Arrêter le cannabis : 10 conseils pour y arriver sans trop de stress



Vous en avez assez de fumer des joints ? Vous voulez retrouver votre énergie ? Arrêter de gaspiller votre argent ? Mais vous avez du mal à vous lancer, peur de ne pas y arriver. Dix conseils basés sur les témoignages d'anciens fumeurs.




Arrêter le cannabis : 10 conseils pour y arriver sans trop de stress
"Ce que le haschisch te donne d’un côté, il te le retire de l’autre... Il te donne le pouvoir de l’imagination mais t’enlève la possibilité d’en profiter" : voici ce qu’écrit élégamment au sujet du cannabis le poète Charles Baudelaire... en 1860.

150 ans plus tard, la médecine et l'expérience confirment la perte de motivation, le désinvestissement et l’inaction qui caractérisent bien souvent la vie du fumeur.
"Je me suis aperçu que je perdais beaucoup trop de temps, reconnaît Victor, 28 ans, ancien consommateur régulier. j’avais tendance à avoir la flemme et à tout repousser au lendemain.
Aujourd'hui, je suis vraiment content de me lever plus tôt, d’avoir plus d'énergie."

Vous aussi vous pensez parfois à arrêter ? Le point positif est que contrairement à l’alcool et à la cigarette, le cannabis n’entraîne pas de vraie dépendance physique. Mais sur le plan psychologique, l'arrêt peut-être difficile.

D'où l'intérêt des conseils de ceux qui sont passés par là comme par exemple Emilio qui propose ses trois étapes pour arrêter le cannabis.

On le comprend en écoutant les conseils d'Emilio : arrêter le cannabis, ça paraît simple, mais cela exige souvent de changer pas mal d'habitudes dans sa façon de vivre. 

On se résume avec ces dix points importants.

1/ Faire le point sur ses motivations

Pour commencer, vous pourriez prendre un peu de temps pour réfléchir à ce qui vous a poussé à commencer. Pourquoi avez-vous essayé ? Continué ? Quel plaisir éprouvez-vous en fumant ? "Il n'y aurait pas de problème avec les drogues si elles ne vous apportaient rien, relate le docteur Olivier Phan, spécialiste de la prise en charge des addictions, dans le Parisien. On fait plus facilement le deuil de ces plaisirs en les mentionnant par écrit".

Dans un second temps, réfléchissez à vos motivations pour arrêter. Pourquoi souhaitez-vous cesser de fumer du cannabis? Allez-vous diminuer progressivement ou vous arrêter d’un seul coup ? 

Sur le même sujet, lire :

Effets et méfaits du cannabis

2/ Fixer un jour J

Une fois votre décision prise,choisissez le jour J. Tentez de faire coïncider cette date avec une période durant laquelle vous ne subissez pas trop de stress. Certaines personnes établissent même un contrat de "non-fumeur" avec eux-mêmes. 

C’est d’ailleurs ce que conseille de faire le Guide d’arrêt du cannabis(à télécharger ci-dessous élaboré par l’Institut National de Prévention et d’Education à la Santé (Inpes). Ainsi, vous pouvez noter sur une feuille la date à laquelle vous avez pris la décision de ne plus fumer ainsi que vos trois ou quatre motivations principales.

Vous pourrez ressortir ce contrat ou y penser si vous vous sentez sur le point de craquer.

guide_d__arret_du_cannabis.pdf Guide d'arrêt du cannabis.pdf  (843.08 Ko)


3/ Arrêter à plusieurs

Si parmi vos amis, certains sont dans la même situation que vous, pourquoi ne pas unir vos forces ? Vous pouvez ainsi vous fixer une date commune et organiser quelque chose de symbolique pour votre premier jour d’arrêt.

Le fait de ne pas être seul, d'avoir quelqu’un avec qui partager ses angoisses et ses difficultés peut être intéressant. Cela peut aussi être plus motivant pour s’inscrire dans un club de sport, à la piscine et pourquoi pas pour partir en voyage.

Mais si vous ne trouvez pas d’amis prêts à arrêter avec vous, rien n'est perdu : vous pouvez vous tourner vers des groupes de paroles où vous rencontrerez d’autres jeunes dans votre situation (liens en bas de l'article). Ce sera une grande force qui vous aidera à vous sentir moins seul, surtout si vous devez avec vos copains habituels et renoncer à certaine soirées pour ne plus fumer.&

4/ Renouer avec d'autres loisirs qui font du bien

On fume souvent "pour se détendre" ou encore pour "s’amuser". Et bien souvent, on finit par oublier toutes les autres façons de profiter de la vie. Trouver du cannabis, rouler des joints, trouver un endroit pour les fumer : cela peut même devenir le principal centre d’intérêt d’un fumeur et de son groupe d’amis.

Arrêter de consommer, c’est donc renouer avec une quantité de petites choses sûrement oubliées : aller au cinéma, au bowling, à la patinoire, se promener, faire du shopping, dîner entre amis, lire, assister à un concert...
 
"J'ai recommencé à m'occuper de moi, à sortir faire des courses..."

"Après avoir arrêté, je suis comme sortie d'un long sommeil, se souvient Emma 24 ans. J’ai rapidement perdu l’envie de fumer et retrouvé de l’énergie. Je ne me voyais plus passer la journée à ne rien faire chez moi, à regarder des films en comatant sans même me souvenir de quoi cela parlait deux heures après. J’ai recommencé à m’occuper de moi, de mon apparence, à sortir faire des courses, à apprécier un déjeuner ou un dîner en famille...Mon entourage a remarqué. Quand tout le monde vous dit que vous avez l’air bien, épanouie, ça fait quand même plaisir !"

5/ S’investir dans son travail

Parfois, le fait de s’investir dans ses études, dans son travail ou dans une formation peut vous booster et vous motiver à arrêter.

C’est ce qui est arrivé à Erwan, 33 ans, directeur artistique : "Quand j’ai pris un nouveau poste il y a 6 ans, je me suis très vite senti à ma place, j’ai eu le sentiment d’être sur mon chemin. La fumette est devenue contradictoire avec mon quotidien et la nécessité d’être à 200% dans ce que je faisais. En fumant, j’étais moins créatif, alors que j’avais besoin en permanence de nouvelles idées. Je fonctionnais aussi au ralenti alors que je devais avoir énormément d’énergie pour être efficace. C’est faux de raconter que le cannabis aiderait à se concentrer !"

Avoir besoin de se sentir en pleine possession de ses capacités intellectuelles, devoir se plier à un nouvel emploi du temps peut donc aider à arrêter... et aussi à mieux s'investir dans son travail.

6/ Faire de l’exercice physique pour se détendre et mieux dormir

Parmi les plaisirs retrouvés, le sport peut apporter beaucoup.

Si Erwan a réussi à arrêter de fumer en trouvant un travail qui lui correspondait, il s’est également appuyé sur une pratique sportive intensive : "Faire du sport en fin de journée, cela fatigue et aide à trouver le sommeil. Car l’un des gros problèmes du fumeur est que, très souvent, le cannabis l’aide à s’endormir. Le sport est un excellent substitut !

Ce n’est pas complémentaire avec la fumette. Quand on finit une séance de musculation par exemple, on ne va pas aller fumer un joint et détruire tout le travail que l’on vient d’accomplir. On se met dans une dynamique positive de prise de contrôle sur soi et d’action."

7/ Eviter la compagnie des fumeurs

Si fumer un joint peut être un acte solitaire, il fait souvent aussi partie d’un moment convivial. "C’est vrai, on fume un joint à plusieurs un peu comme on prendrait l’apéro, reconnaît Victor. D’ailleurs souvent, cela va ensemble !" D'où la difficulté d'arrêter : "lorsque l’on arrête et que l’on continue à être entouré de gros fumeurs, ce sont des choses comme l’odeur, qui est très particulière, qui peuvent donner envie".

Alors peut-être vaudra-t-il mieux éviter de vous retrouver à être le seul de la bande qui ne fume plus ! Ne plus voir mes amis, Impossible !! Mais au fait, est-ce de vrais amis ? "On fume pour faciliter ses relations avec les autres, être intégré à un groupe, se faire un petit délire entre copains et copines... écrivent les experts de l'INPES. Mais beaucoup de consommateurs réguliers trouvent, qu’avec le temps, la qualité des relations et de la vie sociale se détériore. On arrête des activités qu’on aime, on ne voit plus certains amis, les discussions tournent beaucoup autour du produit..."

Alors et si l'arrêt du cannabis était au contraire l’occasion d’aller vers de nouvelles personnes ou de renouer avec d'anciens amis ? Et si sortir de votre groupe vous permettait au final d’enrichir votre vie sociale ?

 
"En arrivant à  la fac, je me suis fait de nouveaux amis et je n'ai plus jamais eu la tentation de fumer"
C'est ce qu'Emma a vécu : "En arrivant à la fac, j’ai rencontré de nouvelles personnes, je me suis éloignée de mes copains de lycée avec lesquels j’avais commencé. Je me suis  fait un nouveau groupe d’amis qui ne fumaient pas, enfin des cigarettes seulement, du coup je n’ai jamais eu la tentation de recommencer le cannabis !"

En plus de nouvelles rencontres amicales, se débarrasser du cannabis, permet bien souvent de s'investir plus durablement dans une relation amoureuse. "Cela dépend  probablement des personnalités, mais j'ai trouvé qu'il était difficile d'entretenir une relation de couple durable en fumant beaucoup de cannabis," soutient encore Victor.

8/ Voyager, changer d’air, quitter son petit monde

Pour éviter la compagnie de votre bande de copains fumeurs, une solution intéressante peut être, si vous en avez la possibilité, de partir à l’étranger. En plus de vous ouvrir de nouveaux horizons, il vous sera peut-être plus facile de vous créer de nouveaux repères, loin de vos habitudes de fumeur.

Que ce soit dans le cadre d’un stage, d’un petit boulot ou d’une année d’étude, c’est souvent une solution intéressante. Victor est ainsi parti à l’aventure au Mexique : "En quittant son petit monde, on a besoin d’avoir toute sa tête, on se sent moins à l’aise. On ne peut pas se permettre d’avoir fumé lorsque l’on est seul et dans un univers tellement nouveau et inconnu. Il est vrai que c’est une drogue facile à trouver, mais je suis persuadé que le fait d’être à l’étranger peut aider à s’en détacher."
 
Pour certains, faire de la randonnée en montagne via des organismes sportifs, peut être une idée. Si vous avez envie de vous sentir utile tout en prenant le large, pourquoi ne pas vous lancer dans un chantier humanitaire ? Partir quelques semaines, aider à la construction d’une école, d’un puits ou d’un dispensaire, donner des cours d’anglais ou de français, peut vous permettre de déconnecter de votre cadre habituel et vous passer l’envie de fumer du cannabis.

9/ Apprendre à gérer son stress

Une des particularités du sevrage peut être de révéler certaines tensions, de la nervosité, voire parfois une forme d’agressivité. Vous pouvez également ressentir de la tristesse et avoir un sommeil perturbé.

Les médecins rappellent que cet état passager n’a rien de surprenant. "Ne vous inquiétez pas, note le guide de l’Inpes, c'est le processus normal d'élimination du produit dans l'organisme. Votre corps retrouvera bientôt un équilibre."

Il faut alors apprendre à gérer son stress de manière différente. On peut par exemple avoir recours à des techniques de sophrologie ou des méthodes psycho-sensorielles comme la méthode Vittoz, Certains livres aident aussi à mieux comprendre les phénomènes de la dépendance, du stress et de l’angoisse : par exemple celui d'Allan Carr au sujet de la cigarette mais qui peut également aider à se débarrasser du cannabis. Faire une activité manuelle (pourquoi pas des mandalas ?) peut aussi aider à retrouver le calme.

D’autres expérimentent, avec plus ou moins de succès selon les personnalités, des méthodes issues des médecines douces telles que l’acupuncture ou l’hypnose. Pour faciliter l’endormissement et la décompression, vous pouvez également prendre un bain avec pourquoi pas quelques gouttes d’huiles essentielles relaxantes telles que la lavande ou l’orange (à mélanger au préalable à un dispersant).

10/ Demander de l’aide aux professionnels

Il arrive que, malgré tous vos efforts, vous rechutiez. Si cela reste ponctuel et que vous sentez que la dépendance s’éloigne, accrochez-vous. Il se peut aussi que vous ayez besoin d’aide.

Vous pouvez en parler à votre médecin traitant, qui saura vous donner des conseils. "J'’ai parlé de mon souci à mon médecin qui m’a donné un traitement ponctuel contre les angoisses, raconte Emma. Je devais partir à l’étranger avec mes parents et ma petite soeur, donc pas moyen de fumer! J’ai pris une toute petite dose d’un anxiolytique léger avant de dormir pendant un petit mois et cela a fonctionné. J’ai trouvé le sommeil plus facilement, ensuite j’ai arrêté sans problème."

Attention cependant à ne pas remplacer une dépendance par une autre ! N’oubliez pas que les anxiolytiques peuvent entrainer des dépendances et qu’ils doivent toujours être pris sous la surveillance d’un professionnel de santé. 
 
Parfois, il est nécessaire de réfléchir aux causes plus profondes qui vous poussent à fumer. Il existe plusieurs lieux où l'on peut vous aider : les Consultations jeunes consommateurs  proposent aux jeunes usagers et à leurs parents (accueillis ensemble ou séparément), écoute, soutien, aide et conseils.
Le site internet de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) recense également les Espaces Santé jeunes, les Maisons des Adolescents, les PointsAccueil Ecoute Jeunes dont il dresse la cartographie en France.

Il ne vous suffit plus qu’à trouver celui qui se trouve le plus proche de chez vous. Si vous préférez garder l’anonymat, des plateformes téléphoniques peuvent également vous conseiller telles que Drogues Info Service ou Le Fil Santé Jeune. Vous y trouverez une écoute bienveillante et de nombreux conseils. Surtout, n'hésitez pas à en profiter.

Aide téléphonique:
- Drogues Info Services : 0800 23 13 13
- Ecoute Cannabis: 0980 980 940
- Fil santé jeune: 0800 235 236

Les Forums et témoignages:
- En parler sur le forum de Drogues Info Service ou lire des témoignages de consommateurs

- Trouvez plein d'informations et des structures de soutien proches de chez vous sur le site Addict'Aides
- Trouver un groupe de parole pour en parler avec d'autres jeunes

- Le site internet de la Mildeca

Quelques livres intéressants:
- "La méthode simple" d'Allan Care
- "L'herbe bleue", Best-seller publié en 1972, retrace le quotidien d'une jeune droguée de 15 ans. Réedité chez Pocket dans la collection Jeunes adultes, augmenté de témoignages et d'un lexique.
- Comment maîtriser ton stress ? de Stéphane Clerget et Soledad Bravi

Mardi 7 Février 2017
Anne-Louise Sautreuil

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