Adolescence : près de 30% des 12-18 ans ont des idées suicidaires



Une étude de l'Unicef en France montre que plus du tiers des 12-18 ans est en situation de souffrance psychologique. Et le malaise augmente avec l'âge, atteignant 43 % chez les plus de 15 ans.





Adolescence :  près de 30% des 12-18 ans ont des idées suicidaires
Pour la deuxième année consécutive, l'UNICEF France a mené une grande étude auprès des 6-18 ans. De mars à mai 2014, l'ONG en a interrogé 11 232, dont 62% d'adolescents de 12 à 18 ans, répartis sur toute la France. Ils ont répondu à plus de 150 questions sur leur vie en famille, au collège, dans leur quartier et dans leur ville.

L'enquête montre deux choses : d'abord les jeunes les plus défavorisés cumulent les difficultés ; par ailleurs, plus du tiers des participants est en situation de souffrance psychologique, et cette proportion augmente avec l'âge, atteignant 43% chez les plus de 15 ans ! Beaucoup vont même jusqu'à avoir des idées suicidaires.

D'autre part, plus de 41% des plus de 15 ans disent consommer de l'alcool et avoir déjà été en état d'ivresse et près de 32% consommer de la drogue ou fumer du cannabis.

Privation et difficultés sociales : le cumul des inégalités

Plus de 17% des enfants et des adolescents consultés connaissent une "privation matérielle", façon de dire que leur famille manque de moyens. Cette proportion croît globalement avec l'âge (24% chez les plus de 15 ans) et chez les enfants vivant dans des familles monoparentales (26,8%) ou dans un quartier "insécurisant" (31,6%).

"La consultation confirme que vivre en situation de privation augmente les difficultés d'intégration, dans toutes ses dimensions (famille, école, quartier, collectivité)", explique le rapport.

Il y a donc un "cumul des inégalités", déjà révélé par l’UNICEF France en 2013, qui peut d'ailleurs alimenter chez ces jeunes le mal-être et la souffrance psychologique.

Une souffrance psychologique d'abord due aux tensions familiales

L'enquête 2014 de l'UNICEF France explore aussi la qualité des relations liant l'enfant ou l'adolescent à son environnement proche (parents, amis, enseignants, etc.) et son bien-être psychoaffectif.

Si les participants se sentent globalement plutôt bien dans leur vie, une forte proportion dit ne pas se sentir valorisée par son père et vivre des relations tendues avec ses deux parents. Ce sentiment de manque de reconnaissance ainsi que les tensions familiales croissent particulièrement avec l’âge, le niveau de privation et l'insécurité du cadre de vie.

L'angoisse de ne pas réussir à l'école

Quant à l’école, elle a plutôt tendance à augmenter le malaise : 45% des 6-18 ans interrogés "se sentent vraiment angoissés de ne pas réussir assez bien à l’école".

Cette proportion passe à près de 60% chez ceux vivant une situation de privation. Les difficultés rencontrées par les 6-18 ans se traduisent par des souffrances psychologiques chez un peu plus de 36% d'entre eux. Là encore, le niveau de privation, la qualité de l’environnement dans le quartier ainsi que le profil familial aggravent la situation.

La souffrance psychologique augmente aussi avec l'âge et frappe 43% des plus de 15 ans ! Le fait d’être une fille, la peur de l'échec scolaire et le harcèlement sur les réseaux sociaux augmentent de manière significative les souffrances psychologiques.

La tentation du suicide avivée par le harcèlement sur les réseaux sociaux

Encore plus inquiétant : l'étude de l'Unicef montre que 28% des 12-18 ans ont des idées suicidaires, en particulier les filles, tandis que 11% d'entre eux auraient vécu une tentative de suicide.

Parmi les facteurs de risques, le harcèlement sur les réseaux sociaux joue un rôle crucial dans le passage à l'acte en multipliant les risques par plus de trois.

Ces résultats confirme les statistiques d'écoute publiées par l'association SOS Amitié (service d'écoute téléphonique), à la veille de la journée de prévention du suicide le 10 septembre 2014 : l'association reçoit hélas beaucoup d'appels de personnes tentées par le suicide, notamment d'adolescents.

SOS Amitié confirment l'importance des problèmes relationnels pour les ados

D'après SOS Amitié, les premières raisons d'appel évoquées par les moins de 16 ans qui pensent au suicide sont, de loin, les problèmes relationnels, puis la souffrance psychique, et la violence. (voir le schéma)

"On remarque que les problèmes relationnels (avec les amis) chez les moins de 16 ans sont beaucoup plus importants (presque 30%),(montrant ainsi que les relations conflictuelles avec les autres conduisent en premier lieu aux pensées suicidaires), que dans toutes les autres classes d’âge (moins de 10%), avec un écart notable fille/garçon (31.8% pour les filles versus 21.1% pour les garçons)".  

L'association note aussi, les garçons de moins de 16 ans sont nettement plus affectés (21.7% contre 7.5% pour les filles) par la "Rupture sentimentale/deuil" et pour la violence, ce sont au contraire les filles qui l'évoquent le plus (19.6% versus 5,3% pour les garçons)".  

Chez les 16-25 ans par contre, les "souffrances psychiques" arrivent largement en tête.
Adolescence :  près de 30% des 12-18 ans ont des idées suicidaires

Jeunes : il faut parler et ne pas s'isoler !

Tout ceci peut paraître bien pessimiste, mais il y a tout de même du positif : l'association SOS Amitié, que l'on peut appeler au téléphone ou par tchat, mais aussi d'autres associations soulignent l'importance de parler de son mal-être et de se confier.

Beaucoup des souffrances évoquées plus haut sont dues à un isolement du jeune : sa famille, ses parents (et en particulier son père) ne sont pas disponibles pour l'écouter et d'ailleurs l'ambiance familiale est souvent tendue, ce qui est en partie naturel à l'âge où l'on a tendance à s'écarter de la famille pour chercher des soutiens en dehors.

Nombre de collégiens n'ont donc plus que leur groupe d'amis pour trouver du soutien et de l'encouragement. D'autant qu'ils connaissent peu d'adultes de confiance en dehors de leur famille et qu'ils ne sont pas assez à l'aise à l'école pour y trouver du soutien auprès d'éducateurs. Il suffit alors qu'un conflit, une dispute, voire une situation de harcèlement les touchent dans leur groupe d'amis pour qu'ils ne trouvent plus aucune issue à leur angoisse.

Adultes, écoutez les ados


Des études qui montrent l'importance pour les ados d'avoir des relations de confiance avec des jeunes, mais aussi des adultes différents : dans leur famille, leur établissement, des clubs et des associations.

"Nos adolescents trop souvent incompris et trop vite jugés"

Un point que l'Unicef France a souligné en rendant son rapport le 23 septembre 2014 à la secrétaire d'Etat à la Famille, et à la secrétaire d'Etat aux personnes handicapées et à la Lutte contre l'exclusion.

"Nous voulons attirer l'attention des pouvoirs publics, mais aussi de la société civile tout entière, sur  nos adolescents trop souvent incompris et trop vite jugés. Nous avons tous un devoir de réassurance vis-à-vis d’eux. Nous nous devons de les écouter, de les accompagner jusqu’à l’âge adulte, vers lequel ils avancent avec un mélange d'envie et d'appréhensions", a déclaré Michèle Barzach, présidente de l'UNICEF France.


Mercredi 24 Septembre 2014

Qu'en pensez-vous ?

1.Posté par kty le 09/11/2014 19:53
et à quoi sert d'être bon quand on est pauvre?
aucun espoir puisque le mérite n'est plus reconnu;


merci NVB

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