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Antoine, 25 ans, entrepreneur social : un toit pour les plus pauvres

A la sortie de son école de commerce, Antoine Horellou n'a choisi ni l'informatique ni la finance, mais le développement d'une association, la Voûte Nubienne, qui diffuse une technique de construction destinée à donner aux villageois d'Afrique un habitat durable.



Antoine Horellou, directeur du développement de La Voûte Nubienne
Antoine Horellou, directeur du développement de La Voûte Nubienne
C'est en 3ème année à l'EDC, l'Ecole des créateurs et des dirigeants d'entreprise, qu'Antoine découvre l'Afrique, à la faveur d'une mission bénévole au Niger pour une ONG d'aide aux enfants sourds (EFIS). Déclic immédiat : "J'ai vu les besoins énormes des gens, le manque de solutions efficaces, et j'ai eu envie d'utiliser ma formation économique pour trouver des solutions."

Il oriente donc tous ses stages vers les "organisations non gouvernementales" (ONG), fait son mémoire de fin d'études sur "l'exigence d'éthique entrepreneuriale", et fait un passage chez Ashoka, une organisation internationale rassemblant des entrepreneurs sociaux innovants. "Un entrepreneur social, ce n'est pas quelqu'un qui va faire la charité, explique Antoine, mais qui va trouver de vraies solutions économiques aux problèmes sociaux. Il a cette double logique : professionnelle et humaine."

Bâtir les toits des maisons en terre, et non en tôle ou en bois

Maçons utilisant la terre comme matériau
Maçons utilisant la terre comme matériau
Démonstration à La Voûte Nubienne, une ONG dont il est aujourd'hui directeur du développement. Ce drôle de nom, "voûte nubienne", désigne une technique africaine de construction qui consiste à bâtir les toits des maisons en terre. Un matériau à la fois plus économe que les tôles qui coûtent cher aux villageois car elles sont importées, et moins destructeur de l'environnement que le bois qui se raréfie et entraîne l'avancée du désert.

"L'objectif de la Voûte Nubienne, explique son jeune directeur du développement, c'est d'amorcer le marché de cette technique : nous générons une offre en formant des maçons, et aussi une demande en sensibilisant la population. Une fois le marché amorcé, les maçons-entrepreneurs diffuseront la solution de manière autonome, et nous pourrons disparaître !"

Moins d'argent que mes anciens copains, mais une grande richesse humaine

Antoine Horellou étudie des devis à Ouagadougou
Antoine Horellou étudie des devis à Ouagadougou
En attendant, Antoine Horellou abat un travail de titan - celui qui dans la mythologie soutenait la voûte céleste - pour assurer la pérennité économique de La Voûte Nubienne, la faire connaître en Afrique et dans les autres pays en voie de développement, recueillir des fonds, organiser le réseau... Trois mois par an en moyenne, il est en Afrique sahélienne (Burkina Faso, Sénégal, Mali...), où il y aura en tout 200 maçons formés et 900 "voûtes" bâties en juin 2009.


Antoine, 25 ans, entrepreneur social : un toit pour les plus pauvres
Le reste du temps, Antoine manage le développement du réseau en télé-travail depuis son domicile de Brest, à moins qu'il ne soit dans les bureaux de l'association à Montpellier, où en déplacement dans le monde pour rencontrer des partenaires. "C'est très prenant, très exigeant, et assez physique, reconnaît-il, mais formidablement passionnant. Je gagne sûrement moins d'argent que d'autres cadres, mais la richesse humaine est largement garantie !" La preuve ? "Quand je vois d'anciens copains de l'EDC qui gagnent 50000 euros par an, ils me disent qu'ils m'envient, car ils ont l'argent, mais leur boulot est souvent vide de sens !"

Un marché de 4 milliards d'hommes parmi les plus pauvres

Sur un toit construit selon la technique de la voûte nubienne
Sur un toit construit selon la technique de la voûte nubienne
La crise économique ne fait d'ailleurs que conforter Antoine dans ses choix : "si nos marchés s'écroulent, il y a un marché de 4 milliards de personnes qui n'ont pas accès aux besoins de base. Et même d'un strict point de vue économique, si on ne leur donne pas les moyens de se développer, il est sûr qu'ils ne pourront jamais acheter nos bagnoles" !

Au passage, Antoine Horellou en profite pour lancer un appel aux bénévoles et stagiaires (notamment dans le secteur de la communication et de la recherche de fonds). "Nous avons besoin d'expertise, de financements, et de ressources humaines, alors n'hésitez pas à nous contacter et à vous lancer !"

Pour aller plus loin :
- le site Internet de La Voûte Nubienne
- Antoine Horellou a aussi reçu en octobre 2008 le prix LMDE de l'étudiant créateur d'entreprise d'économie sociale et solidaire pour la création de SEAtizens, un cabinet de conseil qui met en relation ONG et entreprises.

Une vidéo sur La Voûte Nubienne


Lundi 6 Avril 2009
Michèle Longour

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