Classement mondial QS des universités : la France recule-t-elle vraiment ?



Le 13è classement des universités publié par le consultant QS le 5 septembre 2016 place trois universités américaines sur le podium mondial. Le nombre d'établissements français du top 400 passe de 20 à 17 mais tous les voyants ne sont pas au rouge.





Le dôme du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Crédit : Wikimédia
Le dôme du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Crédit : Wikimédia
Le classement QS des universités du monde est réalisé depuis 2004 par le cabinet de consultants Quacquarelli Symonds Limited et il est de ceux qui comptent le plus dans le milieu universitaire international avec celui du Times higher education (THE) et celui dit "de Shanghaï" (établi par une université de Shanghai).

Il est, surtout, relativement intéressant par la diversité des six critères qu'il prend en compte, contrairement à celui de Shanghaï très axé "recherche"  : la réputation académique c'est-à-dire auprès des universitaires (40%), la réputation auprès des employeurs (10%), le ratio étudiant-enseignant (10%), le volume de citations (dans revues scientifiques) par université (pour 20%), le ratio d'étudiants internationaux (5%) et le ratio d'enseignants internationaux (5%).

Avant d'embrayer sur les universités françaises, commençons par regarder le haut du classement.

Le top 10 QS des universités 2016-2017

En 2016, les universités américaines renforcent leur suprématie : le MIT reste en tête pour la 5ème année consécutive, Stanford et Harvard échange la deuxième et troisième places mais Cambridge, la prestigieuse université britannique, rétrograde de la troisième à la quatrième place.

rang en 2016 rang en 2015 université pays
1. 1. Massachusetts Institute of Technology (MIT) USA
2. 3 = Stanford University USA
3. 2. Harvard University USA
4. 3= University of Cambridge Grande-Bretagne
5. 5. California Institute of Technology (CALTECH) USA
6. 6. University of Oxford Grande-Bretagne
7. 7. University College London (UCL) Grande-Bretagne
8. 9. Swiss Federal Institute of Technology (ETH Zurich) Suisse
9. 8. Imperial College London Grande-Bretagne
10. 10. University of Chicago USA

Les grands établissements français en recul

Et les universités ou grandes écoles françaises ? Plusieurs reculent dans le classement, et globalement, on n'en trouve plus que 17 au lieu de 20 dans le top 400, trois sortant de cette catégorie : l'université Paul Sabatier Toulouse III (désormais classée dans les rangs 461-470 du tableau), l'université Aix-Marseille (maintenant 411-420) et l'INSA de Lyon (maintenant 421-430).

Du côté des établissements les plus prestigieux, là encore, il y a un recul : l'Ecole Normale Supérieure (ENS) perd dix places et se retrouve à la 33ème. L'Ecole Polytechnique perd 13 places et se classe désormais 53ème.

évolution rang en 2016
  rang en 2015    
établissement
- 10  33 25
Ecole Normale Supérieure de Paris (ENS Paris)
- 13 53 40 Ecole Polytechnique
- 4 141 137 Université Pierre et Marie Curie
- 8 164 156 Centrale Supélec
+ 11 177 188 Ecole Normale Supérieure de Lyon (ENS Lyon)
Nouveau 206=  - Université Grenoble Alpes (UGA)
+3 220 223 Sciences Po Paris
+1 221 222 Université Paris Sorbonne (Paris IV)
+12 228= 240 Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
0 241= 241 Université Paris Sud

Les motifs du recul français

Les consultants britanniques ayant établi le classement indiquent que :
  • 74% des 39 universités françaises voient une baisse de leur "réputation académique", c'est-à-dire de la façon dont elles sont perçues par les universitaires du monde. Ben Sowter, qui dirige le département recherche à QS, attribue cela à la difficulté pour les enseignants étrangers d'être transférés dans une université française.
 
  • elles baissent aussi de 72% dans la "performance de la recherche", qui entraîne une baisse sur le critère "citations". QS souligne la coupe budgétaire de 122 millions opérée en France dans les domaines de la recherche et de l’enseignement supérieur.
 
  • Enfin, 62% des universités de France voient une baisse du ratio professeurs/étudiants. Sept chutent de plus de cinquante places. Là, Ben Sowter pointe "l'incapacité des universités françaises de pourvoir au récent afflux d’étudiants avec l’augmentation nécessaire des effectifs du corps enseignant".
La France garderait donc ses faiblesses traditionnelles (en recherche fondamentale), mais faiblirait aussi sur la qualité de l'encadrement des étudiants, alors que le gouvernement français a longtemps regretté que la qualité de l'enseignement ne soit pas assez prise en compte dans les classements internationaux.

Des progressions tout de même

Attention toutefois à ne pas voir que le verre à moitié vide. D'abord, certains établissements progressent tout de même. Ainsi, ENS Paris progresse d'un rang pour les citations scientifiques ce qui la place au 6ème rang des meilleures institutions au monde pour la recherche, selon ce critère.

De même ENS Lyon est en progrès, ainsi que Sciences Po Paris et la Sorbonne. On voit également un nouvel établissement, l'université Grenoble Alpes, entrer dans le top 400 et arriver à la 206ème place : l'établissement est le fruit d'un regroupement de "petites" universités et écoles, un mouvement de fond qui doit se poursuivre en France et donner naissance à des entités de taille comparable aux universités anglo-saxonnes. 

"En ce qui concerne l’ENS, le cadre de Paris Sciences Lettres (futur regroupement) nous aidera, une fois pris en compte par les classements, à améliorer l’ensemble de nos indicateurs, en particulier celui du recrutement international", souligne ainsi Marc Mézard, directeur de l'ENS.

On sait d'autre part que la France est bien placée dans le classement QS qui prend en compte les chances de réussite et de progression des étudiants. Ainsi elle arrive 6ème au classement des systèmes éducatifs publié par QS en mai 2016.


Recul temporaire ou tendance de fond ?

Reste à savoir si les autres "lacunes" françaises pourront être comblées en particulier le déficit de financement souligné par les consultants américains.

L'afflux d'étudiants auquel l'enseignement supérieur français est confronté est indéniable. Et l'on se souvient de la tribune publié en mai 2016 par huit grands chercheurs français pour protester contre les coupes dans les budgets d'organismes de recherche. 

Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a rappelé que le budget 2017 de l’université et de la recherche allait connaître "la plus forte progression depuis 10 ans (+ 850 millions) et que de nouveaux financements structurels sont décidés au titre du 3ème programme spécial des investissements d’avenir (près de 6 milliards pour les 10 ans qui viennent)".

L'université française peut mieux faire

"Le classement (QS) de cette année montre que la France doit poursuivre et amplifier ses efforts, ajoute Thierry Mandon : efforts de simplification et de fluidité de ses règles pour faciliter des recrutements d’universitaires étrangers ; efforts de communication pour faire mieux connaître les modernisations de notre organisation et les moyens nouveaux dont seront dotés nos établissements."

On saura donc dans les années qui viennent si les "reculs" français dans les classements internationaux sont temporaires et si un mouvement de rattrapage se dessine.

C'est tout à fait possible si les regroupements portent leurs fruits, que l'administration universitaire réussit sa mue et que les budgets sont maintenus. L'excellence française dans certaines disciplines (mathématiques, histoire, philosophie) pourra alors être mieux prise en compte.


Mercredi 21 Septembre 2016

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