'Nos quartiers ont des talents' : un espoir pour les diplômés des banlieues

Pas facile de trouver du boulot quand on s'appelle Samir, Fatima, ou qu'on habite un quartier "sensible". Même avec un bac + 5, les candidats de la "diversité" ont bien du mal à décrocher un entretien. Pour les aider, l'association "Nos quartiers ont des talents" demande à des cadres d'entreprise de les parrainer. Lancée en 2006 dans le 93 pour 150 jeunes, l'opération fait boule de neige. 2000 jeunes sont coachés par un parrain en 2008.



© Stephen Coburn - Fotolia.com
L'histoire de Leila Hamza est hélas bien classique. En 2005, elle finit fièrement ses études et décroche un diplôme de niveau bac+5 en gestion. Un an plus tard, malgré l'envoi de nombreux CV, elle n'a pas décroché un seul entretien et s'est résolue à prendre un petit job. C'est alors que l'ANPE la contacte, car l'opération "Nos quartiers ont des talents" démarre. Leïla répond bien aux critères fixés : moins de 30 ans, un diplôme de niveau bac + 4 ou plus, et une domiciliation dans un quartier dit "sensible", la Seine-Saint-Denis (93) en l'occurrence. Aussitôt, l'association lui affecte un parrain qui la conseille et lui ouvre son réseau. Quelques semaines plus tard, en janvier 2006, elle débute comme conseiller de clientèle à la Banque Populaire.

Les parrains, du concret au coeur du dispositif

Lancement de la promo 2008.
Comme Leïla, 85 jeunes sur les 150 de la première promotion en 2006 ont trouvé un vrai travail. En 2007, ils ont été 1750 à se mettre sur les rangs, et 800 ont décroché leur CDI comme cadre. En 2008, ils sont 2000 et l'ambition du MEDEF, le syndicat patronal à l'origine de l'opération, est d'en suivre 3500 en 2010. Miracle ou recette magique ? "Le secret, le coeur du dispositif, ce sont les parrains, explique Yazid Chir, l'un des fondateurs de "Nos quartiers ont des talents". Car pour aider les jeunes des quartiers, on a voulu être concrets. Le parrain s'engage à donner du temps à son filleul, à le conseiller, et à lui ouvrir son carnet d'adresses. Il n'a aucune obligation à recruter le jeune dans son entreprise ! De son côté, le candidat s'engage à être assidu aux rencontres avec le parrain, et à lui donner une visibilité sur son processus de recrutement."

Un lien de confiance entre parrain et filleul

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Manifestement, les cadres d'entreprise qui se sont engagés dans un parrainage ont apprécié l'aventure. "C'est un exercice enrichissant, raconte Emmanuel Kieken, le DRH de la Banque Populaire, lors du lancement de la promotion 2008. Les entretiens d'embauche que nous faisons ont souvent un caractère convenu. Là, il y a un supplément d'âme". Entre parrain et filleul, manifestement, c'est un lien de personne à personne qui s'établit, fait de confiance et souvent de fierté. "Les parrains sont motivés par le fait de rendre à la société ce qu'ils ont reçu, explique Tamar Saraga, directrice des opération business chez Oracle. Et puis il y a aussi la satisfaction de voir les filleuls avancer et prendre leur vie en main. Quand ils trouvent leur premier emploi, c'est le top !".

Une opération gagnant-gagnant

'Nos quartiers ont des talents' : un espoir pour les diplômés des banlieues
"En même temps, les rencontres avec le parrain, c'est du sérieux, raconte Djamel, filleul de Tamar. Moi je me suis inscrit directement à la fin de mes études, et comme je voulais devenir consultant, j'ai demandé à être parrainé par un consultant d'Oracle. D'emblée, elle m'a demandé vers quel type de poste je voulais aller, et elle m'a donné une lecture très professionnelle du métier, alors que j'en avais une vision plus académique, puis elle m'a orienté vers des collègues". Bilan pour Djamel : trois propositions de postes. "Mais c'est une opération gagnant-gagnant, dit la responsable du recrutement chez Loréal. car nous détectons ainsi de nouveaux talents, et les managers parrains comprennent mieux l'intérêt d'intégrer dans l'entreprise des personnes différentes". Même son de cloche chez Total, "Notre groupe étant présent dans 130 pays, nous devons recruter des salariés de toutes les cultures", explique Catherine Ferrant, directrice de l'innovation sociale et de la diversité.

Dans nos entreprises, y'a du taf !

Yazid Chir
"Nos entreprises ont tout à gagner à recruter ces jeunes, confirme Yazid Chir, l'inspirateur de l'association. Au-delà de la diversité, ils leur apportent beaucoup. S'ils ont atteint ce niveau d'études avec souvent peu de moyens, c'est qu'ils ont une énorme force. Ils ont plus de niaque que d'autres à diplômes équivalents". Yasid Chir sait de quoi il parle : ce quarantenaire a grandi à Saint-Ouen (93), où son père, algérien, était chauffeur de taxi. "Quand j'envoyais des candidatures, je prenais soin de masquer mon prénom pour passer entre les mailles du filet. Une fois l'entretien décroché, c'était à moi de jouer !", raconte-t-il.

Laurence Parizot
Aujourd'hui Pdg de Néoclès, une florissante société de services d'ingénierie informatique qu'il a créé en 1998, c'est lui qui accueille Laurence Parizot, présidente du Médef, lors du lancement de la promotion 2008 de "Nos quartiers ont des talents". "Ce projet, c'est celui qui me tient le plus à coeur", explique la patronne des patrons français en lançant un appel aux jeunes diplômés des quartiers. "Dans l'entreprise du 21ème siècle, vous devez apporter vos idées, vos talents, parce que l'entreprise, c'est la vie, et dans nos entreprises, y'a du taf !" De quoi vous redonner envie de faire des études.

'Nos quartiers ont des talents' : un espoir pour les diplômés des banlieues
Pour postuler et en savoir plus : www.nosquartiers-talents.com

Samedi 29 Mars 2008
Michèle Longour

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1. Posté par Serreau le 04/04/2008 12:10
Il y a maintenant 18 mois, j'ai créé ma marque de vêtements (contre le racisme et l'intolérance).
Mon but avec cette marque est de faire passer un message fort.
J'ai donc créé la ligne de vêtements La terre est à tous pour lutter contre toutes les discriminations.
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Une marque de vêtements fashion qui dit non au racisme,une idéé original.
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