Addictions des adolescents : des consultations pour aider les jeunes et les parents



Saviez-vous qu'il existe en France 400 "consultations jeunes consommateurs" (CJC) qui reçoivent des parents et leurs adolescents confrontés aux addictions ? La consommation de cannabis ou d'alcool de votre ado vous inquiète ? Le sujet est source de conflit ? Ces lieux gratuits et anonymes sont faits pour vous aider.




Image extraite d'un spot télé de la campagne sur les consultations jeunes consommateurs.
Image extraite d'un spot télé de la campagne sur les consultations jeunes consommateurs.
"Depuis des mois, notre fils ne va pas bien. Nous savons qu'il fume beaucoup de cannabis, mais il minimise et ne veut pas en parler " ; "J'ai peur qu'il soit accro aux jeux vidéo" ; "Notre fille est rentrée ivre d'une soirée, cela nous inquiète"...

S'inquiéter, lorsqu'on est parent, c'est bien naturel. D'autant qu'aucun adolescent n'est à l'abri des consommations excessives d'alcool ou de drogue dont le niveau reste élevé en France : selon l'enquête OFDT / Escapad de 2011, 42% des adolescents français de 17 ans ont expérimenté le cannabis, 42% ont consommé du tabac au cours du mois passé, et 53% ont bu au moins 5 verres en une occasion au cours du mois passé.

Oui, mais comment faire la part des choses entre "l'expérimentation" et ce que les spécialistes appellent "la consommation problématique", celle qui peut mener à une véritable addiction ?

"Quand nous essayons d'en parler à Hugo, il nous rit au nez et nous dit qu'il ne boit en fait que quelques verres comme tout le monde. Il nous accuse de dramatiser", explique une mère de famille.

Les jeunes minimisent, le conflit est fréquent

Le décalage d'appréciation entre parents et enfants est classique : les parents craignent souvent le pire quand le jeune invoque une consommation légère et ponctuelle, de l'ordre du loisir.

Ainsi, une enquête menée fin 2014 pour l'Inpes auprès de 300 parents et 200 adolescents de 15 à 17 ans montre que 40% des parents estiment que leur adolescent a une pratique addictive contre 19% des adolescents eux-mêmes.

Des deux côtés, par contre, on reconnaît que le dialogue n'est pas facile : en cas de polyaconsommations, le sujet est source de conflit selon plus de 60% des ados comme des parents.

Alors, en parler, oui, aider son ado, oui, mais comment faire s'il ou elle ne veut rien entendre ?

Les consultations jeunes-consommateurs : l'un des premiers lieux où aller

On pense bien à aller voir un spécialiste mais où le trouver ? Le médecin généraliste ? C'est vrai qu'il vous connaît bien ainsi que votre fils ou votre fille, et vous pouvez lui en parler, mais aura-t-il le temps de vous écouter en profondeur ?

Les "Consultations Jeunes Consommateurs", elles, sont spécialement conçues pour aider les jeunes de 12 à 25 ans et leur famille confrontés aux questions d'addiction.

Il y en a 400 en France, dans toutes les régions, et elles sont gratuites et anonymes. C'est typiquement l'endroit fait pour les familles qui sont inquiètes du comportement de leur enfant et qui ne savent pas comment réagir ou gérer le problème.

Ces consultations sont rattachées à des centres de soins, d'accompagnement, et de prévention en addictologie (Csapa).  Vous êtes reçus par des professionnels (médecins, psychologues, éducateurs) formés aux addictions et qui savent approcher les jeunes.

Que fait-on durant les consultations jeunes consommateurs ?

Lors d'une première consultation, la consommation du jeune est évaluée. Plus de tabous ni de faux-fuyants, les professionnels savent tout de suite faire la part des choses entre un jeune un peu trop influençable et celui qui est déjà en danger. 

Surtout, ils ont à coeur de prendre en compte tout le contexte : la scolarité du jeune, ses relations familiales, ses amitiés, son mal-être éventuel, sa santé... "La consommation peut reposer sur un mal-être du  jeune, sur des problèmes déjà sous-jacents. L'intérêt de ces consultations est d'aider les parents à en prendre conscience et à renouer le dialogue", explique une conseillère en CJC.

Cette évaluation globale permet ensuite de proposer une réponse adaptée : selon les cas, une simple information et des conseils, ou bien si nécessaire un suivi en consultation jeunes consommateurs (pour le jeune seul ou avec ses parents), ou une orientation vers d'autres structures...
Les parents peuvent aussi se voir proposer des groupes de parole. Car le premier fruit de ces consultations est de libérer la parole !

Une campagne télé pour mieux faire connaitre les CJC

Une campagne de communication sur les consultations jeunes consommateurs a été lancée en janvier 2015 pour les faire mieux connaître.

Elle comportait notamment plusieurs spots télé (sur les jeux vidéo, l'alcool, le cannabis) comme celui-ci.

Le message des spots est clair : rien ne sert de dramatiser mais par contre, il ne faut pas hésiter à aller discuter et s'informer dans une consultation jeunes consommateurs.

Si le jeune ne veut pas y aller, vous pouvez aller consulter seuls pour pouvoir en parler et vous informer.

Quand faut-il consulter ?

Le plus tôt possible ! Car toutes les études sont unanimes : "la précocité de l’expérimentation et de l’entrée dans la consommation accroît les risques de dépendance ultérieure et de dommages subséquents".

Inversement, plus l'adolescent(e) est jeune, et plus il acceptera d'aller consulter avec vous et sera sensible aux conseils de prévention des spécialistes. Il recevra à temps une aide qui peut lui éviter d'entrer dans "les consommations problématiques".

Surtout, cette ouverture du dialogue et de la parole peut être une bouffée d'oxygène pour toute votre famille : alors autant en profiter au début de l'adolescence, non ?

Contacts, aide, infos pratiques

- Pour trouver la CJC la plus proche de chez vous, vous pouvez aller sur le site www.drogues-info-service.fr qui comporte une page spécifique aux CJC (avec un annuaire) : dans cette page, il suffit de mettre le nom de votre ville ou de votre département.

- L'ensemble du site www.drogues-info-service.fr fourmille d'informations intéressantes sur les drogues.
Il est accessible aussi par téléphone au 0 800 23 13 13, 7 jours/7, de 8h à 2h, appel anonyme et gratuit d’un poste fixe (depuis un portable au coût d’une communication ordinaire au 01 70 23 13 13).
Le site propose un annuaire de plus 3 000 structures.

 

Vendredi 21 Août 2015

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