Devant tant de possibles, comment choisir ?


20 ans, l’âge de tous les possibles est aussi l’âge de toutes les grandes morts. Renoncer, c’est mourir, nous le savons tous.




20 ans… l’âge de tous les possibles… « Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as ? C’est un âge fantastique, ça ne se représente pas deux fois… » C’est vrai. Et heureusement peut-être aussi. Tant de possibles… comment ne pas s’y noyer, comment choisir ? Comment les rendre réels lorsque la tentation de les garder en simples possibles est si grande ? La possibilité fatigue aussi, si l’on cherche vraiment à la faire devenir nécessité, c’est-à-dire ce qui ne peut pas ne pas être. Choisir d’être une personne, et non toutes celles qu’il serait possible d’être. 20 ans, l’âge de tous les possibles est aussi l’âge de toutes les grandes morts. Renoncer, c’est mourir, nous le savons tous. Si nous choisissons tel homme ou telle femme pour l’aimer toute notre vie, nous mourons à tous les autres, qui pourtant étaient des gens potentiellement aimables, désirables. Si nous choisissons de devenir professeur, nous ne serons pas médecin… nous cherchons alors une solution pour combiner les deux, une situation qui nous permettrait de tout garder encore possible, sans renoncer, sans mourir. Il n’est facile à personne de mourir ; il semblerait, pourtant, qu’aucune vie ne soit possible sans mort préalable. Si je garde indéfiniment devant moi la possibilité d’épouser Paul ou de rester célibataire, je ne serai jamais une épouse, mais je ne serai pas non plus tout à fait une célibataire. Je vais subir ce que je ne choisis pas. Et je le deviendrai, contre moi, ou simplement sans moi. « Un moi qui se regarde dans son propre possible est à demi vrai » (lire Kierkegaard), voilà pourquoi il ne faut pas laisser la nécessité être extérieure à nous. Pour devenir ce que nous sommes, nous devons renoncer à certains possibles pour saisir la chance de devenir réellement l’un de ces possibles. Il s’agit bien d’un « mouvement sur place », comme la phrase d’Augustin ("Deviens ce que tu es")le sous-entendait. Devenir soi-même. Hegel, à sa manière, explique la difficulté de nos choix, de ces choix qui n’engagent pas uniquement le programme de la soirée ou de l’année scolaire ou universitaire à venir.

Le risque de ne rien choisir

Tant que l’on n’a pas choisi, on a l’impression d’être tout ce qu’on n’a pas choisi, tous les possibles à la fois. (Lire aussi Bergson). Mais ce que je suis de façon abstraite, le suis-je vraiment ? La peur de se réduire, de se déterminer est la même pour tous. Mais n’oublions pas que si en prenant une route nous évinçons toutes les autres, ne pas en prendre du tout ne mène nulle part, même pas à soi.


Lundi 12 Février 2007
Magali Tellier

Qu'en pensez-vous ?

1.Posté par sebastien combe le 28/10/2008 17:20
J'ai le sentiment que pour une partie de la jeunesse actuelle l'engagement a moins de sens qu'avant:engagement dans la vie privée,dans le travail,...

Avec l'interim,le service militaire qui n'existe plus,les difficultes à avoir une relation durable sur le plan personnel je me dis qu'on a besoin de retrouver cette valeur fondamentale.

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