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Correspondant informatique et libertés : gardien de nos données personnelles

C'est un nouveau métier appelé à se développer dans toutes les entreprises qui utilisent des banques de données personnelles. Le correspondant Informatique et Libertés (CIL) est le gardien de la loi du même nom, et son rôle est incroyablement varié.



"C'est un beau métier, qui a du sens, car nous voulons aider tous ceux qui traitent des données personnelles à le faire dans le respect du droit des citoyens. Au fond, nous les aidons à mieux travailler", explique Aurélie Goyer, toute nouvelle "correspondante Informatique et Liberté" (CIL).
Il y a un peu plus d'un an, elle a décidé de se former pour exercer cette fonction peu connue en s'inscrivant au mastère spécialisé "Informatique et Libertés", une formation diplômante de 14 mois proposée par l'ISEP, une école d'ingénieurs, la seule formation longue qui prépare à cette fonction.

Il faut dire que le job n'existe que depuis 2004 : à cette date, la loi française Informatique et Libertés, remise à jour, prévoit que toute entreprise ou institution peut nommer un correspondant. Son rôle ? Simplifier les déclarations à faire, veiller que la loi qui  protège tout citoyen contre une utilisation abusive de ses données personnelle soit bien appliquée. Et au passage, éviter à l'entreprise de lourdes condamnations assorties d'amendes de plusieurs milliers d'euros.

Ouverture, diplomatie, curiosité : les qualités d'un mouton à cinq pattes !

Aurélie a une formation de juriste : ''il faut être ouvert sur le plan humain''.
Aurélie a une formation de juriste : ''il faut être ouvert sur le plan humain''.
En ce début février 2010, la deuxième promo du mastère de l'ISEP fête donc la remise des diplômes et s'apprête à plonger en entreprise, ou plutôt à replonger car beaucoup avaient déjà un job avant de faire le mastère : jeunes informaticiens, juristes, consultants, gestionnaires, avocats, les profils sont incroyablement variés, à l'image de cette fonction qui échappe aux schémas habituels.

"C'est un métier qui est à la croisée de beaucoup d'autres, et c'est ça qui me plaît !  Le CIL est un peu un mouton à cinq pattes, explique Aurélie, major de sa promotion. Au quotidien, il faut vérifier les traitements de données, tenir des listes, sensibiliser les gens de l'entreprise, traiter des réclamations." Faut-il être un génie de l'informatique ? "Pas forcément, dit la jeune femme, qui est elle-même juriste (master de droit des technologies de l'information). Il faut surtout être ouvert, aimer communiquer, comprendre, aller vers les gens ".

"Il faut des compétences en droit, en informatique, en management, mais aussi un certain sens de la médiation et de la communication", confirme le directeur de l'ISEP, l'école d'ingénieurs qui propose le mastère. Est-ce pour cela que la fonction attire autant de femmes que d'hommes là où l'informatique et l'ingénierie plafonnent à 10% de filles ? "Comme correspondant Informatique et Libertés, vous serez en relation avec des interlocuteurs si différents, que ce sera source de grandes joies. Et vous ne vous ennuierez jamais", promet Denis Beautier, responsable du mastère. Un bel envoi !

Des débouchés dans tous les domaines

Management, communication, veille technique... Le CIL a des fonctions variées.
Management, communication, veille technique... Le CIL a des fonctions variées.
Si beaucoup d'étudiants du mastère sont déjà des professionnels, on peut aussi préparer ce diplôme en formation initiale avec un bac+4. Cela dit, aucun diplôme n'est pour l'instant obligatoire : pour devenir "CIL", il suffit d'être nommé par une entreprise à ce poste et agréé par la Commission nationale Informatique et Libertés (CNIL), chargée du contrôle de la loi.

Les débouchés ? Excellents, car pour ce métier qui émerge, les professionnels sont encore rares. Et une loi pourrait bien obliger toute entreprise de plus de 50 salariés à avoir son CIL. Dans ce cas, les diplômés du mastère de l'ISEP risquent d'être très demandés. Les étudiants de la première promotion exercent tous dans des entreprises pour la plupart, quelques-uns à la CNIL et d'autres pour les institutions européennes ou en indépendants.

Compagnies aériennes, médias en ligne, administrations, banques, services de police... tel un gardien invisible, le correspondant Informatique et Libertés peut travailler partout où les évolutions technologiques menacent les libertés du citoyen.  Aurélie, elle, passionnée par les questions de propriété intellectuelle, a consacré son mémoire de fin d'études à l'univers des jeux vidéos, avant de prendre son poste de CIL au Conservatoire national des Arts et Métiers, grand organisme de formation professionnelle.
Correspondant Informatique et Libertés, un métier qui peut vous mener partout, et dont on entendra de plus en plus parler..



8 Février 2010
Michèle Longour

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