Etudiants, ils participent aux Jeux olympiques de Londres



On peut être sportif de haut niveau et lycéen ou étudiant. La preuve ? Trois étoiles du sport français, Matthieu Péché, Anne Kuhm et Sara Labrousse partagent leur quotidien entre les salles de cours et les entrainements. Canoë pour Matthieu, gymnastique pour Anne et natation synchronisée pour Sara. En 2012, ils réalisent leur rêve : participer aux Jeux olympiques de Londres ! Rencontre.




Sara Labrousse (premier plan) et Chloé Willhelm
Sara Labrousse (premier plan) et Chloé Willhelm
Ils sont tombés dedans quand ils étaient petits ! Matthieu Péché, 24 ans, a grandi à Epinal dans les Vosges où le canoë est une institution : "C’était inévitable de ne pas essayer, tout le monde y passe", explique-t-il. Lui y a vite pris goût !

Pour Sara Labrousse, à l'aise dans l’eau depuis toute petite, "c'est en assistant à un stage de l'équipe de France à Antibes où j’habitais que j’ai eu envie de me lancer dans la natation synchronisée". Anne Kuhm, 15 ans aujourd'hui, a eu une révélation pour la gymnastique : "Dès mon plus jeune âge, la gym me permettait de canaliser mon énergie". En 2012, elle est la benjamine de l'équipe de France olympique des JO de Londres.
 

De g. à dr. : Anne  Kuhm, Matthieu Péché et son coéquipier, Sarah Labrousse.
De g. à dr. : Anne Kuhm, Matthieu Péché et son coéquipier, Sarah Labrousse.
Au-delà de la simple passion pour leur discipline, les trois jeunes athlètes ont fait le choix du haut niveau. "Pour nous, les résultats sont venus rapidement, il n’y a rien de plus motivant", confirme Matthieu qui fait équipe avec un autre étudiant, Gauthier Klauss. Le goût de la compétition est un de leurs moteurs : "Au fur et à mesure, on se prend au jeu, on veut toujours aller plus loin", complète Sara, 24 ans, qui évolue également en duo avec sa coéquipière Chloé Willhelm.

Comment gérer sport et études ?

Anne Kuhm
Anne Kuhm
"Lors des premières compétitions, j'étais toujours classée derrière les gymnastes qui étaient en sport-études. Du coup je m'y suis inscrite en CM2, j'avais déjà dix-huit heures d'entrainement par semaine", raconte Anne, originaire d'Alsace. Elle a depuis rejoint l'INSEP (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance) où elle loge avec d'autres champions, et bénéficie d’horaires aménagés pour faire ses années de lycée. L'INSEP, un passage obligé également pour Sara, après 6 ans au pôle d’Antibes. "Pour faire partie de l’équipe de France senior, c’était indispensable", confirme l’étudiante en master d’océanographie à l'université Pierre et Marie Curie de Paris.

Pour Matthieu, le meilleur endroit pour le canoë, c'est Pau. "C'est le plus beau bassin de France", explique l'athlète qui poursuit ses études à l'Ecole supérieure de commerce de la ville, à quelques kilomètres de son lieu d’entrainement. Les meilleures conditions de pratique possible pour un emploi du temps chargé.

Avec six heures de gym par jour, Anne la gymnaste ne voit qu’une recette pour gérer sport et études, l’organisation : "Quand je rentre tard le soir après l’entrainement, il faut que tout soit prêt pour le lendemain. J’essaie de m’avancer le plus possible", explique la jeune femme.

Pour Sara, l’aménagement de son cursus a été indispensable. "J'ai eu ma licence en trois ans et demi au lieu de trois, j’ai pu me mettre d'accord avec ma fac qui accueille plusieurs sportifs de haut niveau", confirme la nageuse. De petits arrangements indispensables également pour Matthieu. "Le directeur et les profs sont très compréhensifs, nos dates d’examen sont parfois déplacées si nous avons une compétition en même temps".

Obligé d'être bien organisé pour tenir le rythme

Matthieu Péché (second plan) et Gauthier Klauss
Matthieu Péché (second plan) et Gauthier Klauss
Si tous trois se décrivent comme de bons élèves, entre études et sport, le rythme peut être difficile à tenir. "Parfois le matin lorsque l’on est fatiguée, c’est vraiment dur de sortir du lit. Mais une fois à l’entrainement, on oublie tout", explique Anne.

"Ne pas pouvoir assister à tous les cours, rattraper avec les notes des amis, avoir très peu de temps pour nous, ce n’est pas évident", ajoute Sarah qui passe près de six heures dans l’eau chaque jour. "Je suis parfois un petit peu à l’arrache pour réussir à tout boucler", ironise pour sa part Matthieu qui, en plus de vivre en colocation avec son coéquipier, fait les mêmes études que lui. "On peut s’entraider pour les cours, ça aide bien".
 
Beaucoup de contraintes, qui peuvent néanmoins se transformer en atouts. Pour Sara, qui nage en duo, c’est une évidence. "Ca nous apprend à gérer le travail d’équipe et à accepter les autres comme ils sont. Ca apprend aussi la tolérance". Des qualités que complète Anne. "Le sport m’aide à être motivée et efficace dans le travail", confirme la benjamine de l’équipe de France. Pour Matthieu, "cela oblige à être bien organisé au quotidien, sinon, impossible de tenir le rythme".
 

Pas facile de renoncer aux soirées étudiantes

Champion et étudiant, il n'est pas toujours évident de se sentir comme tous les autres élèves. "Ce n’est pas facile de renoncer aux soirées et d'aller se coucher pour être en forme le lendemain matin à l'entrainement", avoue Matthieu, qui envie parfois ses camarades de l’école de commerce de Pau. "A l'INSEP, on est entre sportifs, on nous protège beaucoup", explique Anne. Pour Sara, "c’est important aussi de voir d'autres gens, des gens normaux pour savoir se qui se passe à l’extérieur, mais dans ma tête, je suis d’abord sportive avant d’être étudiante".
 
A moins de deux mois des Jeux olympiques de Londres, les trois jeunes champions suivent un programme d’entrainement strict. Avec sa coéquipière, Sara espère se qualifier pour une finale et finir dans les huit meilleurs duos mondiaux. En individuel et en équipe, Anne vise pour sa part un podium. Bon présage, elle a été sacrée le 10 juin 2012 meilleure gymnaste française en remportant entre autres la finale du concours général.

Enfin, pour Matthieu et Gauthier son coéquipier, l'heure est à la découverte du bassin olympique de Londres qu’ils jugent très technique. Pour le binôme de choc, la course au podium a déjà commencé.


Lors des JO de Londres 2012, Sara Labrousse et Chloé Willhem ont fini 10èmes de la compétition. Matthieu Péché et Gauthier Klauss terminent 4èmes, au pied du podium. Anne Kuhm ne s'est pas qualifiée pour la finale du concours général et termine 11ème par équipe.

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Vendredi 7 Juin 2013

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