De jeunes chercheurs expliquent leur sujet de thèse en 180 secondes !



"Ma thèse en 180 secondes" est un concours lancé en 2012 par des universités de pays francophones. De jeunes chercheurs doivent expliquer leur sujet de thèse de doctorat en trois minutes ! Les lauréats y parviennent brillamment et diffusent ainsi leur passion de la recherche.




Extrait de l'affiche du concours 2015 'Ma thèse en 180 secondes'
Extrait de l'affiche du concours 2015 'Ma thèse en 180 secondes'
Ma thèse en 180 secondes, c'est un peu la recherche pour les Nuls ou mission impossible au pays des chercheurs. Comment expliquer simplement au plus grand nombre un sujet sur lequel un étudiant chercheur (au moins bac+8) travaille depuis des années ? Et qui touche à des disciplines exigeant souvent un gros bagage scientifique ?

Et pourtant, c'est possible ! Et même stupéfiant de clarté et d'intelligence...

La preuve avec le lauréat international du concours 2015. Adrien Deliège prépare un doctorat en mathématiques à l'université de Liège. Comme tous les doctorants, il se consacre depuis plusieurs années à la préparation d'une thèse : un travail de recherche dirigé par un professeur et qui donne lieu à une publication scientifique. La thèse de ce jeune Belge porte sur l'Analyse de séries temporelles climatiques basée sur les ondelettes".

ça ne vous dit rien ? Alors écoutez Adrien et vous comprendrez...

Adrien Deliège : 'Mes données serviront à prévoir le réchauffement du Pacifique'

Comme Adrien Deliège, tous les concurrents doivent présenter ainsi leur sujet de thèse, "en français, de façon concise, convaincante et souvent humoristique", en trois minutes chrono et avec l'appui d'une seule diapositive non animée.

Les maths commencent à vous  intéresser car vous découvrez qu'elles ont des applications que vous ne soupçonniez pas et qui peuvent être immenses ?

Alexandre Artaud : 'les électrons dans le graphène, c'est un peu comme faire une thèse de doctorat !'

La physique n'est pas mal non plus comme en témoigne la prestation d'un jeune Français, Alexandre Artaud, étudiant à l’Université Grenoble Alpes en physique fondamentale.

En 2015, il a décroché  le deuxième prix du jury mais aussi le Prix du public. Il faut dire que ce jeune physicien a aussi des talents de comédien et d'humoriste quand il décrit la valse des électrons.

Après cette magistrale présentation, on comprend mieux le sujet de thèse d'Alexandre : "Spectroscopie tunnel à très basse température de graphène sur rhénium supraconducteur". Et l'on a presque envie d'en savoir plus sur la vie des électrons et la supraconductivité.

C'est d'ailleurs l'un des objectifs du concours : "Au-delà de l’exercice d’éloquence, il favorise la diffusion et la vulgarisation des savoirs, suscite l'émergence de nouvelles générations de chercheurs francophones et plus généralement, contribue au rayonnement de la communauté scientifique francophone à l’international", explique Bernard Cerquiglini, recteur de l'Association universitaire de la francophonie (AUF).

Ma thèse en 180 secondes (#MT180) : un concours pour promouvoir les chercheurs francophones

"Ma thèse en 180 secondes" (#MT180) est la version francophone d'un concours australien anglophone créé en 2008 ("Three Minute Thesis"). Le concours francophone a été lancé au Québec en 2012, sous l'impulsion de  l'Association francophone pour le savoir (ACFAS). La Belgique, la France et le Maroc ont rejoint le concours en 2014.

En 2015, la Tunisie, le Cameroun et le Sénégal sont entrés dans la danse grâce à  l'Agence universitaire de la francophonie (AUF) qui a organisé le concours dans ces pays et envoyé trois lauréats participer à la finale internationale à Paris.

Seize doctorants, issus de Belgique, du Burkina Faso, du Cameroun, de France, du Maroc, du Canada, de Tunisie et du Sénégal se sont ainsi affrontés en finale le 1er octobre 2015 dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, et cela en français !  L'aspect linguistique n'est pas neutre quand on sait que l'anglais est désormais la langue utilisée quasi exclusivement dans le monde de la recherche scientifique.

AbdelKader Meni Mahzoum : 'J'ai testé des méthodes bio pour sauver les pommes de nos vergers'

C'est d'ailleurs un jeune chercheur tunisien, AbdelKader Meni Mahzoum, de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès qui a remporté le troisième prix du jury en 2015.

Ses recherches sont d'autant plus parlantes qu'elles visent une application agronomique simple : lutter contre le carpocapse, méchant ver qui détruit des tonnes de pommes chaque année. Mais la thèse va plus loin : elle étudie l'impact de méthodes écologiques utilisant des huiles essentielles contre le carpocapse. 

Après ces 3 minutes chrono d'explication, on comprend mieux le titre du sujet : "Etude de l'impact du carpocapse causé par Cydia pomonella L. chez les variétés de pommier (Malus sp.) dans la région de Fès. Contribution à la mise au point de méthodes de lutte alternatives et non polluantes." Ouf !

Vous comprenez pourquoi l'on ne s'exprime pas de la même façon à l'oral et à l'écrit ? Une leçon à retenir pour vos présentations orales. Lorsque vous faites un exposé ou que vous présentez une soutenance, inspirez-vous de ces pépites en 3 minutes... par exemple pour introduire votre sujet et capter l'attention de votre auditoire. Puis détaillez votre présentation de façon adaptée à votre public.

Noémie Mermet : 'Je cherche la clé pour vaincre la douleur de l'allodynie'

Et les chercheurs femmes, où sont-elles ? Si les hommes sont plus nombreux parmi les lauréats en 2015, en 2014, deux jeunes chercheuses ont rafflé les deux premiers prix du jury lors de la finale internationale au Québec.

Ainsi, Noémie Mermet étudiante à l'université d'Auvergne a conquis le jury en expliquant comment elle cherchait à trouver un remède à l'allodynie, une maladie extrêmement douloureuse qui transforme la moindre caresse en calvaire. 

Sa présentation en finale, le 25 septembre 2014.

En 2015, Noémie Mermet faisait partie du jury de la finale internationale du concours aux côtés des plus grands scientifiques comme le mathématicien Cédric Villani.

Marie-Charlotte Morin : "C'est l'histoire d'une cellule rectale qui voulait devenir neurone"

Et toujours en 2014, c'est Marie-Charlotte Morin, étudiante à l'Université de Strasbourg qui a raflé le deuxième prix.

Encore une biologiste qui veut lutter contre des maladies, ici des maladies dégénératives comme Parkinson ou Alzeihmer. Et comment ? Sa présentation est beucoup cool que le titre de sa thèse : "Rôle des protéines lin-15A et rétinoblastome dans la reprogrammation cellulaire directe in vivo chez C.elegans".

En fait, on aurait même pu décerner à Marie-Charlotte le prix de l'humour !


Pour en savoir plus

- Le site du concours : http://mt180.fr/

Jeudi 22 Octobre 2015

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