justice a lancé les inscriptions au concours 2017 de greffier pour lequel près...

Les métiers de la compta : toujours mal-aimés et pourtant ils recrutent

Les métiers du chiffre représentent 250 000 emplois en France et l'on a besoin de 10 000 nouveaux...